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Politique - Décryptage

Les yeux rivés sur les législatives de 2026 et « l’ère post-tandem chiite »


Les apparences peuvent être trompeuses. Derrière l’effervescence que l’on constate actuellement dans les milieux politiques à l’approche des municipales plane l’ombre des prochaines législatives, prévues en mai 2026. De l’avis des Libanais et même des milieux diplomatiques occidentaux, cette échéance sera cruciale pour le Liban, parce qu’elle devrait consacrer son entrée dans une nouvelle ère, celle qui se résume par le titre suivant : « la période post-tandem chiite (Hezbollah et Amal) ».

Selon plusieurs sources diplomatiques arabes et occidentales, tout ce qui se passe actuellement au Liban s’inscrirait ainsi dans ce cadre et aurait pour objectif de permettre de détruire totalement l’influence du tandem chiite non seulement sur le plan des « armes de la résistance », mais aussi sur le plan politique et même social au sein de la communauté chiite. Il s’agirait donc de défaire totalement le réseau construit depuis la fin des années 1980 (après la naissance officielle du Hezbollah en 1984 et les combats qui l’ont opposé au mouvement Amal en 1988), qui a permis aux deux formations de se partager l’influence au sein de la communauté chiite et d’en tenir pratiquement tous les rouages.

Pour les sources précitées, le Liban est à la veille de grands changements, et avec les coups reçus récemment par le Hezbollah, le moment est propice pour permettre à la communauté chiite de se débarrasser de son joug pour amorcer un tournant radical dans son histoire. Le dossier des armes du Hezbollah serait donc ainsi une étape importante en vue de ce changement. Car, sans ses armes et surtout dans les circonstances qui poussent à régler ce dossier, le Hezbollah apparaît comme la partie vaincue qui a perdu une partie de sa crédibilité et de l’aura dont elle bénéficiait auprès de la communauté chiite. En effet, depuis sa naissance officieuse en 1982 dans la foulée de l’invasion israélienne, le Hezbollah n’a jamais traversé une période comme celle-ci. Même lorsqu’il n’était pas encore aussi puissant et qu’il y avait des frictions entre lui et l’armée libanaise ou les forces de l’ordre, il n’y avait aucune remise en question de son rôle, ni bien sûr de son existence. Aujourd’hui, par contre, le dossier de ses armes est clairement évoqué. Il ne s’agit plus seulement d’un slogan lancé par ses adversaires politiques, mais bien d’un point qui figure sur tous les ordres du jour des dossiers en suspens, qu’il faut traiter pour lancer la reconstruction et dynamiser les institutions de l’État. Certes, le président de la République insiste pour parler « du monopole des armes par l’État » pour ne pas heurter les esprits en appelant à discuter du désarmement du Hezbollah, mais en réalité, le contenu ne change pas beaucoup entre une appellation et l’autre.

D’ailleurs, les sources précitées estiment que même si ce point n’est pas totalement appliqué, le fait même qu’il soit discuté ouvertement est déjà un coup porté à l’influence du Hezbollah, parce qu’en filigrane, il montre l’échec de cette formation dans la mission qu’elle s’est fixée de protéger et de défendre le Liban face aux attaques israéliennes. Déjà, une véritable campagne de dénigrement du Hezbollah est en train d’être menée sur les réseaux sociaux et est appelée à s’intensifier pour faire douter la base chiite de l’efficacité du Hezbollah et de sa capacité à tenir certaines de ses promesses.

En tout cas, il est clair que les milieux diplomatiques suivent actuellement de près l’évolution de l’humeur chiite au Liban, dans le but de commencer à faire des projections sur l’issue des législatives. Comme avant les législatives de 2022, des études sont en train d’être effectuées pour faire des prévisions électorales. La perspective est claire : les milieux diplomatiques estiment qu’il est probable que les prochaines législatives permettent de réaliser une percée au niveau des 27 députés chiites du Parlement. Jusqu’à présent, 26 sont directement dans les blocs parlementaires d’Amal et du Hezbollah. Un seul, Jamil Sayed, fait bande à part, mais sur le plan stratégique, il n’est pas loin de la vision du Hezbollah.

