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Politique - Décryptage

Entre Joseph Aoun et Nawaf Salam, le cœur du Hezbollah penche...

La première interview télévisée du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, était attendue par les milieux politiques, surtout après ce qui est considéré comme l’affaiblissement du Hezbollah depuis l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre et les rumeurs sur des dissensions internes. Ce qui a frappé les observateurs c’est la distinction qu’il a faite dans la nature des relations du Hezbollah avec le président de la République et avec le Premier ministre. Kassem a fait passer de nombreux messages sur le fait que le Hezbollah s’est rétabli, même s’il procède actuellement à une révision complète de la période précédente pour analyser les lacunes et tirer les leçons qui s’imposent. Il a aussi insisté sur le fait que l’accord sur le cessez-le-feu ne parle que de l’obligation de retirer les armes du Hezbollah dans la zone située au sud du Litani. Pour le reste du pays, il n’y a selon lui, aucune mention précise, même si pour l’instant, le Hezbollah préfère laisser les rênes à l’État. Il a été aussi très clair sur le fait qu’à ses yeux, il ne saurait y avoir des réformes sans la reconstruction.

Il a rappelé que le Hezbollah a contribué à faire élire Joseph Aoun à la présidence dans le cadre d’un processus d’entente et il a ajouté que la relation du Hezbollah avec lui est marquée par « une chaleur positive ». Concernant le Premier ministre, Nawaf Salam, Naïm Kassem a déclaré que « la situation du président du Conseil n’est pas encore stable (comprendre on ne sait pas encore vraiment comment il va se comporter), mais nous tenons à coopérer avec lui. Notre participation au gouvernement et le fait que nous lui avons accordé notre confiance montrent que nous lui avons tendu positivement la main ». Cette dernière phrase était sans doute destinée à montrer combien le Hezbollah se veut positif à l’égard du nouveau pouvoir, mais elle n’efface pas pour autant le fait qu’il a précisé que les relations du Hezbollah avec le chef de l’État étaient chaleureuses alors qu’elles restent imprécises avec le président du Conseil.

Les sources proches du Hezbollah rappellent à cet égard que le parti a déjà traité avec le général Joseph Aoun alors qu’il était commandant en chef de l’armée dans des circonstances délicates. Il y a d’abord eu la coopération, même partielle, lors de la bataille de « l’aube des jurds » au cours de l’été 2017, qui a abouti à la libération de cette région de la Békaa qu’avait occupée les jihadistes venus de Syrie. Puis il y a eu la coopération au Sud pendant plus d’un an après l’ouverture par le Hezbollah du « front de soutien » à Gaza le 8 octobre 2023. Même pendant les 66 jours de la guerre plus généralisée, le commandant en chef de l’armée, qui était soumis à des tiraillements contradictoires entre les pressions internationales, l’action du Hezbollah et les attaques israéliennes, a adopté une attitude qui avait été qualifiée de sage et patriote par le commandement du Hezbollah. C’est d’ailleurs une des raisons qui avait poussé la formation à voter pour lui à la présidence, lâchant son candidat déclaré, le chef des Marada, Sleiman Frangié. Plus tard, c’est le président qui était intervenu pour rétablir le dialogue rompu entre le tandem chiite et Nawaf Salam au sujet de la nomination du cinquième ministre chiite du gouvernement. Tout cela sans oublier le fait que, dans ses déclarations depuis son arrivée à Baabda, le chef de l’État exige clairement un retrait total israélien de l’ensemble du territoire libanais. Même s’il affirme vouloir donner le monopole des armes à l’État, le Hezbollah considère qu’il s’agit d’une démarche qui ouvre la voie à une discussion en profondeur sur l’adoption d’une stratégie de défense qui vise finalement à aboutir à la libération du territoire libanais et à préserver la souveraineté nationale. Kassem y a d’ailleurs fait allusion dans son interview télévisée dimanche soir. Par contre, il a été plus réservé à l’égard de Nawaf Salam, avec lequel les contacts restent limités. C’est Nabih Berry qui discute avec lui des questions en suspens.

Les parties politiques hostiles au Hezbollah estiment que ce dernier tente de semer la discorde entre le chef de l’État et le Premier ministre. Pour ces parties, le Hezbollah a beau faire preuve d’ouverture et de coopération, ce qu’il voudrait c’est que les dissensions s’approfondissent entre les responsables pour affaiblir l’État et renforcer ainsi sa position. Des sources proches du Hezb rejettent ces accusations et estiment que Kassem a cherché essentiellement à être franc et sincère. Il a aussi lancé indirectement un appel à Nawaf Salam pour qu’il précise sa position et pour améliorer la coopération avec lui. Face à la tempête qui souffle actuellement sur la région, le Hezbollah ne veut certainement pas provoquer de problèmes supplémentaires.
Il existe aussi une autre interprétation : Joseph Aoun est là pour six ans, alors que le gouvernement de Nawaf Salam devrait partir après la tenue des législatives prévues en mai 2026...Il serait donc plus facile de critiquer le second et de ménager le premier.

