Dani Elgarat, frère d'Itzik Elgarat, embrasse son cercueil lors de ses funérailles au kibboutz Nir Oz, le 3 mars 2025. Photo GIL COHEN-MAGEN/AFP
Les funérailles d'Itzik Elgarat, otage israélo-danois mort en captivité à Gaza, ont donné lieu lundi à de vives critiques du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qualifié par le frère du défunt d' »ennemi » l'ayant abandonné à son sort.
Itzik Elgarat, qui avait vécu 12 ans au Danemark où habitent ses deux enfants, avait été enlevé au kibboutz Nir Oz, dans le sud d'Israël, lors de l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023. Il avait alors 68 ans.
Sa dépouille a été rendue par le Hamas le 27 février en échange de la libération de Palestiniens détenus par Israël dans le cadre de la fragile trêve entrée en vigueur le 19 janvier.
Lundi, des centaines de personnes sont venus lui rendre hommage à Nir Oz, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Dans son éloge funèbre, son frère Dani Elgarat a rappelé le combat des familles d'otages pour obtenir la libération de leurs proches.
« Nous avons lutté de toutes nos forces [mais] nous avons échoué », a-t-il dit: « Netanyahu nous a vaincus et tu n'es pas revenu de captivité. »
« L'ennemi qui a causé ta mort n'est pas celui qui t'a enlevé, mais celui qui t'a abandonné », a-t-il ajouté, voyant dans la mort de son frère « la fin de l'État juif, qui n'a pas rempli son devoir », mais aussi « la fin de la valeur de la responsabilité mutuelle et de la valeur de la vie dans la société israélienne, les valeurs qui nous distinguaient de nos ennemis. »
Sa soeur, Rachel Dancyg, qui a réchappé au massacre de Nir Oz a loué le courage de son frère le 7-Octobre.
« Toi, Itzik, tu les as combattus (...), ils t'ont pris vivant. J'avais tellement cru que tu reviendrais vivant », a-t-elle dit.
En captivité, « ils t'ont torturé, ils t'ont affamé » et « nous n'avons pas pu te sauver, ni sauver nos amis », a-t-elle insisté: « Nous n'avons pas pu te sauver d'un gouvernement maléfique ».
Sur les 251 personnes enlevées lors de l'attaque du Hamas ayant déclenché la guerre, 58 sont encore retenus à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l'armée israélienne.
Lundi, M. Netanyahu a été conspué au Parlement par des proches d'otages qui l'accusent de sacrifier les captifs sur l'autel de ses ambitions politiques alors qu'il menace de repartir en guerre contre le Hamas.


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