Le souk désert de Saïda lundi 7 avril 2025. Photo Mountasser Abdallah/L'Orient-Le Jour
Une mobilisation relative a lieu lundi dans plusieurs régions du Liban, où une journée de grève générale est observée à l'occasion d'une « journée de colère » lancé depuis la bande de Gaza par des factions palestiniennes.
Ce mouvement de grève est notamment suivi à Saïda, à Tyr (au Liban-Sud) et dans les camps palestiniens de la région, où les cours ont été suspendus dans plusieurs établissements scolaires, tandis que de nombreux commerces et institutions officielles ou privées ont fermé leurs portes, selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. À Saïda, les souks étaient déserts lundi matin et les volets tirés sur les devantures des échoppes.
Marches à Saïda et Beyrouth
À Saïda, des employés de l'hôpital Rahi, certains portant un keffiyé et brandissant le drapeau palestinien, ont également dénoncé « le génocide » contre le peuple palestinien, ainsi que les « agressions continues contre le Liban, la Syrie et le Yémen ».

D'autres manifestations ont eu lieu en fin de journée, notamment à Saïda, où une marche a débuté à 17h, depuis le rond-point Elia jusqu’à la place de l'Etoile dans le centre-ville, à l'initiative de plusieurs syndicats de l'Organisation populaire nassérienne. La marche a rassemblé des participants des camps de réfugiés palestiniens de Saïda et de Tyr, a rapporté notre correspondant au Liban-Sud. Des familles ont rejoint la marche pour exprimer leur colère, des pères portant leurs enfants et arborant des keffiehs, tandis que des femmes étaient vêtues de robes traditionnelles palestiniennes. Les manifestants, drapeaux palestiniens et portraits de martyrs à la main, ont scandé des slogans tels que « Nous nous sacrifions pour toi, Palestine » et « Mort à Israël et à l'Amérique » et appelé à la fin des massacres à Gaza.

Une marche similaire a rassemblé plusieurs centaines de personnes à 17h à Aïn el-Mreissé. Yasmine el-Islamiye, habitante de Beyrouth, est venue avec ses trois enfants manifester pour la première fois depuis le 7 octobre. « Parce qu’ils sont en train de devenir fous. Pour montrer qu’au Liban, l’opinion publique est contre ce qui se passe à Gaza, où ils veulent déplacer de force deux millions d’habitants », dit-elle à notre journaliste sur place, Emmanuel Haddad.
Ziad el-Saheb, membre du Haut Conseil chérié de Dar el-Fatwa, dénonce les crimes commis par Israël à Gaza mais aussi ses soutiens occidentaux : « Où sont les droits de l’homme, des femmes, des enfants, alors que des milliers sont tués dans le silence ? », demande-t-il.
Un autre sit-in a eu lieu à 18h30, devant le siège de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (Escwa). Ce second rassemblement a été organisé à l'initiative du Front démocratique pour la libération de la Palestine au Liban.
L'association caritative islamique des Makassed au Liban avait préalablement publié un communiqué appelant à dénoncer la « guerre génocidaire » menée par Israël contre les Palestiniens à Gaza, « les massacres sauvages et les crimes contre l’humanité visant les enfants, les femmes et les équipes de secours », alors que plus de 1 300 personnes ont été tuées depuis la reprise par l’armée israélienne de son offensive contre l’enclave, le 18 mars.
Temps pédagogique sur les conventions internationales
Parmi les sit-in de solidarité organisés au Liban, l'un d'entre eux a rassemblé le personnel de l'hôpital gouvernemental de la Békaa, qui a « condamné les massacres commis contre des innocents et le silence honteux de la communauté internationale ». Dans la Békaa également, des femmes venues de Baalbeck et du camp de réfugiés palestiniens d'al-Jalil ont organisé un sit-in à l'entrée sud de la ville, a rapporté l'ANI.
Par ailleurs, au Liban-Nord, des syndicats ont organisé une manifestation devant le Sérail municipal de Tripoli, en présence notamment du maire Riad Yamak et de représentants de factions palestiniennes et l'ordre des médecins a appelé à un sit-in de solidarité à 16h, devant le siège de l'organisme.
De son côté, la ministre de l’Éducation Rima Karamé a invité les écoles publiques et privées à consacrer durant la journée un temps pédagogique afin de sensibiliser les élèves aux « conventions internationales qui interdisent le meurtre de civils et d'enfants en temps de guerre ».
L'offensive israélienne contre la bande de Gaza a provoqué la mort d'au moins 50 695 Palestiniens, en majorité des civils, dont plus de 15 000 enfants, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas. Ce bilan ne prend pas en compte les quelque 11 200 disparus dont les corps sont probablement ensevelis sous les décombres.


La deuxième photo de l'article m'inquiète et m’attriste ! :((
10 h 46, le 10 avril 2025