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Moyen Orient et Monde - Justice

Avant la condamnation de Marine Le Pen, les grands scandales de financement politique en France

Le président du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN) et député européen Jordan Bardella (à gauche) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, posent pour une photo alors qu'ils arrivent pour assister à une réunion avec le président français au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 26 août 2024. Bertrand Guay/AFP

La cheffe de file de l'extrême droite française Marine Le Pen et huit eurodéputés de son parti ont été reconnus coupables, lundi, de détournement de fonds publics dans le cadre du procès des assistants parlementaires européens du Rassemblement national (RN). 

Voici un rappel des autres scandales politico-financiers marquants dans l'histoire récente des campagnes politiques de la Ve République en France. 

Financement libyen

Mis en examen depuis octobre 2023 dans l'affaire du « financement libyen » présumé de sa campagne présidentielle de 2007, l'ancien président français Nicolas Sarkozy est sous la menace d'une nouvelle condamnation après celle reçue en décembre dernier dans l'affaire dite « des écoutes », dans laquelle il a écopé de trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme sous bracelet électronique après s'être pourvu en cassation.

Jeudi 27 mars dernier, le Parquet national financier a en effet requis sept ans de prison ferme, ainsi que cinq ans d'inéligibilité assortis de 300 000 euros d'amende contre l'ancien chef de l'État, soupçonné d'être le commanditaire d'un « pacte de corruption » conclu avec l'ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi en amont du scrutin présidentiel de 2007, qui l'avait amené jusqu'à l'Élysée.

Selon les procureurs, un « faisceau d'indices » prouve la culpabilité de Nicolas Sarkozy, notamment l'existence de visites secrètes entre des proches de l'ancien président et des intermédiaires libyens.

Les avocats de l'ancien président dénoncent un manque de preuves, tandis que ce dernier clame son innocence. Le parquet a également requis une peine de six ans d'emprisonnement contre Claude Guéant et trois ans contre Brice Hortefeux, deux anciens ministres accusés d'avoir aidé Nicolas Sarkozy.

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Bygmalion

Dans l'affaire Bygmalion, l'ex-chef de l'État français a été condamné en appel, le 14 février 2024, pour financement illégal de sa campagne perdue de 2012 à un an d'emprisonnement dont six mois avec sursis.

Pour masquer l'explosion des dépenses de sa campagne, en grande partie due au coût exorbitant de ces meetings, un système de double facturation avait été mis en place sous couvert de conventions fictives par son parti, l'UMP, aujourd'hui appelé Les républicains.

L'ex-président s'est pourvu en cassation dans cette affaire.

Assistants parlementaires européens du MoDem

L'affaire concerne un détournement de fonds publics européens avec la rémunération d'assistants parlementaires pour effectuer des tâches pour le parti du centre, l'UDF puis le MoDem.

Le 5 février 2024, huit personnes, dont l'ex-député européen Jean-Luc Bennahmias et l'ancien ministre de la Justice Michel Mercier, ont été condamnés à des peines de 10 à 18 mois de prison avec sursis et des amendes de 10.000 à 50.000 euros. Ils ont en outre été condamnés à deux ans d'inéligibilité avec sursis.

Le président du MoDem François Bayrou, devenu depuis Premier ministre, a été relaxé "au bénéfice du doute". Le parquet a fait appel.

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L'affaire Karachi

L'affaire Karachi concerne un système de commissions sur des contrats d'armement français avec l'Arabie saoudite et le Pakistan, ayant entraîné des soupçons de financement occulte de la campagne présidentielle malheureuse d'Edouard Balladur en 1995.

Son ancien ministre de la Défense, François Léotard, décédé en 2023, a été condamné par la Cour de justice de la République (CJR), en mars 2021, à deux ans de prison avec sursis et 100.000 euros d'amende. Il avait déjà été condamné en 2004 (avec l'ancien ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres) pour blanchiment et financement illicite de l'ex-Parti républicain (l'affaire dite du Fondo).

L'ex-Premier ministre est lui relaxé, la CJR estimant que "la preuve" de sa participation à ce système de rétrocommissions n'est pas "rapportée". 

Casino d'Annemasse

L'ancien ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua, a été condamné définitivement en 2010, à 18 mois de prison avec sursis dans l'affaire du casino d'Annemasse (Alpes françaises) où il était poursuivi pour le financement illégal de sa campagne des élections européennes de 1999.

Il avait bénéficié de 7,5 millions de francs (environ 1,7 M EUR aujourd'hui) pour sa campagne, issus de la vente de ce casino dont il avait autorisé, en tant que ministre, l'exploitation en mars 1994. Il a en revanche été blanchi par la CJR devant laquelle il était poursuivi pour corruption passive.

Emplois fictifs de la mairie de Paris

L'affaire remonte aux années 1988-1995 : Jacques Chirac, devenu ensuite président de la République, est alors maire de la capitale et des permanents de son parti, le RPR, sont abusivement rémunérés par la ville.

Alain Juppé, Premier ministre de 1995 à 1997 et secrétaire général du RPR au moment des faits, est condamné en décembre 2004 à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité.

En 2011, Jacques Chirac, longtemps protégé par son immunité présidentielle, devient le premier président condamné par la justice, à deux ans de prison avec sursis pour détournement de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d'intérêt.

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Urba et marchés publics d'Ile-de-France

Entre 1990 et 1995, la justice s'est saisie de plusieurs dossiers de financement politique occulte de partis, de droite comme de gauche. 

Comme l'affaire des marchés publics des lycées de la région parisienne et la condamnation (parmi d'autres) à quatre ans de prison avec sursis de l'ex-président (RPR, droite) du conseil régional Michel Giraud et l'ex-directeur de cabinet de Jacques Chirac à l'Hôtel de Ville, Michel Roussin.

Les entreprises qui se voyaient attribuer des marchés dans les lycées gérés par la région Ile-de-France devaient reverser 2% du montant des contrats au parti socialiste (gauche), au RPR et au Parti républicain.

Dans l'affaire Urba, Henri Emmanuelli, ancien trésorier du PS (1988-1993), est définitivement condamné à 18 mois de prison avec sursis et deux ans de privation de droits civiques en décembre 1997.


La cheffe de file de l'extrême droite française Marine Le Pen et huit eurodéputés de son parti ont été reconnus coupables, lundi, de détournement de fonds publics dans le cadre du procès des assistants parlementaires européens du Rassemblement national (RN). 
Voici un rappel des autres scandales politico-financiers marquants dans l'histoire récente des campagnes politiques de la Ve République en France. Financement libyen
Mis en examen depuis octobre 2023 dans l'affaire du « financement libyen » présumé de sa campagne présidentielle de 2007, l'ancien président français Nicolas Sarkozy est sous la menace d'une nouvelle condamnation après celle reçue en décembre dernier dans l'affaire dite « des écoutes », dans laquelle il a écopé de trois ans...
commentaires (1)

L'ex ministre Cahusac condamné pour fraude fiscale et blanchiment d'argent, a provoqué l'adoption d'une loi votée par le parti de Le Pen, loi par laquelle elle a été condamnée. L'arroseur arrosé !

Fredo

21 h 45, le 31 mars 2025

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Commentaires (1)

  • L'ex ministre Cahusac condamné pour fraude fiscale et blanchiment d'argent, a provoqué l'adoption d'une loi votée par le parti de Le Pen, loi par laquelle elle a été condamnée. L'arroseur arrosé !

    Fredo

    21 h 45, le 31 mars 2025

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