Le ministre libanais des Déplacés Kamal Chéhadé au cours de son interview accordée à la chaîne télévisée al-Hadath, le 7 avril 2025. Capture d'écran de la vidéo diffusée sur YouTube
Le ministre libanais des Déplacés Kamal Chéhadé a annoncé lundi soir que « le Conseil des ministres a chargé le Conseil supérieur de la Défense d'élaborer des plans pour le retrait des armes » du Hezbollah, tout en réaffirmant l'engagement du gouvernement à appliquer les résolutions internationales des Nations unies dans des « délais précis ».
Dans une interview accordée à la chaîne télévisée saoudienne al-Hadath, Kamal Chéhadé a affirmé que « le gouvernement demeure attaché à l’application des modalités de l'accord de cessez-le-feu dans un délai précis », précisant que « le Conseil des ministres a chargé le Conseil supérieur de la Défense de préparer des plans pour le retrait des armes de toutes les parties et milices au Liban ». Le ministre a précisé que « le Conseil supérieur de la Défense entamera des discussions avec toutes les parties concernées et les milices afin de régler » la question de leur arsenal. Il a également souligné qu’il revenait à l’État de « développer une stratégie de défense nationale, une priorité absolue » et d' « étendre son autorité sur l’ensemble du territoire national ».
Les résolutions internationales
Kamal Chéhadé qui fait partie de la quote-part des Forces Libanaises, parti farouchement opposant au Hezbollah, a insisté sur « la nécessité de mettre en œuvre l'ensemble des résolutions internationales, notamment les résolutions 1701 et 1559 ». La résolution 1701, adoptée par le Conseil de sécurité pour mettre fin à la guerre entre le Hezbollah et Israël en 2006, a constitué le socle de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024, afin de mettre un terme à la guerre entre les deux belligérants. Le texte appelle au retrait du parti chiite vers le nord du fleuve Litani et fait référence à la résolution 1559 stipulant le désarmement de toutes les milices libanaises et non libanaises, notamment le Hezbollah. La formation chiite continue de s’opposer à toute opération de perquisition, de démantèlement ou de remise des armes dans cette zone, arguant que l’accord de cessez-le-feu ne s’applique qu’au sud du fleuve.
Alors que l’armée libanaise intensifie ses efforts pour étendre son contrôle total au Liban-Sud et accélérer les opérations de démantèlement des sites du Hezbollah, le ministre a déclaré que « les efforts de la troupe ont été salués par le comité de surveillance du cessez-le-feu ».
Le Premier ministre Nawaf Salam avait indiqué lundi que son gouvernement est résolu à mettre en œuvre son plan de réformes et à poursuivre ses efforts pour « concentrer les armes aux mains de l’État », tout en « étendant » son autorité sur l’ensemble du territoire. Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de « renforcer la souveraineté nationale , conformément à l’accord de Taëf et à la mise en œuvre de la résolution 1701 des Nations unies ». Lors de sa visite au Liban le week-end dernier, l'émissaire américaine Morgan Ortagus avait réitéré la position de Washington selon laquelle le désarmement de la formation pro-iranienne devrait avoir lieu « dès que possible », sans toutefois imposer de calendrier.



Le désarmement du Hezbollah doit être la priorité des priorités, car tant qu'il possédera ne serait-ce qu;un embryon de puissance militaire, il ne tolérera pas, au Liban, l'édification d'un Etat souverain. On parle sans cesse de "dialogue", mais il n'y a pas, dans l'histoire contemporaine du Liban, d'exemple de "dialogue" qui ait obtenu un résultat. Quand il a abouti à un accord, celui-ci n'a jamais été respecté (Baabda, Doha...). Le livre de la Genèse nous relate le premier "dialogue" du monde, et ses conséquences ...! On ne "dialogue" pas avec un serpent: on l’écrase!
07 h 48, le 09 avril 2025