Vue de la rencontre des tribus libanaises, syriennes et jordaniennes à Wadi Khaled, le 31 mai 2025. Photo fournie par notre correspondant Michel Hallak.
Une réunion tribale transfrontalière, à l’invitation de la famille Al-Faraj Ghannam de la tribu Macharfa, s'est tenue vendredi dans la région de Wadi Khaled au Akkar, à la frontière libano-syrienne nord-est.
Cette « réunion unique en son genre » a rassemblé des cheikhs tribaux et notables du Liban, de Syrie et de Jordanie, ainsi que des personnalités politiques, religieuses et municipales, avec pour message « le rôle essentiel des tribus arabes dans la construction des nations et le maintien de la stabilité de la société », rapporte notre correspondant au Liban-Nord, Michel Hallak,
« La tribu est la première ligne de défense de l’État, non pas son adversaire. Et la réconciliation arabe globale passe par l'unité des tribus et des clans », a souligné le chef de l'Union des tribus arabes au Liban, Jassim al-Askar.
Parmi les participants, figuraient les députés sunnites du Akkar Mohammed Sleiman et Mohammed Yahya, ainsi que le mufti du Akkar, cheikh Zayd Bakkar Zakaria, et le coordinateur général du Courant du futur au Akkar, Abdel Ilah Zakaria. Étaient également présentes des personnalités tribales, notamment les cheikhs Badr Hamad Khalidi, Ali Dakhil Abou Hussein et Ibrahim al-Haneizi.
Appel à l'unité
Au nom des tribus arabes hôtes, le cheikh Imad Khaled a mis l'accent sur « le rôle de soupape de sécurité des tribus lors de chaque échéance nationale ». De son côté, le député Mohammed Sleiman a rappelé que Wadi Khaled est « la première ligne de défense de la souveraineté nationale et de la coexistence », appelant à traduire l’esprit tribal en un projet de développement dans la région. Il n’a pas manqué de saluer le royaume saoudien pour ses positions « en faveur du Liban et des causes arabes justes », notamment en ce qui concerne « la levée des sanctions contre la Syrie ».
Le député Mohammed Yahya a, pour sa part, rappelé le rôle de Wadi Khaled pour maintenir le lien entre le Liban et la Syrie. Le mufti Bakkar Zakaria a estimé que la réunion est un appel à l'unité, la fraternité et la loyauté. « Les tribus ne sont pas un phénomène passager, mais un pilier de l'identité nationale et arabe », a-t-il dit invitant toutes les tribus à « soutenir l’État ».
Des participants ont aussi exprimé leur satisfaction des développements en Syrie sous la présidence d’Ahmed el-Chareh, faisant valoir que cela reflète une tendance à l'ouverture et un retour dans le giron arabe et à la stabilité dans la région.
Le Liban compte de nombreuses tribus arabes, notamment dans la Békaa, au Akkar ainsi que dans la région de Khaldé, près de Beyrouth, notamment. Elles sont issues de différentes communautés religieuses et sont parfois en conflit les unes avec les autres. Le Akkar, qui accueille un grand nombre de réfugiés syriens, souffre d'un manque criant de développement.


On se croirait chez les peuls.
11 h 56, le 01 juin 2025