L'homme d'affaires français Michel Ohayon au tribunal de commerce de Lille Métropole, dans le nord de la France, le 28 septembre 2022. DENIS CHARLET / AFP
Des palaces en France et à Jérusalem, des vignobles de renom: l'homme d'affaires Michel Ohayon, qui a fait fortune dans l'immobilier de luxe et bâti un éphémère empire commercial, a été inculpé à Paris pour banqueroute et abus de biens sociaux, soupçonné d'avoir détourné de l'argent de sociétés françaises, selon le parquet samedi.
Michel Ohayon, 63 ans, qui a été inculpé vendredi pour banqueroute, abus de biens sociaux et escroqueries en bande organisée, a été placé sous contrôle judiciaire, a indiqué le parquet sollicité par l'AFP.
Il a interdiction de diriger ou de gérer une société de quelque moyen que ce soit et l'obligation de verser au tribunal un cautionnement de 500.000 euros, selon la même source. Son épouse a également été inculpée. Son avocat, Olivier Pardo, n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP dans l'immédiat.
Né à Casablanca en 1961, fils d'un marchand de tissus, Michel Ohayon a débuté sa fortune dans l'immobilier dans la région de Bordeaux (sud-ouest). En 2005, après en avoir revendu une partie à la foncière anglaise Grosvenor, contrôlée par le duc de Westminster, il intègre le Top 500 des plus grandes fortunes de France - la sienne est évaluée à 350 millions d'euros. Il a ensuite multiplié les acquisitions: Trianon Palace de Versailles en 2014, Sheraton à l'aéroport parisien de Roissy en 2016 ; l'année suivante, Waldorf Astoria de Jérusalem - revendu depuis - et domaine viticole à Saint-Emilion... C'était l'apogée, avant que les multiples enseignes grand public acquises en quelques années n'enchaînent les liquidations.
Camaïeu, Gap, Go Sport, La Grande Récré... Les déboires financiers de ces enseignes françaises grand public de vêtements, de sport et de jeux ont fait les gros titres depuis la liquidation de la première, en septembre 2022, avec 2.600 employés sur le carreau.
Les investigations ont mis en évidence « l'existence de prélèvements des ressources de trésorerie significatives des différentes structures sociales que Michel Ohayon dirige en droit ou de fait, sans justification économique ou juridique, dans un contexte de situation financière sous tension » pour les sociétés françaises Go sport, Gap France et Camaïeu, qui « apparaissent contraires à leur intérêt social », constate le ministère public. Ces opérations ont « été dissimulées comptablement et ou justifiées par des opérations juridiques fictives », selon la même source. « Le produit tiré de l'ensemble des infractions reprochées est estimé à plus de 50 millions d'euros. »
Pour le parquet, il est « établi que dans les deux années ayant suivi la reprise des enseignes Camaïeu, Gap et Go Sport, ses structures ont fait l'objet de procédures de redressement judiciaire du fait notamment de ces mouvements de trésoreries suspects ». L'homme d'affaires avait bâti un empire commercial, fragilisé dès septembre 2022 par la liquidation de la chaîne de prêt-à-porter Camaïeu. Il avait dû céder Gap France et Go Sport, placées en redressement judiciaire peu après. Sa holding, la Financière immobilière bordelaise (FIB), était dès 2023 en cessation de paiements, avec 500 millions d'euros de passif.
En février 2023, en pleine tourmente, il expliquait au journal régional Sud Ouest avoir été mal entouré quand il s'est diversifié, « à contre-cycle », dans le commerce. Et confiait vivre « très mal » d'être voué désormais aux gémonies.
Des palaces en France et à Jérusalem, des vignobles de renom: l'homme d'affaires Michel Ohayon, qui a fait fortune dans l'immobilier de luxe et bâti un éphémère empire commercial, a été inculpé à Paris pour banqueroute et abus de biens sociaux, soupçonné d'avoir détourné de l'argent de sociétés françaises, selon le parquet samedi.Michel Ohayon, 63 ans, qui a été inculpé vendredi pour banqueroute, abus de biens sociaux et escroqueries en bande organisée, a été placé sous contrôle judiciaire, a indiqué le parquet sollicité par l'AFP. Il a interdiction de diriger ou de gérer une société de quelque moyen que ce soit et l'obligation de verser au tribunal un cautionnement de 500.000 euros, selon la même source. Son épouse a également été inculpée. Son avocat, Olivier Pardo, n'a pas répondu aux...


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