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Politique - Décryptage

Quel impact au Liban après les développements en Syrie?



Le Liban peut-il rester à l’abri des troubles qui secouent actuellement la région, de la Syrie à l’Iran, en passant par Gaza ? Il y a quelques mois, en décembre plus précisément, après la chute du régime Assad en Syrie, on pouvait en effet croire que, le tyran étant parti, un nouvel espoir se profilait à l’horizon dans ce pays. Bien sûr, cela ne pouvait qu’avoir des conséquences positives sur le Liban, avec la disparition des ingérences syriennes dans les affaires internes du pays et avec le début d’une solution satisfaisante pour tous de la crise des réfugiés et migrants syriens, ainsi que les poursuites d’un régime totalitaire.


Tout le monde voulait y croire, et au Liban plus qu’ailleurs, tant le précédent régime en Syrie avait pesé sur la réalité libanaise. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le leader druze Walid Joumblatt avait été la première figure de premier plan à rencontrer le nouvel homme fort de Syrie, dans une tentative d’ouvrir une nouvelle page pleine de promesses avec le nouveau pouvoir, dirigé par Ahmad el-Chareh.


Mais la réalité a une fois de plus rattrapé les espoirs et, dans « la nouvelle Syrie », les vieux démons confessionnels ont commencé à apparaître, surtout avec les minorités qui font partie intégrante du tissu social syrien, qu’il s’agisse des alaouites, des chiites ou des Kurdes. D’ailleurs, le Liban a ainsi accueilli une nouvelle vague de migrants, essentiellement des alaouites et des chiites, qui sont venus s’ajouter à tous les autres déjà installés au Liban à cause de la guerre. Dans ce cadre, les derniers développements dans la zone druze en Syrie semblent avoir dépassé les lignes rouges, et le premier à réagir, c’est encore une fois le leader druze Walid Joumblatt. Certains disent d’ailleurs que c’est parce qu’il se sent concerné par le sort de la communauté druze en Syrie et d’autres estiment que c’est surtout parce que « ses antennes » fonctionnent à pleins tubes et qu’il a ainsi perçu le grand risque que représentent les derniers développements pour la Syrie et pour le Liban.


Que les frictions entre les forces de l’ordre syriennes et les habitants druzes soient le résultat d’erreurs ou de comportements incontrôlés, elles réveillent en tout cas le spectre d’un plan global de partition du Liban, de la Syrie et peut-être même de l’Irak en entités confessionnelles hostiles les unes aux autres. Ce plan serait d’ailleurs celui qui convient le plus aux Israéliens. Pour eux, tant que la « résistance » existe encore sous différents noms et différentes formes, il n’y a pas de stabilité. Il faut donc faire en sorte de l’éliminer en créant des combats parallèles. C’est d’ailleurs la crainte d’un tel scénario qui a poussé Walid Joumblatt à vouloir se rendre une seconde fois en Syrie. Selon des sources proches des Syriens, il aurait même mis à contribution ses connaissances en Jordanie et en Arabie pour que son rendez-vous avec Ahmad el-Chareh soit fixé le plus rapidement possible. Il s’est donc rendu à Damas avec un seul message à l’adresse du président syrien : il faut à tout prix intégrer les druzes de Syrie dans les institutions de l’État et ne pas les laisser se sentir exclus ou marginalisés pour couper court au plan israélien d’effritement du pays en entités confessionnelles en lutte entre elles. En principe, le message a été bien reçu et, toujours selon les mêmes sources, le président syrien et son ministre des Affaires étrangères, Assaad el-Chaïbani, étaient d’accord avec la recommandation du leader druze et ils auraient eux aussi déclaré qu’il était indispensable que tous les Syriens soient placés sous le plafond de l’État.


Mais, le vendredi soir, juste après la visite de M. Joumblatt à Damas, les avions israéliens se sont déchaînés contre la Syrie, dans un message clair aux nouvelles autorités syriennes. Cette réaction israélienne violente montre bien que les craintes au sujet d’un plan d’effritement de la région en entités confessionnelles sont justifiées et les Israéliens veulent désormais se présenter comme les protecteurs des minorités confessionnelles. Or tout le combat de M. Joumblatt au cours de toutes ces années, c’est justement d’empêcher la communauté druze, partagée entre la Syrie, le Liban, la Jordanie et Israël, de basculer sous l’aile israélienne. Il a d’ailleurs eu un grand rôle dans l’adoption de positions en faveur de la cause palestinienne tout au long des dernières années, pour justement couper court à toute tentative d’infiltration israélienne de la communauté. Il a même régulièrement choisi de se tenir aux côtés du Hezbollah, dans toutes les grandes échéances des dernières années, allant même jusqu’à qualifier récemment les conditions posées par l’émissaire américaine Morgan Ortagus d’« irréalisables », dans le cadre d’un entretien télévisé, quitte à essuyer ses critiques. Selon ses proches, Joumblatt serait actuellement conscient du fait que tout basculement des druzes de Syrie dans le giron israélien ne peut qu’avoir des répercussions sur cette communauté au Liban. Il a donc resserré les liens avec son rival, Talal Arslane, et il cherche autant que possible à préserver l’unité de la communauté, par-delà les petits intérêts propres à chaque leader ou à chaque groupe. Sans le dire ouvertement, M. Joumblatt serait convaincu que l’heure est grave car il semble de plus en plus clair que les Israéliens estiment que c’est le moment d’en finir définitivement avec la cause palestinienne en suscitant des conflits confessionnels autour d’eux. D’ailleurs, les frictions se poursuivent un peu partout, à plus ou moins petite échelle, là où il y a des minorités en Syrie. Et cela se ressent au Liban, où la tension monte dans plusieurs régions, notamment dans le nord du pays, ainsi qu’au sein de la communauté druze. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le cheikh Akl Sami Aboul Mouna a organisé une rencontre élargie avec des ambassadeurs de pays arabes et autres pour les mobiliser contre le projet de discorde israélien et ensuite de protection des minorités, dans le but de détruire le tissu national au sein des pays...

Le Liban peut-il rester à l’abri des troubles qui secouent actuellement la région, de la Syrie à l’Iran, en passant par Gaza ? Il y a quelques mois, en décembre plus précisément, après la chute du régime Assad en Syrie, on pouvait en effet croire que, le tyran étant parti, un nouvel espoir se profilait à l’horizon dans ce pays. Bien sûr, cela ne pouvait qu’avoir des conséquences positives sur le Liban, avec la disparition des ingérences syriennes dans les affaires internes du pays et avec le début d’une solution satisfaisante pour tous de la crise des réfugiés et migrants syriens, ainsi que les poursuites d’un régime totalitaire. Tout le monde voulait y croire, et au Liban plus qu’ailleurs, tant le précédent régime en Syrie avait pesé sur la réalité libanaise. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si...
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Lapalissades et article creux, circulez...

Avette

22 h 02, le 06 mai 2025

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Commentaires (1)

  • Lapalissades et article creux, circulez...

    Avette

    22 h 02, le 06 mai 2025

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