La première interview télévisée du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, était attendue par les milieux politiques, surtout après ce qui est considéré comme l’affaiblissement du Hezbollah depuis l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre et les rumeurs sur des dissensions internes. Ce qui a frappé les observateurs c’est la distinction qu’il a faite dans la nature des relations du Hezbollah avec le président de la République et avec le Premier ministre. Kassem a fait passer de nombreux messages sur le fait que le Hezbollah s’est rétabli, même s’il procède actuellement à une révision complète de la période précédente pour analyser les lacunes et tirer les leçons qui s’imposent. Il a aussi insisté sur le fait que l’accord sur le cessez-le-feu ne parle que de l’obligation de retirer les armes...
commentaires (7)

Fait arrêter de nous raconter que le Hezb est concerné par la libération de chaque pouce du territoire. Si Israël n'existait pas, les Iraniens et leurs mercenaires du Hezb l'auraient inventé.

Jules Lola

23 h 39, le 11 mars 2025

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Commentaires (7)

  • Fait arrêter de nous raconter que le Hezb est concerné par la libération de chaque pouce du territoire. Si Israël n'existait pas, les Iraniens et leurs mercenaires du Hezb l'auraient inventé.

    Jules Lola

    23 h 39, le 11 mars 2025

  • Les articles de Madame Haddad sont toujours clairement orientés. Si elle voit de l’ouverture et de la coopération de la part du parti, on ne saurait trop lui conseiller de vérifier sa vision auprès d’un spécialiste. La ligne éditoriale de l’OLJ est d’ouvrir ses manchettes à tous les avis et c’est tout à son honneur. En revanche permettre une aussi nette propagande devrait franchement relever de l’encart publicitaire afin de maintenir la réputation du journal.

    Prinzatour

    16 h 58, le 11 mars 2025

  • Kassem n'est surement pas franc et surtout pas sincère. Il devrait remercier ses détracteurs d'avoir accepté de lui refiler 2 ministres. Ils auraient pu l'ignorer et il n'aurait pu rien y faire. Il semble qu'il n'a rien appris et insiste pour son idéologie fakihiste qui vient a l'encontre de la constitution. C'est la le plus grave et il est temps de voter des lois qui vont empêcher ce genre parti d'émerger dans la vie politique du pays. C'est honteux de le laisser encore se permettre de circuler librement comme s'il n'avait rien a se reprocher. C'est dans une cellule qu;il doit finir.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    13 h 18, le 11 mars 2025

  • Je ne sais pas s'il sera publié.En tout cas, pour l'instant,mon commentaire envoyé hier soir n'a pas été posté.Je parlais que mon abonnement à l'OLJ a pour but d'enrichir mes connaissances en informations et analyses intelligentes.Ce qui est le cas de "presque" tous les journalistes de l'OLJ.En revanche, les articles faisant la propagande par des fans sous couvert d'articles n'a jamais été le but de mon abonnement.Cette fois,je supprime les initiales des personnes concernées pour ne pas être censuré?Est ce possible d'exprimer librement sa pensée(respectueuse pourtant) sans être censuré?? Merci

    LE FRANCOPHONE

    11 h 57, le 11 mars 2025

  • Naim Kassem parle de la relation chaleureuse, affectueuse avec le president Aoun? Naim Kassem ne sait pas encore que penser du gouvernement ? C que Naim Kassem voulait rappeler que le 1er nomme n'est pas le VRAI decideur . Loin s'en faut. Alors de grace ne pretons pas une bonne intention a mr kassem , mais alors pas du tout.

    L’acidulé

    09 h 52, le 11 mars 2025

  • Kassem est dans de mauvais draps. Il est obligé de jouer le jeu de l’Etat car son hezb de malheur se retrouve seul et vaincu. Son patron iranien ne peut plus le gonfler. Quant au chef de l’Etat, s’il a coopéré avec lui par le passé c’est qu’il obéissait aux décisions humiliantes du Pouvoir politique, alors acquis à l’axe iranien. Les choses ont changé et le Président est clair. Les armes à l’Etat exclusivement. Le hezb qui reçoit tous les jours des coups de massue de l’énnemi sans pouvoir y répondre , doit réaliser que sa dictature criminelle a pris fin. L’enfer cette fois-ci est pour lui.

    Goraieb Nada

    08 h 29, le 11 mars 2025

  • “ M. Kassem a cherché essentiellement à être franc et sincère” Tout est dit

    Zampano

    07 h 22, le 11 mars 2025

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