L'Aéroport international de Beyrouth (AIB). Photo OLJ
Le ministre des Transports et des Travaux publics, Fayez Rassamny, a démis de ses fonctions le directeur général p.i. de l’Aviation civile Fady el-Hassan qui occupait également la fonction de président p.i. de l’Aéroport international de Beyrouth (AIB), a rapporté mercredi à L’Orient-Le Jour une source informée.
Le ministre Rassamny a nommé à la direction de l’Aviation civile l’ingénieur Amine Jaber, à la présidence de l’AIB Kamal Nassereddine, et à la tête du service d’entretien des équipements auprès de l’Aviation civile, l’ingénieur Mohammad Saad. Ces trois nominations sont provisoires, « dans l’attente de nominations définitives dans le cadre de la fonction », lit-on sur les décisions ministérielles (138, 139, 141) que L'OLJ a pu consulter.
Dans l’attente d’une confirmation de la part du ministère, l’ingénieur Fady el-Hassan a confirmé l’information à L’Orient-Le Jour, affirmant qu'il « quittait totalement ses fonctions ».
Fady el-Hassan, proche du Hezbollah, était décrié pour cumul injustifié de fonctions. Les trois postes de la présidence de l’aéroport, de la direction générale de l’Aviation civile et de la direction des aéroports étaient d’ailleurs occupés par des membres de la communauté chiite, proches du tandem Amal-Hezbollah. Fady el-Hassan cumulait les deux premiers, alors que la direction des aéroports était confiée à Ibrahim Abou Alawa, qui était également président adjoint de l'AIB.
Dans un Liban en pleine crise, plombé par l’effondrement de la monnaie locale et les désaccords politiques endémiques, le fonctionnement de l’aéroport de Beyrouth était entaché par les luttes de pouvoir, le clientélisme, l’insubordination et les lacunes d’une législation vieille de 40 ans qui définit mal les prérogatives.
Malgré l’adoption en 2002 de la loi 481 régissant la création de l’Autorité de l’aviation civile, cet organisme indépendant n’a jamais vu le jour.
Israël a accusé à plusieurs reprises le Hezbollah d'utiliser l'AIB pour acheminer des armes d'Iran, ce que démentent le parti chiite et des responsables libanais. À la mi-février, le Liban s'est opposé au vol vers Beyrouth d'un avion iranien après avoir été contacté par les États-Unis qui l'ont informé qu'Israël risquait de frapper l'aéroport. Cette interdiction, appliquée également à un autre vol, a provoqué des manifestations de partisans du Hezbollah qui ont bloqué la route menant au seul aéroport international du pays.
Un fragile cessez-le-feu est en vigueur au Liban le 27 novembre dernier, après plus d'un an d'hostilités et deux mois de guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah.



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