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Dernières Infos - Justice

Explosion au port de Beyrouth: le juge interroge deux ex-responsables sécuritaires (source judiciaire)

Deux anciens hauts responsables de la sécurité ont comparu vendredi pour la première fois devant le juge libanais chargé de l'enquête sur la gigantesque explosion au port de Beyrouth en 2020, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Après une suspension de plus de deux ans en raison de pressions politiques, le juge Tarek Bitar a repris en février ses interrogatoires sur l’explosion qui a fait plus de 220 morts et plus de 6.500 blessés.

Le magistrat avait repris son investigation après l'élection de Joseph Aoun à la présidence de la République et la nomination d'un Premier ministre réformateur, Nawaf Salam, qui se sont tous deux engagés à garantir l'indépendance du pouvoir judiciaire.

Selon la source judiciaire qui a requis l’anonymat, M. Bitar a interrogé dans son bureau au Palais de Justice de Beyrouth l’ancien directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim et l’ancien chef de la Sûreté d'État, Tony Saliba.

Aucun d'eux n’a fait l’objet d’une décision judiciaire à ce stade, le juge Bitar attendant la fin de l’ensemble des investigations, d’après la source.

Tony Saliba, proche de l'ex-président Michel Aoun, et Abbas Ibrahim, qui a des liens étroits avec le Hezbollah pro-iranien, avaient jusque-là refusé de comparaître, invoquant une "immunité fonctionnelle" et le refus des hauts responsables auxquels ils répondent d’autoriser leur poursuite.

Les deux hommes comptent parmi les responsables politiques et sécuritaires inculpés par le juge Bitar pour "atteintes à l'intégrité physique, destruction, incendie criminel et dol éventuel ayant conduit à la mort".

Le 4 août 2020, l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'histoire a dévasté des pans entiers de la capitale libanaise.

La déflagration a été provoquée par un incendie dans un entrepôt où étaient stockées sans précaution des tonnes de nitrate d'ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.

L'enquête avait été suspendue après les accusations de partialité du juge proférées par le Hezbollah qui avait demandé le renvoi de M. Bitar, et après une séries d'actions en justice intentées contre lui par des fonctionnaires cités dans l'enquête.

Le Hezbollah qui dominait la vie politique libanaise a été grandement affaibli par la guerre qui l'a opposé à Israël et à laquelle un cessez-le-feu a mis fin le 27 novembre.

Deux juges de la direction des enquêtes de Paris sont attendus à Beyrouth à la fin du mois, pour présenter à M. Bitar les éléments recueillis par la justice française, trois ressortissants français figurant parmi les victimes, selon une source judiciaire.

str-lar/jos/at/hme

© Agence France-Presse


Deux anciens hauts responsables de la sécurité ont comparu vendredi pour la première fois devant le juge libanais chargé de l'enquête sur la gigantesque explosion au port de Beyrouth en 2020, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.
Après une suspension de plus de deux ans en raison de pressions politiques, le juge Tarek Bitar a repris en février ses interrogatoires sur l’explosion qui a fait plus de 220 morts et plus de 6.500 blessés.
Le magistrat avait repris son investigation après l'élection de Joseph Aoun à la présidence de la République et la nomination d'un Premier ministre réformateur, Nawaf Salam, qui se sont tous deux engagés à garantir l'indépendance du pouvoir judiciaire.
Selon la source judiciaire qui a requis l’anonymat, M. Bitar a interrogé dans...