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Société - Justice

Wi’am Wahab condamné à la prison et au versement de dommages et intérêts à la juge Abou Karroum pour diffamation

L'ancien ministre se dit surpris par l'agitation causée par ce jugement et évoque la possibilité d'un appel.

Wi’am Wahab condamné à la prison et au versement de dommages et intérêts à la juge Abou Karroum pour diffamation

L’ancien ministre Wi’am Wahab. Capture d’écran de l’un de ses entretiens télévisés

L’ancien ministre Wi’am Wahab, chef du parti druze Tawhid, a été condamné pour diffamation et calomnie par la juge pénale unique de Beyrouth, Fatmé Jouni, à deux mois de prison, au versement à la juge Ghada Abou Karroum d’un milliard de livres libanaises de dommages et intérêts et à l’obligation de publier le verdict dans deux journaux locaux. Une condamnation prise en vertu de l’article 383 du code pénal qui sanctionne toute personne ayant porté atteinte à un fonctionnaire ou à un magistrat dans l’exercice de ses fonctions.

Le jugement a été rendu suite à une affaire qui remonte à 2017. M. Wahab avait alors commenté sur les réseaux sociaux l’arrestation par la juge Abou Karroum d’une « dame âgée et malade » ayant enfreint la loi sur les constructions. Selon une source informée contactée par L’Orient-Le Jour, cette dame avait aménagé illégalement un appartement sur le toit de sa maison à Nabatiyé, au Liban-Sud. Son arrestation avait eu lieu dans le cadre d’une enquête préliminaire supervisée par la juge lorsqu’elle était procureure générale près la cour d’appel de Nabatiyé.

L’ex-ministre ne s’était pas contenté de dénoncer l’arrestation d’une vieille femme malade qu’il avait qualifiée de « ridicule » et « honteuse », mais il se serait attaqué directement à la magistrate qui avait ordonné son arrestation, usant de propos humiliants, appelant même à son éviction. Wi’am Wahab aurait aussi appelé à une manifestation devant le bureau de Ghada Abou Karroum. 

Le jugement considère que par ses actes, Wi’am Wahab a « dépassé les limites de la liberté d’expression, et qu’il a porté atteinte à la réputation professionnelle et personnelle de la magistrate, ainsi qu’au prestige de la magistrature ». Ghada Abou Karroum avait intenté une action en justice par l’intermédiaire de son avocate Carole Racy.

Au cours de son interrogatoire, l’ancien ministre avait démenti tout différend personnel avec la juge Abou Karroum, faisant part de son respect à son égard et la décrivant comme l’une des « meilleures juges ». Il avait en revanche affirmé que « l’arrestation de la femme qui était atteinte d’un cancer » l’avait « fortement irrité car d’autres violations et versements de pots-de-vin avaient été ignorés ».


Un appel possible

Sur son compte X, Wi’am Wahab a commenté le jugement, se disant surpris par l’agitation autour d’une décision de justice contre laquelle il est possible de faire appel. « J’ai été surpris par l’agitation autour d’une décision préliminaire de justice qui fait suite au procès intenté par une juge ayant ordonné l’arrestation d’une femme de 85 ans atteinte d’un cancer pour cause d’infraction concernant le balcon de sa maison. Et ce alors qu’on compte quelque 10 000 infractions dans le seul mohafazat de Nabatiyé. Alors, à ceux que cette décision rend inquiets ou joyeux, je dis qu’il est possible de faire appel de cette décision », a souligné l’ancien ministre. Wi’am Wahab a 15 jours pour faire appel, soit « jusqu’au 12 juin prochain », assure une source proche du dossier. 

Wi’am Wahab fait aussi l’objet depuis lundi 27 mai d’une demande d’ouverture d’une information judiciaire déposée par un membre du Conseil supérieur chérié islamique, Kifah el-Kassar, pour « incitation à la dissension confessionnelle et mépris des symboles religieux ». Présentée par Nohad Salma, avocat de M. Kassar, et par son confrère Me Ra’fat Yehia, la requête dénonce notamment « des injures et des propos incitant à la haine contre un symbole de la pensée islamique sunnite, l’imam Ibn Taymiya », publiés sur les réseaux sociaux par M. Wahab. Le chef du Tawhid avait posté jeudi dernier des commentaires contre ce théologien et uléma né au XIIIe siècle, à l’époque des Mamelouks. Ses commentaires s’inscrivent dans le sillage de tensions dues aux affrontements meurtriers ayant eu lieu, fin avril, près de Damas, entre des druzes et des groupes alliés au pouvoir central syrien dominé par des islamistes sunnites. Les violences étaient survenues après l’échange, sur les réseaux sociaux, de messages blasphématoires à l’égard des communautés sunnite et druze.

Par ailleurs, la juge Ghada Abou Karroum a été nommée au Conseil supérieur de la magistrature la semaine dernière. Elle a prêté serment vendredi, devant le président de la République Joseph Aoun. Elle est la 10e et dernière des membres du CSM à avoir été nommée par décret ministériel sur proposition du ministre Nassar. Désignée le 6 mai comme première présidente de la cour d’appel de la Békaa, son nom circulait activement dans les milieux judiciaires. 

L’ancien ministre Wi’am Wahab, chef du parti druze Tawhid, a été condamné pour diffamation et calomnie par la juge pénale unique de Beyrouth, Fatmé Jouni, à deux mois de prison, au versement à la juge Ghada Abou Karroum d’un milliard de livres libanaises de dommages et intérêts et à l’obligation de publier le verdict dans deux journaux locaux. Une condamnation prise en vertu de l’article 383 du code pénal qui sanctionne toute personne ayant porté atteinte à un fonctionnaire ou à un magistrat dans l’exercice de ses fonctions.Le jugement a été rendu suite à une affaire qui remonte à 2017. M. Wahab avait alors commenté sur les réseaux sociaux l’arrestation par la juge Abou Karroum d’une « dame âgée et malade » ayant enfreint la loi sur les constructions. Selon une source informée contactée par...
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Une girouette sulfureuse et sans retenue que cet "ancien ministre". Espere que deux mois de prison lui fera tourner sa langue sept fois avant sa prochainne saillie.

Zampano

22 h 07, le 30 mai 2025

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Commentaires (1)

  • Une girouette sulfureuse et sans retenue que cet "ancien ministre". Espere que deux mois de prison lui fera tourner sa langue sept fois avant sa prochainne saillie.

    Zampano

    22 h 07, le 30 mai 2025

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