Les pots-de-vin, une pratique courante au Liban. Photo d’illustration Bigstock
Le premier juge d’instruction ce Beyrouth par intérim, Bilal Halaoui, a entendu jeudi trois témoins dans l’affaire de pots-de-vin présumés extorqués à des compagnies d’assurances par Karim Salam, frère de l’ancien ministre de l’Économie Amine Salam, avec lequel il collaborait dans le cadre de son ministère. Le juge Halaoui tiendra une nouvelle audience mardi 15 avril pour confronter ces témoins à Karim Salam, actuellement en état d’arrestation.
Le magistrat a ainsi auditionné jeudi, en qualité de témoin, le conseiller du ministre Salam, Farid Tamim, récemment libéré après avoir purgé une peine de prison ordonnée par la Cour criminelle de Beyrouth pour son implication dans cette affaire. Il a également entendu le président du syndicat des experts-comptables, Elie Abboud, auditeur financier de la compagnie d’assurances al-Machreq, dont le directeur, Georges Matossian, avait demandé, en 2023, l’ouverture d’une information judiciaire pour des pots-de-vin qui lui auraient été soutirés en échange d’un renouvellement de la licence de sa compagnie. Le juge d’instruction a également entendu jeudi ce dernier.
À l’instar de plusieurs autres entreprises, celle que dirige M. Matossian avait eu des difficultés à indemniser des cotisants ayant subi des préjudices lors de la double explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020. Plutôt que de voir retirer sa licence, M. Matossian avait dû payer 100 000 dollars en pots-de-vin pour régulariser sa situation, selon ses propos devant la justice, indique une source judiciaire à L’Orient-Le Jour. C’est lorsque M. Tamim avait exigé le paiement de 150 000 dollars supplémentaires, que l’assureur avait décidé de déposer sa plainte auprès du parquet financier, vers la fin de 2023, ajoute cette source.
L’affaire avait ensuite été déférée devant la Cour criminelle de Beyrouth, qui a condamné Fadi Tamim, tout en renvoyant le dossier au parquet financier pour un élargissement de l’enquête. C’est dans ce cadre que le procureur Ali Ibrahim (à la retraite depuis ce jeudi), a arrêté Karim Salam, le 3 avril, déférant son dossier au premier juge d’instruction Bilal Halaoui, qui a émis contre lui un mandat d’arrêt, le 8 avril.
Des contradictions seraient apparues entre la défense présentée par Karim Salam, ce jour-là, et les dépositions des témoins interrogés jeudi, indique la source précitée. C’est notamment pour les confronter que le juge Halaoui tiendra son audience mardi prochain. La même source indique que le prévenu sera vraisemblablement interrogé sur ses comptes bancaires dont l’analyse a été fournie lundi dernier par la Commission spéciale d’investigations de la Banque du Liban (CSI) qui l’avait établie à la demande de l’ancien procureur Ali Ibrahim.



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11 h 05, le 12 avril 2025