Une antenne de Starlink à San Anselmo, en Californie, le 12 février 2024. Photo Justin Sullivan/AFP
Alors que le directeur régional pour la zone Mena de Starlink, Sam Turner, poursuit sa tournée auprès des responsables libanais, des fournisseurs privés d'internet (FAI) ont fait part au ministre des Télécommunications, Charles Hajj, de leurs préoccupations au sujet d'un éventuel déploiement de ce système de télécommunications au Liban. Starlink est une connexion internet via satellite développée par SpaceX, la société aérospatiale fondée par Elon Musk. Elle vise à fournir un accès à l'internet à haut débit et à faible latence dans le monde entier, en particulier dans les régions isolées et mal desservies où l'infrastructure est limitée.
Vendredi, le ministre libanais de l'Économie Amer Bsat a affirmé, après une réunion avec M. Turner, que le lancement des opérations de Starlink au Liban fournirait au secteur privé des services supplémentaires fiables et efficaces. Il a ajouté qu'il s'était « engagé à les aider à mettre en place leurs opérations au Liban de manière efficace et rapide », dans un message publié sur X.
Préoccupations techniques, financières et juridiques
Les FAI reprochent toutefois aux autorités de ne pas avoir été prévenus de leurs discussions avec l'entreprise et auraient appris la nouvelle dans la presse. Dans une lettre adressée au ministre, ils alertent notamment sur le fait que « le service de Starlink priverait les entreprises privées d'au moins 25 % de leur clientèle – en particulier les institutions et les entreprises. En conséquence, les revenus de l'État provenant du secteur diminueraient et les recettes des services de Starlink seraient transférées directement à l'étranger, contournant l'économie libanaise, qui perdrait cette part importante ». Les entreprises ont réclamé « une entrée réglementée de Starlink sur le marché libanais, dans un cadre juridique clair, applicable et soumis à un contrôle », ainsi que des obligations réglementaires soient imposées afin de mettre sur un pied d'égalité les FAI privés opérant au Liban
Jeudi, M. Turner avait été reçu à Beyrouth par le Premier ministre Nawaf Salam, le président de la République Joseph Aoun et le ministre Hajj dans le cadre des négociations en cours avec l’entreprise. En novembre dernier, l'ancien ministre des Télécoms Johnny Corm avait indiqué à L'OLJ qu’une éventuelle adoption pourrait se heurter à deux obstacles: « L'un lié à la sécurité et l'autre commercial. » M. Corm a précisé qu'au cours des négociations avec la société américaine, « le discours a changé, d'abord sur le prix et les remises précédemment négociées, mais aussi sur certains aspects techniques ». Les conditions posées par SpaceX étaient que le Liban devrait installer des serveurs au Qatar ou en Allemagne, ce qui serait contraire à la loi n° 81 régissant la protection des données personnelles.


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20 h 32, le 01 juin 2025