Des soldats israéliens montent la garde alors que des hommes druzes manifestent en solidarité avec la communauté druze syrienne près de la barrière frontalière dans le village de Majdal Chams sur le plateau du Golan annexé par Israël, le 30 avril 2025. Photo : Jalaa Marey / AFP
Des responsables syriens et israéliens ont tenu ces dernières semaines plusieurs réunions en face-à-face visant à calmer les tensions et à prévenir un conflit dans la région frontalière entre les deux ennemis de longue date, révèle l'agence Reuters.
Ces rencontres ont eu lieu alors que les États-Unis encouragent les nouveaux dirigeants islamistes à Damas à établir des relations avec Tel Aviv, tandis qu’Israël réduit ses bombardements sur le territoire syrien.
Côté syrien, ces contacts sont menés par Ahmad el-Dalati, haut responsable sécuritaire nommé gouverneur de la province de Qouneitra — qui borde le plateau du Golan occupé par Israël — après la chute d’Assad. Cette semaine, il a également été chargé de la sécurité de la province méridionale de Soueïda, peuplée majoritairement par la minorité druze de Syrie, ajoute Reuters, qui n’a pas pu établir l’identité des interlocuteurs côté israélien.
Trois sources citées par l’agence ajoutent que plusieurs séries de réunions ont eu lieu dans la zone frontalière, y compris en territoire contrôlé par Israël. Les ministères des Affaires étrangères israélien et syrien n’ont pas répondu immédiatement aux sollicitations de commentaires.
Plus tôt ce mois-ci, le président syrien par intérim Ahmad el-Chareh avait confirmé l’existence de pourparlers indirects avec Tel Aviv, sous médiation des Émirats arabes unis.
Israël occupe le plateau du Golan syrien depuis la guerre israélo-arabe de 1967 et a conquis davantage de territoire après le renversement d’Assad en décembre par l'alliance de groupes rebelles islamistes réunis sous la bannière de Hay'at Tahrir el-Cham (HTC), évoquant des inquiétudes persistantes concernant le passé jihadiste des nouveaux dirigeants syriens.
Israël a également mené une campagne de bombardements aériens ayant détruit une grande partie des infrastructures militaires du pays, tout en faisant pression sur Washington pour maintenir la Syrie faible et fragmentée. Cependant, les bombardements et les critiques ont diminué ces dernières semaines.
Vers des accords plus larges ?
Le 14 mai, une rencontre entre le président américain Donald Trump et Ahmad el-Chareh à Riyad a bouleversé des décennies de politique américaine en Syrie et a envoyé un signal au gouvernement israélien de droite quant à la nécessité de parvenir à un accord avec le nouveau pouvoir syrien. Une source du renseignement a qualifié l’implication de Trump auprès de Chareh d’« élément pivot » d’un réalignement stratégique américain, contrecarrant la stratégie israélienne post-Assad fondée sur l’exploitation de la fragmentation syrienne.
Le climat d’apaisement observé en mai a également entraîné une réduction des tensions autour de la zone frontalière près de Soueïda, théâtre le mois dernier de violents affrontements entre factions druzes armées — certaines soutenues par Israël — et combattants sunnites.
Pendant les violences, Israël avait lancé une série de frappes aériennes, dont une à proximité du palais présidentiel surplombant Damas, justifiée comme un avertissement en réaction aux menaces pesant sur la communauté druze.
Si les pourparlers directs sont pour l’heure centrés sur la sécurité conjointe — notamment la prévention des conflits et la réduction des incursions israéliennes dans les villages frontaliers syriens — deux des sources citées par Reuters estiment qu’ils pourraient ouvrir la voie à des ententes politiques plus larges. « Pour l’instant, il s’agit de paix au sens de l’absence de guerre, plus que de normalisation », a déclaré une personne familière des discussions.
Trump a indiqué, après sa rencontre avec Chareh, que ce dernier était disposé à normaliser ses relations avec Israël, tout en précisant que cela prendrait du temps. Ce dernier n’a pas commenté directement cette déclaration, affirmant simplement soutenir un retour aux termes de l’accord de cessez-le-feu de 1974, qui avait établi une zone tampon sous mandat onusien sur le Golan.
Les nouveaux dirigeants syriens ont multiplié les gestes pour démontrer qu’ils ne représentent pas une menace pour Israël : ils ont rencontré des représentants de la communauté juive en Syrie et à l’étranger et arrêté deux hauts membres du Jihad islamique palestinien, impliqués dans l’attaque du 7 octobre 2023 menée par le Hamas contre Israël.
Une lettre adressée par le ministère syrien des Affaires étrangères au Département d’État américain le mois dernier, consultée par Reuters, affirmait : « Nous ne permettrons pas que la Syrie devienne une source de menace pour qui que ce soit, y compris Israël. »
Plus récemment, les autorités syriennes ont fait preuve de bonne volonté en approuvant la restitution d’effets personnels d'Élie Cohen, célèbre espion israélien exécuté à Damas dans les années 1960.




C'est un type intelligent ce nouveau leader syrien. Pragmatique et il agit dans l'intérêt de son pays. Mettant de côtés son idéologie personnelle.Que les responsables libanais en prennent de la graine et apprennent... Que dire de plus? Les gens futés cherchent à pacifier leur pays et non le détruire, le brûler pour des causes diverses surtout que ces causes sont étrangères au pays . Et les commanditaires sont aussi étrangers.
16 h 48, le 27 mai 2025