Pour les législatives de 2026, il faudrait donc aller plus loin et ne laisser aux deux blocs du tandem chiite que 20 sièges parlementaires au maximum. Ce qui pourrait permettre par la suite de faire élire à la tête du Parlement un autre président que Nabih Berry qui est en place depuis 1992. Ce serait déjà un très grand changement et un prélude au démantèlement du réseau tissé par le tandem chiite au sein de l’État. Un premier pas a déjà été accompli dans ce sens, à travers la formation de l’actuel gouvernement où les ministres chiites ont été désignés selon des critères communs entre les responsables et le tandem. Et, toujours selon les sources précitées, il faut poursuivre ce processus pour aboutir au final au changement requis.

Dans ce contexte, les élections municipales prévues en mai prochain pourraient être considérées comme un premier test, mais il ne peut pas être déterminant, car d’une part, les blessures causées par la guerre israélienne sont encore trop récentes, et d’autre part, les gens ont pour priorité de trouver un toit en attendant la reconstruction générale. D’ailleurs, plusieurs éléments entrent en jeu dans les élections municipales qui sont ainsi dictées par des considérations familiales et sociales avant d’être politiques.

Pour les sources diplomatiques précitées, le Liban est donc face à une opportunité sérieuse de pouvoir procéder à un changement radical, mais le processus devrait prendre du temps, et surtout, il ne faudrait pas que des facteurs, régionaux ou autres, viennent l’entraver avec des complications imprévues qui pourraient être favorables à la logique du Hezbollah et justifier ainsi sa survie.

Le Hezbollah, de son côté, refuse de faire des commentaires, se contentant de dire que ceux qui croient qu’il est affaibli pourraient bien être déçus...

Les apparences peuvent être trompeuses. Derrière l’effervescence que l’on constate actuellement dans les milieux politiques à l’approche des municipales plane l’ombre des prochaines législatives, prévues en mai 2026. De l’avis des Libanais et même des milieux diplomatiques occidentaux, cette échéance sera cruciale pour le Liban, parce qu’elle devrait consacrer son entrée dans une nouvelle ère, celle qui se résume par le titre suivant : « la période post-tandem chiite (Hezbollah et Amal) ».Selon plusieurs sources diplomatiques arabes et occidentales, tout ce qui se passe actuellement au Liban s’inscrirait ainsi dans ce cadre et aurait pour objectif de permettre de détruire totalement l’influence du tandem chiite non seulement sur le plan des « armes de la résistance », mais aussi sur le plan...
commentaires (4)

DE LA RESISTANCE ? DES MERCENAIRES FAUT DIRE. LE TANDEM DES MALHEURS DU LIBAN DONT VOUS VOUS FAITES L,AVOCAT.

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

13 h 20, le 11 avril 2025

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Commentaires (4)

  • DE LA RESISTANCE ? DES MERCENAIRES FAUT DIRE. LE TANDEM DES MALHEURS DU LIBAN DONT VOUS VOUS FAITES L,AVOCAT.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 20, le 11 avril 2025

  • Surtout ne pas rater les petits détails, le diable s'y cache, Lol.

    Avette

    12 h 21, le 11 avril 2025

  • Le sens des détails petits mais importants, que d'autres pourraient ne pas remarquer, fait toute la différence. Bravo Mme Haddad

    Hitti arlette

    09 h 20, le 11 avril 2025

  • La force du tandem chiite ne provenait pas seulement de l’invincibilité présumée de leurs milices armées mais bien plus des opportunités matérielles qu’il offrait à sa communauté. Tout était permis à cette dernière, salaires en dollars, postes à gogo dans la fonction publique, marchandises hors douane, commerce d’armes et de captagon, caisse du Sud pour voler l’argent des contribuables. Une vraie mafia tentaculaire. Une fois la manne tarie, ceux qui croient encore au hezbollah vont bientôt déchanter, plus de toit, plus d’argent, plus de passe-droits. Le réveil nous étonner.

    Goraieb Nada

    06 h 33, le 11 avril 2025

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