Le Premier ministre Yair Lapid dirige une réunion du cabinet à Jérusalem, le 20 novembre 2022. Photo d'illustration Menahem KAHANA/POOL/AFP
Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, a proposé mardi que l'Egypte assume la responsabilité de la bande de Gaza pour huit ans une fois la guerre entre Israël et le Hamas terminée, en échange d'un allégement massif de sa dette.
« La solution consiste à confier à l'Egypte la gestion de la bande de Gaza pour une durée de huit ans, avec une option de prolongation jusqu'à 15 ans », a déclaré l'ancien Premier ministre israélien devant un cercle de réflexion à Washington.
« Dans le même temps, sa dette extérieure sera remboursée par la communauté internationale et les alliés régionaux », a-t-il dit, en faisant valoir la situation économique en Egypte qui est « au bord du gouffre » et le risque d'une déstabilisation de ce pays qui pourrait « tomber aux mains des Frères musulmans ou pire ».
« L'Egypte dirigera une force de paix en partenariat avec les Etats du Golfe et la communauté internationale pour la gestion et la reconstruction de Gaza », dévasté par la guerre provoquée par l'attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023, a poursuivi M. Lapid devant la « Fondation pour la défense des démocraties (FDD) ».
Cela permettra, a-t-il dit, de créer les conditions d'une « autogestion » dans la bande de Gaza actuellement contrôlée par le Hamas, qui deviendrait « totalement démilitarisée ».
Selon lui, ce plan n'est pas « en contradiction » avec celui du président américain Donald Trump qui a proposé de prendre le contrôle du territoire palestinien et de déplacer ses 2,4 millions d'habitants en Jordanie et en Egypte.
Son projet a soulevé un tollé international, Israël l'a toutefois soutenu.
« Il convient de noter que la proposition ne contredit pas l'idée présentée par le président Trump selon laquelle les Etats-Unis et la communauté internationale reconstruiront Gaza », a ainsi affirmé M. Lapid.
« Bien au contraire. Elle crée la condition, les conditions de la reconstruction de Gaza. »
Il suggère encore que « l'Egypte prenne le contrôle de la bande de Gaza par le biais d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, y compris la sécurité intérieure et les affaires civiles ».
Des pays du Golfe, l'Egypte et la Jordanie ont tenu vendredi dernier un sommet « informel » à Ryad, pour discuter d'un plan alternatif au projet de Donald Trump, mais très peu de détails ont filtré.
Un autre sommet arabe est prévu en Egypte le 4 mars.
Le coût de la reconstruction de la bande de Gaza est estimé à plus de 53 milliards de dollars, selon l'ONU.
Une trêve fragile entre Israël et le Hamas est en vigueur dans le territoire palestinien depuis le 19 janvier.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a suspendu samedi la libération de 620 prisonniers palestiniens - prévue par l'accord - qui devait suivre celle de six otages israéliens par le Hamas.


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