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Culture - Livre/ Vient De Paraître

« Fais signe à la nuit » du Dr Georges Haddad : parenthèse amoureuse à Salamanque... de son double de papier

Mélomane, féru de culture, d’histoire et de voyages, ce médecin neurochirurgien livre un premier roman à son image. Dense et, malgré une certaine mélancolie, qui célèbre la vie avec intensité.

« Fais signe à la nuit » du Dr Georges Haddad : parenthèse amoureuse à Salamanque... de son double de papier

Le Dr Georges Haddad, auteur de « Fais signe à la nuit » (éditions Antoine) à Salamanque. Photo DR

Qu’est-ce qui a bien pu pousser Sharareh, violoniste libano-arménienne d'origine iranienne, à accepter de s’envoler pour Salamanque avec un homme fugacement croisé quelques jours plus tôt, pendant un concert classique de l’Orchestre national libanais à Beyrouth ?

Sans doute le goût du défi. Ou alors la recherche d’une connexion avec autrui, voire avec soi-même ! Signe du destin, le nom de cette femme qui part sur un coup de tête avec un inconnu signifie « étincelle ». Celle-ci jaillira-t-elle de la brève liaison qui se nouera entre elle et son compagnon de voyage, un neurochirurgien libanais, épris de... Salamanque ?

En illustration de la couverture de son roman, une vue de la Plaza Mayor à Salamanque, prise par Georges Haddad. Photo DR
En illustration de la couverture de son roman, une vue de la Plaza Mayor à Salamanque, prise par Georges Haddad. Photo DR


Un homme à la fibre romanesque

Inspirée d’un voyage qu’a fait l’auteur il y a une quinzaine d’années et dont il était revenu « amoureux de cette ville », l’intrigue de Fais signe à la nuit (Antoine – 257 pages) que signe le Dr Georges Haddad est fidèle à son titre poétique et mystérieux. Et cela même si la trame romanesque est traversée d’un nombre non négligeable de passages historiques et d’évocations littéraires et philosophiques. Toutes ces disciplines de l’esprit que semble goûter son héros. Ou devrait-on peut-être dire son double sur papier, Georges Haddad étant lui-même un neurochirurgien aux multiples autres centres d’intérêt. Grand lecteur, féru de culture, ce médecin doublé d’un mélomane averti – qui a d’ailleurs tiré le titre de son roman d’un aria de l’opéra Tristan et Isolde de Wagner – remplit des amphithéâtres à craquer lors des conférences musicales qu’il donne à l’Université américaine de Beyrouth (AUB) ou dans le cadre du Festival al-Bustan. Et dans lesquelles il entraîne son auditoire, avec un enthousiasme partageur, mais sans prétention, dans les arcanes des âmes et des répertoires de Rachmaninov, de Liszt ou encore et surtout de Jean-Sébastien Bach, ce dernier auquel il voue une passion absolue.

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Et puis il y a l’écriture dans la vie de Georges Haddad. Longtemps restée une activité quasi clandestine à laquelle il s’adonnait quotidiennement dans un désir de donner libre cours à son besoin d’exprimer ses idées et sa sensibilité romanesque, elle a pris au fil du temps de plus en plus d’ampleur, le poussant d’abord à participer à des ouvrages collectifs, puis à réunir quelques-unes de ses nouvelles dans un recueil.

Des déambulations historico-touristiques

Avec Fais signe à la nuit qui vient de sortir aux éditions A. Antoine* , il est enfin passé à la vitesse supérieure. « Enfin », car cette histoire d’amour et de mort « entre un homme, une femme et une ville », ce primo-romancier la portait en lui depuis près de quinze ans. Depuis ce fameux voyage à Salamanque dont il était revenu totalement captivé. Autant par la beauté architecturale de cette ville espagnole, « aux bâtisses en pierre de taille qui resplendissent d’une couleur dorée au coucher », que par sa riche histoire de cité dédiée au savoir, et dont la très ancienne université avait vu passer d’éminentes personnalités comme l’astrologue, astronome et mathématicien Abraham Zacuto, le moine traducteur du Cantique des Cantiques, Fray Luis de Léon, ou encore le poète, romancier et dramaturge Miguel de Unamumo.

De là à faire de cette ville, aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’Unesco, le cadre des déambulations amoureuses des protagonistes de son premier grand opus était une évidence pour cet hispanophile. Voulant aussi éviter de faire « dans le traditionnel récit d’enfance et de guerre ou la biographie familiale libanaise », confie-t-il à L’Orient-Le Jour, il livre donc aux lecteurs un récit qui s'articule autour de personnages confrontés à leurs angoisses, leurs désirs et leurs souvenirs. Un homme et une femme en quête de résilience sur fond d’échappée touristique à Salamanque, saupoudrée d’un certain suspense existentiel.

Un livre différé

Un roman sous-tendu d’une réflexion profonde sur la condition humaine, la mort et le sens de la vie. Et dont le sous-titre Un livre différé renvoie éloquemment à une citation d’Emil Cioran choisie pour exergue : « Un livre est un suicide différé » (L’inconvénient d’être né).

« C’est un roman qui m’a tenu compagnie durant plus d’une décennie. Je suis passé par beaucoup de choses au cours de ces années, mais j’y revenais à chaque fois. Je voulais à tout prix rendre hommage à cette ville à ma manière. J’espère qu’il plaira à ceux qui ne trouveront pas rébarbatifs les passages descriptifs de ses monuments et sites emblématiques », dit avec sa modestie non feinte l’auteur de Fais signe à la nuit dont on ressort, certes, riche de connaissances acquises sur l’histoire de Salamanque, entre autres… Mais surtout avec cette question tapie au fond du crâne : « Que ferions-nous de nos derniers jours si on se savait condamnés à court terme ? »

*Georges Haddad signera son roman « Fais signe à la nuit » (éditions A. Antoine, 257 pages) le dimanche 2 mars, de 16h à 18h, à la Mie Dorée près de la Librairie Antoine de l'ABC, Achrafieh.

Qu’est-ce qui a bien pu pousser Sharareh, violoniste libano-arménienne d'origine iranienne, à accepter de s’envoler pour Salamanque avec un homme fugacement croisé quelques jours plus tôt, pendant un concert classique de l’Orchestre national libanais à Beyrouth ?Sans doute le goût du défi. Ou alors la recherche d’une connexion avec autrui, voire avec soi-même ! Signe du destin, le nom de cette femme qui part sur un coup de tête avec un inconnu signifie « étincelle ». Celle-ci jaillira-t-elle de la brève liaison qui se nouera entre elle et son compagnon de voyage, un neurochirurgien libanais, épris de... Salamanque ?En illustration de la couverture de son roman, une vue de la Plaza Mayor à Salamanque, prise par Georges Haddad. Photo DR Un homme à la fibre romanesque Inspirée d’un voyage qu’a fait...
commentaires (2)

Georges tu ne cesses de nous étonner! Neurochirurgien , melomane , feru de culture et sindbad des temps modernes; Quoi encore dans ton nouveau chapitre de vie?

Robert Moumdjian

12 h 26, le 27 février 2025

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Commentaires (2)

  • Georges tu ne cesses de nous étonner! Neurochirurgien , melomane , feru de culture et sindbad des temps modernes; Quoi encore dans ton nouveau chapitre de vie?

    Robert Moumdjian

    12 h 26, le 27 février 2025

  • Impressionant! Un homme de sciences et de culture!

    Cadmos

    05 h 53, le 27 février 2025

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