Logo de l'association des industriels libanais
L'Association des industriels libanais (AIL), présidée par Salim Zeeny, a regretté dans un communiqué l’adoption jeudi, par décret, du budget 2025 par le gouvernement, sans que le texte ne passe par le Parlement. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, et plusieurs de membres de son équipe, ont justifié cette procédure par le manque de temps à leur disposition, s'engageant d'une part à préparer un projet de loi concernant les taxes prévues dans le texte de l'ancien gouvernement, et à plancher sur un budget 2026 réellement « réformateur ».
« Le texte (de la loi de finance 2025, ndlr) n'a pas été distribué aux députés et n'a été discuté ni à la Commission parlementaire des finances et du budget ni à l'Assemblée générale. Ce qui est inacceptable, car le budget comporte des impôts et des taxes dont l'approbation est la seule prérogative du Parlement », a dénoncé l’institution.
L'association invite dans ce cadre le gouvernement qui s’est engagé à relancer l’activité économique, à prendre ses observations en considération et à supprimer les taxes qui nuiraient sinon au secteur industriel local. La première, concernant la décision d'augmenter les taxes sur les boissons alcoolisées produites localement, est qualifiée de « scandaleuse » alors qu'elle concerne des secteurs « prometteurs » de l'industrie libanaise. « Le décret du gouvernement intervient au moment où plusieurs pays, connus pourtant pour être conservateurs, assouplissent les restrictions sur la consommation de boissons alcoolisées, ce qui nous pousse à nous demander si l'objectif n'est pas de changer le visage du Liban », note-t-elle. L’association dénonce de plus le fait que « le droit d’accise perçu sur les boissons alcoolisées importées soit inférieur à celui imposé aux boissons importées ».
L’association des industriels évoque également « le droit d’accise de 7% sur les boissons sucrées non alcoolisées qui favoriserait les produits importés des pays arabes au détriment de la production locale ». « Le marché libanais sera inondé de produits des pays arabes, et les usines locales risquent la fermeture », avertit le communiqué.
Dans ce cadre, l’AIL appelle les ministres des Finances, de l'Industrie, de l'Économie et du Commerce à agir immédiatement pour arrêter « le massacre contre l'économie et l'industrie nationales », et à « ne pas imposer de nouvelles taxes sans en étudier la faisabilité et l'impact économique », car cela conduirait à une baisse de la consommation et des revenus de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). « Les résultats seraient contraires aux attentes d’assurer des revenus au trésor. Ils risquent de provoquer la fermeture d’entreprises libanaises et leur délocalisation vers les pays voisins », met en garde l’association des industriels libanais.


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