Le choc, parfois assorti de colère, prévaut vendredi en Israël, après l'annonce qu'un des corps remis la veille par le Hamas avec ceux des deux enfants Bibas, devenus des symboles de la tragédie des captifs à Gaza, n'était pas celui de leur mère, Shiri Bibas.
"C'est l'un des jours les plus tristes de ma vie", déclare à l'AFP Elisheva Flamm Oren, une assistante sociale de 66 ans.
"Elle (Shiri Bibas) pourrait être une de mes filles. J'ai des filles de cet âge. J'ai des petits-enfants de cet âge", confie-t-elle.
Elle ajoute ressentir de la "rage" envers le Hamas, et de la "frustration" envers le gouvernement israélien pour ne pas avoir résolu la crise des otages enlevés à Gaza lors de l'attaque du mouvement islamiste palestinien du 7 octobre 2023.
Le Hamas avait affirmé que trois des quatre dépouilles qu'il a restituées jeudi à Israël, dans le cadre de la trêve en cours dans le territoire palestinien, étaient celles de Shiri Bibas et de ses deux garçonnets, dont le père a été libéré de Gaza le 1er février.
Mais vendredi, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que l'un des corps était celui d'une femme de Gaza et non de Shiri Bibas, imputant au Hamas une violation "cruelle" de l'accord de cessez-le-feu en vigueur à Gaza depuis le 19 janvier, après 15 mois de guerre.
"Ramener un autre corps et prétendre que c'est le sien, en faire une cérémonie, que je n'ai pas pu supporter, et découvrir que non, ce n'était pas elle....", égrène Flamm Oren, que l'émotion empêche de terminer sa phrase.
Le Hamas et d'autres mouvements armés alliés ont mis en scène la remise des corps à la Croix-Rouge à Gaza, en exposant sur un podium quatre cercueils noirs portant chacun la photo d'un des otages. Au-dessus, un poster montrait M. Netanyahu le visage maculé de sang, affublé de dents de vampire. La quatrième dépouille est celle d'un otage octogénaire.
- "L'innocence" -
A l'instar de nombreux Israéliens, Brigitte Anor souligne la place particulière de la famille Bibas parmi les otages. Les deux garçons Kfir et Ariel, à la rousseur devenue emblématique et qui avaient respectivement huit mois et demi et quatre ans au moment de leur enlèvement, représentaient "l'innocence", dit-elle.
"J'ai pleuré en pensant à ces enfants", déclare à l'AFP cette retraitée de 68 ans.
Hannah Yaffe, une militante pacifiste de 69 ans, souligne que la famille Bibas doit être dévastée par cette nouvelle. Ofri Bibas, tante des enfants, a déclaré que la famille attendait toujours de connaître le "sort" de Shiri Bibas.
Mais Mme Yaffe met en garde contre les appels à réagir par la violence. "Je ne pense pas que la réaction appropriée soit d'interrompre le cessez-le-feu" dans la bande de Gaza, dont la première phase doit s'achever le 1er mars.
Le mouvement islamiste palestinien a reconnu "une possible erreur" dans l'identification des corps.
Ce peut être une erreur. Cela peut être délibéré. Il peut s'agir de n'importe quoi", , estime David Shemer, un musicien de 72 ans, qui a cessé "depuis longtemps" de tenter de décrypter le "raisonnement" du Hamas.
"Franchement, je ne me soucie pas de leurs raisons", ajoute M. Shemer. Lui aussi émet l'espoir qu'Israël ne ripostera pas: "nous ne devons pas le faire. La vengeance est une impulsion très humaine, mais elle est inutile".
M. Netanyahu a juré de punir le Hamas pour les "meurtres horribles" des deux enfants Bibas.
Le Hamas affirme que la mère et ses garçonnets ont été tués lors d'une frappe israélienne en novembre 2023, peu après le début de la guerre dans la bande de Gaza.
Mais l'armée israélienne a affirmé vendredi que les deux enfants avaient été "tués par des terroristes à mains nues".
Selon l'armée israélienne, sur 251 personnes enlevées le 7-Octobre, 67 sont toujours retenues à Gaza, dont 35 mortes.
lsb-lba/bfi/cab
© Agence France-Presse
"C'est l'un des jours les plus tristes de ma vie", déclare à l'AFP Elisheva Flamm Oren, une assistante sociale de 66 ans.
"Elle (Shiri Bibas) pourrait être une de mes filles. J'ai des filles de cet âge. J'ai des petits-enfants de cet âge", confie-t-elle.
Elle ajoute ressentir de la "rage" envers le Hamas, et de la "frustration" envers le gouvernement israélien pour ne pas avoir résolu la crise des otages enlevés à Gaza lors de l'attaque du mouvement islamiste palestinien du...


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