Vue sur les silos du port de Beyrouth, en juin 2024. Photo L'OLJ/Mohammad Yassine.
La double explosion au port de Beyrouth en 2020 est l’une des principales priorités du nouveau ministre de la Justice Adel Nassar, selon lequel « aucune édification de l’État n’est possible sans que l’acte d’accusation ne soit publié dans l’affaire du port ». Dans une déclaration jeudi soir sur la chaîne MTV, M. Nassar a précisé qu’il ignorait naturellement le contenu du document et la date de sa parution, sans quoi ce serait une anomalie. Les autres priorités de son ministère sont les permutations judiciaires et le vote de la loi sur l’indépendance de la justice.
La double explosion au port de la capitale libanaise, due à la déflagration de plus de 500 tonnes de nitrate d’ammonium stockées illégalement, a fait plus de 230 tués et 6000 blessés le 4 août 2020. Le dossier, confié au juge Tarek Bitar, a été entravé à plusieurs reprises par le refus de personnalités soupçonnées d'implication dans ce crime de comparaître devant le juge, qui a lui-même fait l’objet de plusieurs plaintes visant à l’empêcher de poursuivre son enquête. Depuis l’élection d’un nouveau président de la République en janvier, après plus de deux ans de vacance, et la formation d’un gouvernement quelques semaines plus tard, M. Bitar a repris les interrogatoires, en vue de publier un acte d’accusation, attendu impatiemment par les familles des victimes.
Lors de son entretien télévisé, M. Nassar a fustigé « les ingérences politiques indéniables dans le dossier du port ». «Pour sa part, M. Bitar n’a pas cédé aux intimidations exercées sur sa personne pour l'obliger à arrêter l’enquête», a-t-il poursuivi.
« Le rôle du ministère de la Justice n’est pas d’intervenir dans les affaires juridiques, mais de prendre les mesures qu’il faut pour protéger les magistrats contre les pressions et les ingérences », a-t-il dit.
Le ministre a par ailleurs promis « de signer les permutations judiciaires qui lui parviendront, même s’il y apposera ses remarques, parce qu’ (il a) confiance dans le président du Conseil supérieur de la magistrature Souheil Abboud ».
Le gouvernement de Nawaf Salam, dont Adel Nassar fait partie, a été formé le 8 février. Les sessions parlementaires pour le vote de confiance ont été fixées par le chef du Parlement Nabih Berry à mardi et mercredi prochains.



Pour commencer il va falloir punir sévèrement la majorité des justiciers en place, pour avoir trahi leur serment en vendant leur âme au diable moyennant postes et dollars frais. Il faut qu’ils servent de leçon pour leurs successeurs
16 h 02, le 21 février 2025