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Dix-huit mois de prison avec sursis requis contre Depardieu, jugé pour agressions sexuelles

Son avocat plaide la relaxe.

L'acteur français Gérard Depardieu arrive au troisième jour de son procès pour agression sexuelle sur deux femmes lors d'un tournage en 2021, au tribunal correctionnel de Paris, le 27 mars 2025. JULIEN DE ROSA / AFP

Dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis jeudi contre le célèbre comédien français Gérard Depardieu, jugé pour des agressions sexuelles que le parquet a présentées comme « intentionnelles » avant que la défense ne plaide la relaxe en fustigeant une « organisation » pour faire tomber l'acteur.

Le tribunal rendra son jugement le 13 mai.

Dans son réquisitoire, le procureur a rappelé que les victimes étaient « des femmes en situation d'infériorité sociale et en décalage par rapport à la célébrité de l'agresseur sur le tournage » d'un film en 2021.

Ce dernier, âgé de 76 ans, « jouit d'une notoriété, d'une aura et d'un statut monumental dans le cinéma français », a fait valoir le procureur, qui a demandé au tribunal correctionnel de Paris de condamner Gérard Depardieu à une peine de 18 mois de prison assortie d'un sursis probatoire de trois ans.

Le procureur a aussi demandé une obligation de soins psychologiques, une inéligibilité de deux ans et l'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.

L'avocat de l'acteur a lui plaidé la relaxe pour son client, victime de « harcèlement ».

« Je veux que dans ce dossier le cauchemar, l'enfer dans lequel Gérard Depardieu a été jeté se termine », a demandé Me Jérémie Assous.

Sa très longue plaidoirie a été marquée par des passages survoltés à l'encontre des plaignantes. « Votre trauma, combien même l'agression aurait bien eu lieu, il est relatif ! », a-t-il crié.

Pour l'avocat, cheveux gominés coiffés vers l'arrière, Amélie et Sarah (prénom modifié) sont des affabulatrices au service d'une « organisation » de « féministes enragées », « d'agitées du bocal ».

Gérard Depardieu n'a pas réagi au réquisitoire mais quelques minutes plus tôt il avait déclaré devant la caméra de l'AFP être « fatigué ».

Pour les parties civiles, les réquisitions ont « fait la démonstration de la culpabilité » du prévenu, selon Me Carine Durrieu Diebolt, avocate d'une des plaignantes.

Amélie, 54 ans, cheveux mi-longs, était décoratrice sur le film « Les Volets verts ». A la barre elle a raconté avoir été « coincée entre les jambes de Gérard Depardieu » qui lui a « malaxé les fesses et les seins » en proférant des propos à caractère sexuel.

Des accusations niées plusieurs fois par l'acteur.

« Un autre temps » 

« Je ne vois pas pourquoi je m'amuserais à peloter une femme, des fesses, des seins, je ne suis pas un frotteur dans le métro », a-t-il lancé, assis sur un tabouret face au président du tribunal.

Sarah, 34 ans et 3e assistante réalisatrice sur le tournage, a elle indiqué que l'acteur lui avait posé une main sur une fesse et qu'il avait recommencé sur ses seins.

« Je l'ai peut-être frôlée avec le dos dans le couloir, mais je ne l'ai pas touchée ! », a affirmé à la barre Gérard Depardieu. « Je n'ai pas fait d'agression sexuelle, une agression c'est plus grave que ça je crois ».

« Plus grave que quoi ? », l'a interpellé l'avocate de Sarah, Me Claude Vincent.

« Plus grave qu'une main aux fesses. Enfin, je n'ai pas mis de main aux fesses ! », s'est empressé d'ajouter l'acteur, qui à plusieurs reprises a affirmé être « d'un autre temps ».

Un temps où les femmes « ne parlaient pas », « ne déposaient pas plainte » quand un homme les touchait, ont rappelé les parties civiles dans leurs plaidoiries, dénonçant « l'apologie du sexisme ».

Géant du cinéma français, mondialement connu, Gérard Depardieu est par ailleurs mis en examen pour « viols » et « agressions sexuelles » depuis le 16 décembre 2020.

Pendant le procès, quatre femmes en plus des plaignantes sont venues témoigner d'agressions sexuelles entre 2007 et 2015.

A chaque fois, elles ont évoqué « les mains sur les seins », « la main dans la culotte », « les grognements » de Gérard Depardieu et aussi le silence gardé, « parce qu'à 20 ans, c'est difficile d'aller au commissariat et de porter plainte contre M. Depardieu », a témoigné l'une d'entre elles.

L'interprète d'Obélix au cinéma a lui reçu le soutien de son amie Fanny Ardant ( »Huit femmes »).

L'actrice a assuré à la barre ne « jamais avoir assisté à un geste de l'acteur qu'elle aurait trouvé « choquant ». Elle a aussi assuré que l'on pouvait lui « dire non ».


Dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis jeudi contre le célèbre comédien français Gérard Depardieu, jugé pour des agressions sexuelles que le parquet a présentées comme « intentionnelles » avant que la défense ne plaide la relaxe en fustigeant une « organisation » pour faire tomber l'acteur.Le tribunal rendra son jugement le 13 mai.Dans son réquisitoire, le procureur a rappelé que les victimes étaient « des femmes en situation d'infériorité sociale et en décalage par rapport à la célébrité de l'agresseur sur le tournage » d'un film en 2021.Ce dernier, âgé de 76 ans, « jouit d'une notoriété, d'une aura et d'un statut monumental dans le cinéma français », a fait valoir le procureur, qui a demandé au tribunal correctionnel de Paris de condamner Gérard Depardieu à une peine de 18...