Des médicaments sur des étagères dans une pharmacie. Photo d’archives AFP
Après des semaines de rumeurs sans confirmation officielle du dossier, une affaire mêlant escroquerie financière et contrebande de médicaments et qui impliquerait des proches de Ali Hassan Khalil, haut responsable du mouvement Amal, une première arrestation a été effectuée mardi soir : celle du mari de la suspecte M.F., un officier de la Sûreté générale et frère du député berryste. Ce dernier a démenti dans un communiqué toute relation avec cette affaire, ajoutant que la suspecte est de surcroît l'ex-femme de son frère.
L'arrestation a été confirmée mercredi matin par une source judiciaire à L’Orient-Le Jour. Elle a été menée par le Bureau de lutte contre les crimes financiers, sur ordre de la procureure générale auprès du parquet financier par intérim, Dora El-Khazen. Cette dernière, qui s'etait fondée sur des informations médiatiques pour engager l'action publique, continue de mener l'enquête, selon une source judiciaire haut-placée contactée mardi, qui évoque « une activité commerciale suspecte » portant sur « plusieurs dizaines de millions de dollars ».
Importation irrégulière de médicaments via l'AIB
D’après une autre source, M.F. s’était associée à une dame, Z.C., dans une société qui, à travers l’aéroport international de Beyrouth (AIB), importait de manière irrégulière des médicaments. Cette société aurait également opéré dans d’autres secteurs, tels que le commerce de vêtements, les détergents, les chaussures, les meubles, les produits alimentaires, etc. La procureure Khazen a mis sous scellés les locaux de la société le 24 mai.
Pendant plusieurs années, les deux partenaires auraient escroqué de nombreuses personnes en leur proposant des intérêts considérables ou en leur promettant des gains rapides en échange d’investissements dans leurs affaires commerciales. Certains de ces créanciers savaient que ces activités étaient illégales, d’autres non. Plusieurs d’entre eux auraient déjà porté plainte contre les deux associées.
La principale suspecte en Géorgie ?
Z.C. se trouve au Liban, mais à ce jour, la justice n’a pas pu la convoquer pour l’interroger. Quant à M.F., elle se trouve « hors du territoire libanais », indique la source judiciaire, tandis que des informations de médias affirment qu’elle se trouve en Géorgie.
Toujours selon nos informations, le parquet financier a entendu plusieurs témoins dans le cadre de ses investigations, dont d’anciens collaborateurs de M.F.. Dès la clôture de l’enquête, la procureure pourrait déférer le dossier devant le parquet du Mont-Liban qui devra, à son tour, le transmettre au premier juge d’instruction du Mont-Liban Nicolas Mansour.
Le député Ali Hassan Khalil, ancien ministre des Finances et bras droit du président de la Chambre Nabih Berry, a démenti de son côté, dans un communiqué, tout lien avec cette affaire. Cette affaire est liée à « l'ex-épouse de mon frère et à sa relation avec lui, nous tenons à souligner qu’il s’agit d’une affaire judiciaire qui les concerne exclusivement », a-t-il écrit. « Nous n’avons, ni de près ni de loin, aucun lien avec ce qui est diffusé, et nous n’entretenons aucune relation professionnelle avec les personnes mentionnées. Nous rejetons catégoriquement toute tentative d’impliquer notre nom dans cette affaire », a insisté M. Khalil. Il a également appelé à « laisser le processus judiciaire suivre son cours naturel, en appliquant les mesures et décisions judiciaires avec rigueur, sans aucune intervention ou influence » et rejeté les « rumeurs concernant des pressions exercées sur la justice ».


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11 h 21, le 05 juin 2025