En dépit de la dernière frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, le Hezbollah maintient sa position déclarée de respecter le cessez-le-feu et de laisser l’État assumer ses responsabilités et mener les contacts nécessaires pour arrêter les attaques israéliennes.
En ce vendredi, le dernier avant la fête du Fitr, la banlieue sud de Beyrouth grouille de monde, vers midi. Mais en quelques secondes, le spectacle change totalement. La panique se répand après les nouvelles menaces du porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee. Le Hezbollah les prend visiblement au sérieux et ses partisans se mettent à tirer en l’air pour pousser les habitants à se mettre à l’abri. Mais dans une des permanences du Hezbollah, la situation reste sous contrôle.
En effet, le Hezbollah ne semble pas vraiment surpris par les menaces israéliennes de bombarder un bâtiment dans la banlieue sud. Pour lui, les Israéliens veulent profiter de la période actuelle pour frapper, détruire et empêcher le Liban de recouvrer un minimum de vie normale. En réalité, selon le Hezbollah, les Israéliens savent parfaitement que dans le contexte actuel, ce dernier ne compte pas riposter aux attaques, puisqu’il laisse le champ libre à l’État libanais et veut donner une chance aux efforts diplomatiques, comme le souhaite une partie de la population. D’ailleurs, il tient à préciser qu’en dépit des rumeurs qui circulent sur son intention de riposter, sa position reste la même, il se tient derrière l’État et cela malgré les frappes contre la banlieue sud.
À ses yeux, les Israéliens utilisent ce moyen, d’une part, pour faire pression sur l’État libanais, invité à mener des négociations diplomatiques et politiques avec lui et, d’autre part, pour détruire autant qu’ils le peuvent des installations prétendument du Hezbollah au Sud, dans la Békaa et même dans la banlieue sud. En même temps, le Hezb estime que ces menaces ainsi que les frappes d’hier s’inscrivent dans le plan visant à pousser la base populaire du parti à se rebeller contre lui, tout en empêchant une véritable reconstruction à grande échelle, puisqu’en réalité, celle-ci n’est véritablement possible que s’il y a une stabilité.
Dans ce contexte, le parti a clairement démenti avoir tiré des roquettes contre le nord d’Israël samedi dernier et vendredi matin. Pour les sources proches de Haret Hreik, le Hezbollah a clairement annoncé qu’il entend se tenir à l’écart et laisser l’État libanais assumer ses responsabilités et définir la voie qu’il compte adopter. Le Hezbollah se demande si ce ne sont pas les Israéliens qui poussent véritablement certains de leurs agents à lancer ces projectiles. Il y a bien sûr d’autres possibilités, mais la seule qui est totalement à écarter, selon les sources du Hezbollah, c’est celle qui le met en cause. D’ailleurs, l’armée et la Force intérimaire des Nations unies peuvent mener leur enquête à ce sujet et identifier les véritables auteurs de ces lancements.
Le Hezbollah affirme aussi que dans la région au sud du Litani, il coopère étroitement avec l’armée libanaise et il lui a remis ses armes et signalé ses installations. Si certaines n’ont pas été découvertes, c’est que pendant les 66 jours de guerre entre la fin septembre et le 27 novembre 2024, et à cause des assassinats de la plupart des commandants du Hezbollah et de la rupture des communications entre les différentes unités, la gestion des combats se faisait séparément, chaque chef d’unité agissant selon ses propres estimations et selon son contexte particulier. Il se peut donc que certaines caches ou installations ne soient pas connues du commandement actuel et il faut un peu de temps pour que toutes les informations soient maîtrisées. Mais en général, le parti estime qu’aussi bien l’armée libanaise que la Finul sont satisfaites de la coopération du Hezbollah à ce niveau. Pour le reste du Liban, les armes du Hezbollah sont tributaires d’un accord entre les Libanais sur une stratégie de défense nationale, selon les propres termes du chef de l’État, et le Hezbollah se déclare prêt à se lancer dans des discussions à ce sujet. Les sources du parti affirment qu’il est prêt à discuter de tout, convaincu qu’il faut rassembler autant que possible les Libanais face à ce qu’il appelle « le projet israélien d’effritement de la région ».


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Chercher à qui le crime profite, certainement pas au Hezbollah : CQFD.
20 h 47, le 29 mars 2025