Une photographie prise le 27 septembre 2022 montre le logo de la compagnie française de transport maritime et de conteneurs CMA CGM à l'entrée de son siège social à Marseille, dans le sud de la France. AFP
Le transporteur maritime CMA CGM a vu son bénéfice net bondir en 2024 grâce au dynamisme du commerce mondial et à des tarifs de fret toujours élevés en raison des perturbations en mer Rouge. Le bénéfice net a grimpé de 56,9 % à 5,71 milliards de dollars, selon un communiqué publié vendredi.
Le groupe marseillais a réalisé un chiffre d'affaires de 55,5 milliards de dollars (+18 % par rapport à 2023) mais se prépare à une année 2025 incertaine avec les menaces de barrières douanières agitées par Donald Trump qui pourraient « accélérer la réorganisation des flux logistiques mondiaux », selon le directeur financier Ramon Fernandez.
L'année 2023 s'était terminée dans la douleur pour CMA CGM avec une perte au quatrième trimestre, laissant présager une année 2024 difficile pour le secteur du transport maritime. Il n'en a finalement rien été. « Les résultats sont solides », a relevé M. Fernandez. « Cette performance annuelle est portée d'abord par l'activité maritime qui a bénéficié d'une forte augmentation de la demande », a-t-il souligné.
CMA CGM a transporté 23,6 millions d'équivalents vingt pieds (EVP, la mesure de référence du secteur) en 2024, soit 7,8 % de plus qu'en 2023. Le chiffre d'affaires de l'activité maritime a progressé de 16,2 %, à 36,5 milliards de dollars. L'activité logistique a elle aussi considérablement augmenté son chiffre d'affaires (+20,9 %) à 18,4 milliards de dollars, mais c'est presque uniquement dû à l'acquisition de Bolloré Logistics, la plus importante depuis la création du groupe CMA CGM en 1978.
Barrières douanières
En 2025, les regards du groupe marseillais se tourneront vers les Etats-Unis où le président Donald Trump multiplie les menaces de barrières douanières. Il a notamment promis 10 % de droits de douane sur les importations chinoises. Plutôt que de freiner le commerce mondial, ces annonces auraient même tendance à l'accélérer, a souligné M. Fernandez. « Depuis le début de l'année, l'activité est très soutenue et les volumes restent importants dans un marché qui se tient bien », a-t-il relevé. Les sorties de Donald Trump n'ont « pas d'effets aujourd'hui qui signalent un attentisme particulier de nos clients. C'est même probablement plutôt l'inverse », a-t-il observé. Le directeur financier s'est également dit attentif à la proposition du département du commerce américain de taxer tous les navires de commerce accostant dans les ports américains s'ils ont été construits en Chine ou s'ils battent pavillon chinois.
CMA CGM exploite six terminaux portuaires aux États-Unis et y détient des opérations de transport maritime et de logistique très importantes, y compris une filiale avec dix navires battant pavillon américain. Cette proposition de taxation des navires de commerce liés à la Chine est soumise à consultation jusqu'au 24 mars. En 2025, le groupe français surveillera aussi de près l'évolution de la situation en mer Rouge, notamment au regard du cessez-le-feu à Gaza. Pour le moment, rien n'a changé, les navires continuent d'y passer au cas par cas, mais la majorité contournent l'Afrique en passant par le cap de Bonne Espérance. Cela a permis de maintenir des tarifs de fret élevés même s'ils ont commencé à se tasser en fin d'année dernière, avec l'arrivée de nombreux nouveaux navires sur les océans (+10 %).


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