Le mufti de la République, Abdellatif Deriane, recevant le Premier ministre libanais Nawaf Salam, le 3 mars 2025. Photo ANI
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a promis lundi que dans les « prochains mois », les Libanais ressentiront les effets des réformes et de l'amélioration des services gouvernementaux, s'engageant à œuvrer en priorité sur des dossiers qui concernent directement la population.
S'exprimant depuis Dar el-Fatwa, où il a été reçu par le mufti de la République, Abdellatif Deriane, à l'occasion du début du mois de Ramadan, M. Salam a affirmé que la « base » de son action consiste à « consolider le concept de l'Etat et de ses institutions ». « Dans les prochains mois, le citoyen ressentira un nouveau niveau de performance et de services gouvernementaux, et notre principale préoccupation sera l'intérêt du peuple libanais », a ajouté le Premier ministre, qui s'est également engagé à de bonnes relations avec les pays arabes.
Nominations et détenus islamistes
« Le gouvernement accordera une attention particulière aux dossiers importants, au premier rang desquels les questions d'approvisionnement en eau et en électricité, les routes et l'argent des déposants » bloqué dans les banques. Tous ces dossiers seront traités de manière « juste », a encore affirmé l'ancien président de la Cour pénale internationale, qui a promis la nomination aux postes vacants des « personnes les plus compétentes possibles ». Après plus de deux ans de vacance présidentielle, la plupart des postes de fonctionnaire de première catégorie nécessitent des nominations, qui devraient être en tête des priorités du nouveau gouvernement, formé le 8 février.
Nawaf Salam s'est également engagé à traiter le dossier des détenus islamistes, dont les proches réclament une loi d'amnistie. « La justice doit suivre son cours de manière à ce que les agresseurs soient punis et les autres libérés », a-t-il affirmé, soulignant que pour certains, le délai d'attente d'un procès a dépassé celui des condamnations possibles. Depuis l’arrivée au pouvoir en Syrie d’une coalition rebelle menée par des islamistes, le dossier des prisonniers et détenus islamistes – qui croupissent dans les prisons depuis des années de manière « injuste » selon leurs proches – est revenu en force sur le devant de la scène. Selon des chiffres obtenus par L'Orient-Le Jour auprès du ministère de l’Intérieur, 50 % des détenus au Liban n’ont toujours pas été jugés. Concernant les islamistes, 55 % d’entre eux sont incarcérés sans verdict.
Retrait israélien du Liban-Sud
Le Premier ministre a en outre souligné que son cabinet allait « mobiliser toutes ses relations, au niveau des pays arabes et de la communauté internationale, pour pousser l'ennemi israélien à se retirer de tous les territoires libanais, jusqu'aux frontières internationales consacrées par l'accord d'armistice ».
Malgré l'expiration du délai d'application des modalités du cessez-le-feu entre le Liban et Israël le 18 février, après une première prolongation, ce dernier ne s'est pas retiré, comme cela était requis dans l'accord, de tout le Liban-Sud. L'armée israélienne continue d'occuper au moins cinq positions qu'elle estime « stratégiques » le long de la frontière entre les deux pays.
De son côté, le mufti a souhaité au gouvernement et au Premier ministre « tout le succès » dans les tâches qui lui incombent. Il a ensuite reçu à Dar el-Fatwa le prédécesseur de M. Salam, Nagib Mikati.



...personne ne parle ou agit pour le retour des 3Millions de syriens toujours chez nous ?!
08 h 35, le 04 mars 2025