Rechercher
Rechercher

Politique - Décryptage

Jusqu’à nouvel ordre, les négociations sur la frontière à Naqoura restent militaires

Depuis quelques jours, les médias israéliens et même certaines voix américaines ont laissé entendre que les négociations « politiques et diplomatiques » entre le Liban et Israël étaient sur le point d’être déclenchées pour résoudre les points litigieux. Jeudi matin, au moment même où le Liban attendait la libération du cinquième otage libanais entre les mains des Israéliens, la rumeur s’est amplifiée, suscitant des remous sur le plan politique. Mais la réalité est différente. La réunion du comité de surveillance qui s’est donc tenue jeudi matin s’est déroulée comme les précédentes au siège de la Force intérimaire des Nations unies (Finul) à Naqoura, en présence des représentants des pays membres et des Casques bleus et sous la présidence du général américain Jasper Jeffers. Selon une source militaire bien informée, la réunion a eu lieu dans un cadre strictement militaire. Elle a aussi porté, comme les précédentes, sur l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU dans le cadre de l’accord conclu le 27 novembre.

Rien n’a donc changé ni dans la forme, ni dans le contenu de la réunion, qui a d’ailleurs supervisé la libération du cinquième prisonnier libanais, un soldat capturé il y a quelques jours par les Israéliens dans la zone frontalière, après avoir été blessé par leurs tirs. Non seulement les protagonistes étaient les mêmes, mais l’ordre du jour était, lui aussi, routinier et n’a abordé ni de près, ni de loin des questions diplomatiques et politiques. De plus, aucune nouvelle commission n’est en gestation à l’heure actuelle et il n’est donc pas question d’en former une qui regrouperait des personnalités diplomatiques pour donner une orientation différente aux négociations limitées pour l’instant à l’application de l’accord conclu. Ce débat avait d’ailleurs eu lieu au Liban avant l’accord sur le retrait en 2000 et lors des pourparlers après la guerre de 2006 et à chaque fois, le Liban refusait d’ajouter des personnalités diplomatiques à ses représentants dans ces négociations.

Cartes de pressions

Concernant la dernière réunion de la commission de surveillance, la source militaire mentionnée ci-dessus précise que le Liban, de l’avis des représentants américain et français, a exécuté sa part de l’accord. L’armée libanaise a ainsi déployé dans la région au sud du Litani près de 10 000 soldats, ce qui représente le chiffre initialement prévu par le texte de la résolution 1701. Depuis 2006, l’armée libanaise n’avait pas réussi à atteindre ce quota, mais désormais, ce serait chose faite et la troupe contrôle pratiquement la région. Le Hezbollah s’est ainsi retiré des positions qu’il avait dans le secteur au sud du Litani. Il a aussi coordonné avec l’armée, en lui indiquant ses réserves d’armes, qu’elle a par la suite confisquées et détruites. Certaines de ces opérations ont été médiatisées et d’autres non. Il faut préciser dans ce contexte que le Hezbollah ne garde pas ses missiles de longue portée dans le secteur au sud du Litani. L’armée estime ainsi que le Liban a rempli sa part de l’accord alors que les Israéliens continuent de multiplier les violations, qu’il s’agisse de raids meurtriers, ou destructeurs. Ils cherchent à justifier leurs violations régulières des dispositions de l’accord en affirmant frapper des dépôts du Hezbollah, alors qu’ils devraient d’abord alerter le comité de surveillance. Selon la même source militaire, l’armée accomplit donc sa mission alors que, d’après elle, les Israéliens cherchent à accumuler pendant cette période autant de cartes que possible pour faire pression sur le Liban. D’autant que les discussions ne se limitent plus aux 13 points conflictuel depuis le retrait israélien en l’an 2000, puisqu’il faut y ajouter les 5 points stratégiques occupés par les Israéliens après la guerre. De même, la source précitée estime que tout ce qui a été dit sur une volonté américaine d’arrêter de financer la Finul ou de mettre un terme à son mandat ne semble pas se vérifier. Au contraire, la présence des Casques bleus est plus que jamais une nécessité pour tous les protagonistes. Les débats, à la veille de la prorogation de son mandat chaque année au mois d’août, portent sur l’augmentation de ses prérogatives.

Les responsables libanais ont donc discrètement maintenu leur position traditionnelle, refusant de se laisser entraîner dans un processus de négociations diplomatiques et politiques, sans pour autant le rejeter ouvertement, pour ne pas créer des tensions avec les parties étrangères, notamment les Américains. En effet, la position des responsables libanais, le chef de l’État, Joseph Aoun, en tête, est à la fois claire et nuancée. Elle se résume à régler les conflits militaires en suspens, sans faire la moindre concession de fond, tout en attendant les positions arabes sur le dossier d’une éventuelle normalisation des relations avec Israël. Le président veut probablement éviter de susciter des tensions internes à un moment où le pays a besoin de reprendre son souffle et les Libanais de se retrouver après les terribles mois de la guerre. D’ailleurs, les médias israéliens ont commencé depuis hier à se rétracter sur le sujet, précisant que pour l’instant, il n’y a pas encore de discussions diplomatiques avec le Liban en vue d’une normalisation des relations. La porte n’est donc pas ouverte, mais elle n’est pas non plus totalement fermée.

Depuis quelques jours, les médias israéliens et même certaines voix américaines ont laissé entendre que les négociations « politiques et diplomatiques » entre le Liban et Israël étaient sur le point d’être déclenchées pour résoudre les points litigieux. Jeudi matin, au moment même où le Liban attendait la libération du cinquième otage libanais entre les mains des Israéliens, la rumeur s’est amplifiée, suscitant des remous sur le plan politique. Mais la réalité est différente. La réunion du comité de surveillance qui s’est donc tenue jeudi matin s’est déroulée comme les précédentes au siège de la Force intérimaire des Nations unies (Finul) à Naqoura, en présence des représentants des pays membres et des Casques bleus et sous la présidence du général américain Jasper Jeffers. Selon une source...
commentaires (1)

Tourner autour du pot ne sauvera pas le Liban. Après toutes les guerres il y a des traités de paix. Proclamer comme des perroquets que notre pays sera le dernier de la classe à avoir la paix est absurde. Pensons au Liban et non plus aux intérêts régionaux des uns et des autres. Ceux qui ont perdu lamentablement leur guerre insensée de soutien aux autres , doivent y réfléchir. Les Libanais en ont assez de reconstruire plusieurs fois leur pays à cause d’abord de la guerre de l’OLP puis de celles du hezbollah iranien. Le Liban d’abord et finissons une fois pour toute des slogans creux.

Goraieb Nada

07 h 28, le 15 mars 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Tourner autour du pot ne sauvera pas le Liban. Après toutes les guerres il y a des traités de paix. Proclamer comme des perroquets que notre pays sera le dernier de la classe à avoir la paix est absurde. Pensons au Liban et non plus aux intérêts régionaux des uns et des autres. Ceux qui ont perdu lamentablement leur guerre insensée de soutien aux autres , doivent y réfléchir. Les Libanais en ont assez de reconstruire plusieurs fois leur pays à cause d’abord de la guerre de l’OLP puis de celles du hezbollah iranien. Le Liban d’abord et finissons une fois pour toute des slogans creux.

    Goraieb Nada

    07 h 28, le 15 mars 2025

Retour en haut