Le slogan du « désarmement du Hezbollah » est de plus en plus souvent évoqué dans les déclarations politiques depuis la fin de la guerre. Mais de quoi s’agit-il au juste ? À en croire les déclarations des responsables israéliens à la veille de la conclusion du cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre, l’armée israélienne aurait détruit 80 % des capacités militaires du Hezbollah. Et, depuis cette date, l’armée israélienne a bombardé à plusieurs reprises des installations militaires du parti dans la Békaa et au Sud. En toute logique, on peut donc aisément croire qu’il ne devrait plus y avoir grand-chose des 20 % restants... D’autant que l’armée libanaise a affirmé à plusieurs reprises avoir détruit des dépôts d’armes appartenant au Hezbollah dans la région au sud du Litani.
Face à toutes ces données, le Hezbollah ne constitue probablement pas une grande menace pour les Israéliens. Pourquoi dans ce cas les émissaires américains placent-ils son désarmement en tête de liste des conditions posées pour une relance économique au Liban ? La question mérite d’être posée, surtout que cette revendication est reprise par une partie des groupes politiques au Liban, et elle constitue aujourd’hui le principal sujet politique conflictuel à l’intérieur du Liban.
Selon des milieux politiques qui suivent ce dossier, il y aurait deux possibilités pour expliquer ce paradoxe. La première consisterait à considérer que les données avancées par les militaires israéliens étaient fausses et que le Hezbollah posséderait encore de grands moyens militaires. La seconde possibilité estime que les données sont vraies, mais les Israéliens ne veulent pas se contenter de cette réalité et ils cherchent à éliminer toute possibilité de résurgence en réclamant un désarmement total du Hezbollah, par crainte qu’au bout de quelque temps, il ne soit en mesure de se ressaisir et de redevenir une menace.
Toutefois, à supposer que le Liban organise une conférence nationale pour adopter une stratégie de défense commune et que celle-ci aboutisse dans un bref délai au désarmement total du Hezbollah, comment cette opération pourrait-elle se réaliser ?
Des sources militaires libanaises rappellent que le Liban a une expérience à ce sujet puisqu’en 1989, dans le cadre de l’adoption de l’accord de Taëf, il a été aussi question du désarmement de toutes les milices qui avaient participé à la guerre civile. Le Hezbollah avait été exclu de cette opération parce qu’il était considéré comme une « résistance » contre l’occupant israélien.
À cette époque, rappellent les mêmes sources, les armes des différentes milices avaient été divisées en deux catégories : celles qui sont considérées comme des armes légères et que l’on peut difficilement recenser (elles existent toujours et elles réapparaissent fugitivement dans certaines circonstances), et les armes lourdes dont il fallait se débarrasser. Dans ce contexte, ces armes avaient été soit remises à l’armée, soit renvoyées à leurs fournisseurs, notamment la Syrie et l’Irak, soit vendues à l’étranger. L’opération était plus ou moins facile, puisque toutes les parties à l’époque étaient convaincues que la guerre civile était réellement terminée, et le Liban avait été placé sous tutelle syrienne.
Aujourd’hui, les conditions sont plus difficiles. D’abord parce que le potentiel militaire du Hezbollah n’est pas aussi évident que ne l’étaient les capacités militaires des différentes milices, et ensuite parce que, selon ses milieux, ces armes touchent à l’idée de la « résistance », qui est un droit reconnu par la Charte des Nations unies lorsqu’il y a une occupation d’une partie du territoire. Même si aujourd’hui plusieurs parties estiment que la « résistance » du Hezbollah n’a pas pu protéger le Liban pendant la dernière guerre – plus que cela, certains pensent d’ailleurs qu’elle l’aurait provoquée –, on peut difficilement éliminer, selon ces milieux, l’option de la résistance populaire contre un occupant. D’où d’ailleurs la demande libanaise officielle de régler d’abord le contentieux avec les Israéliens, notamment les 13 points le long de la frontière qui sont conflictuels depuis le retrait de 2000, plus les 5, voire 7 positions encore occupées par les Israéliens. Mais le point le plus important reste le fait que le Hezbollah agit dans une sorte de clandestinité. Par conséquent, qu’est-ce qui empêcherait Israël de lancer de nouvelles attaques contre le Liban sous prétexte qu’il n’aurait pas remis toutes ses armes ?
Les contours d’un éventuel désarmement du Hezbollah restent donc assez vagues, d’autant qu’il faudra aussi désarmer les camps palestiniens, qui figurent dans l’accord du Caire signé par le Liban en 1969. Celui-ci a certes été abrogé en 1987, mais sans que ce point soit clairement réglé. Il faut donc probablement un aval arabe pour que les camps palestiniens soient désarmés, et cette démarche devrait s’inscrire dans un plan plus vaste qui porte sur le sort des camps palestiniens au Liban.
Toutes ces considérations montrent que le désarmement du Hezbollah est un processus complexe, lié à de nombreuses considérations internes et régionales. Il semble, à travers la déclaration de l’envoyée spéciale américaine au Liban Morgan Ortagus, que les États-Unis l’ont compris et qu’ils ne parlent plus d’un délai précis accordé au Liban pour l’exécuter. Il faudra sans doute attendre les développements dans la région pour que ce dossier soit traité.


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Tournez autour du pot. Regardez ailleurs. Trouvez toujours des excuses...Le train passera, l'opportunité sera perdue...Les pays qui, aujourd'hui, essaient de nous aider, iront voir ailleurs. Pendant ce temps, les bla bla des présidents resteront bla bla. et le hezbollah qui ne pourra plus utiliser ses armes contre Israel , gardera ses armes et se renforcera en "intérieur" pour menacer la population libanaise et imposer ses choix, son mode de vie et son idéologie islamiste. Perdez du temps et REGARDEZ AILLEURS M NAWAF SALAM pendant que le hezbollah nous prépare un bras d'honneur retentissant.
16 h 55, le 08 avril 2025