A Tripoli, les travailleurs manifestent contre le projet du gouvernement portant sur les conditions salariales.
Des centaines de représentants de syndicats de travailleurs du Liban-Nord se sont rassemblés mardi devant le Sérail de Tripoli, pour protester contre le projet du ministre du Travail, Mohammed Haidar, de hausser à 28 millions de livres libanaises le salaire mensuel minimum au Liban, soit l’équivalent de 312 dollars au taux actuel de 89 500 pour un dollar, contre 18 millions actuellement (environ 200 dollars), soit une hausse de plus de 50 %. Un projet très incomplet dont il a présenté la première phase le 7 mai dernier au cours d’une réunion avec la commission de l’indice des prix, précisant que la deuxième phase sera étudié ultérieurement et dépendra des conditions économiques générales. Le projet doit être soumis au Conseil des ministres pour approbation.
Encadré par les forces de l’ordre, le cortège qui a bloqué la route momentanément s’est ébranlé depuis le palais municipal de Tripoli en direction de la rue Azmi, la rue des Banques, la place al-Nour, jusqu’à l’entrée du Sérail. Parmi les manifestants, les travailleurs municipaux de Tripoli et Mina, ceux des installations pétrolières, les employés de l’Électricité de Kadicha, les enseignants des écoles, les pompiers du regroupement des municipalités de Fayhaa, note notre correspondant au Liban-Nord, Michel Hallak.
« Nous, depuis Tripoli, allons lancer la première étincelle. Nous refusons votre projet de donner au travailleur 28 millions de LL soit 312 dollars. Respectez vos promesses, monsieur le ministre ! », a lancé pour l’occasion le président du regroupement des syndicats des travailleurs du Liban-Nord, Chadi el-Sayed.
Au cœur de la manifestation, le mot d’ordre était « l’escalade », car les protestataires espéraient « une amélioration du salaire minimum et des indemnités de retraite », sans parler de « l’hospitalisation pour tous ». « Nous refusons de n’encaisser que 1 000 dollars pour toute notre retraite », dénoncent-ils. Les employés de la municipalité de Mina n’ont pas été payés depuis plusieurs mois, et les pompiers des municipalités de Fayhaa n’ont pas perçu de salaire depuis 8 mois.
Les salaires des travailleurs libanais ont périclité avec l’effondrement de la livre libanaise en octobre 2019. Avant la crise économique, le salaire minimum était fixé à 675 000 LL soit 450 dollars au taux officiel de l’époque de 1 507,5 LL.
Les prochains jours risquent de voir s'agiter davantage de mouvements syndicaux. Le président de la Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL), Béchara el-Asmar, dénonçait récemment dans la presse le projet qui à ses yeux ne fixe que le salaire minimum sans aucun changement pour les autres échelons de salaire, pour ne citer que cette faille. Il évoquait aussi un possible recours à la rue comme moyen de pression.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine