Le ministre libanais de la Santé, Rakan Nassereddine, en visite à l'hôpital gouvernemental de Bint Jbeil, au Liban-Sud. Photo ANI
Le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, a entamé samedi une tournée dans plusieurs hôpitaux du Liban-Sud, durement touchés par les frappes israéliennes dans la région au cours des 13 mois de guerre entre le Hezbollah et l'armée israélienne, d'octobre 2023 à novembre 2024.
M. Nassereddine, dont le nom a été proposé par le Hezbollah lors de la formation du gouvernement de Nawaf Salam, a commencé sa visite à l'hôpital gouvernemental de Meis el-Jabal (Marjeyoun), où il a assuré son engagement « pour la reconstruction et la remise en l'état des infrastructures sanitaires ».
« Nous ne pouvons pas résister si nous ne soutenons pas les hôpitaux, notamment ceux qui se trouvent à la frontière (...) Nous sommes aussi pour le renforcement de l'armée libanaise et le soutien du personnel de santé », a déclaré le ministre, selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). Le conflit a laissé d'énormes dégâts dans les villages frontaliers, dont certains ont été entièrement détruits par l'armée israélienne.
« Attaques délibérées » d'Israël contre les hôpitaux
M. Nassereddine a par ailleurs assuré avoir donné le coup d'envoi à une évaluation des besoins de l'hôpital de Meis el-Jabal, afin que puisse être lancée sa rénovation, dans le but de garantir l'accès aux médicaments pour les patients et de pouvoir aider au mieux ses employés. Prenant la parole lors de la visite, le député Kabalan Kabalan (mouvement chiite Amal) a appelé pour sa part à « réparer l'hôpital au plus vite ». L'infrastructure avait été mise hors service début octobre 2024 par des frappes israéliennes.
À l'hôpital de Bint Jbeil, qui « rouvre progressivement ses différents départements, à commencer par les soins intensifs et le service de dialyse », M. Nassereddine a dénoncé les « attaques délibérées » d'Israël contre le personnel médical pendant la guerre. Il a réitéré l'engagement du gouvernement à « reconstruire et restaurer », en ne s'arrêtant pas à la seule rénovation des bâtiments mais à se pencher aussi sur la situation du personnel médical. « Les habitants de la région ne peuvent pas rester sans soins de santé, et nous promettons de coopérer avec les donateurs pour accomplir ce qui doit l'être », a-t-il ajouté.
L'armée israélienne n'avait pas épargné les hôpitaux, centres de soins et organisations de secours , lors de l'escalade de son offensive entre le 23 septembre 2024 et l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 27 novembre.
Peu après le début de la trêve, le ministre de la Santé Firas Abiad avait indiqué qu'au moins 223 membres du personnel de santé avaient été tués dans des frappes israéliennes, et que le secteur sanitaire avait subi 368 attaques, principalement sur des centres de secours et ambulances (238). 68 frappes ont visé des hôpitaux, avait ajouté le Dr Abiad. Le rapport indique également que toutes ces attaques ont été enregistrées au Liban-Sud, dans la Békaa et dans la banlieue sud de Beyrouth, les trois zones ayant très majoritairement été ciblées par les frappes aériennes de l’armée israélienne.

