L’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé. Photo d’archives AFP
Alors que son départ à la retraite est prévu le 1er mars, la procureure générale près du parquet d’appel du Mont-Liban continue de mener sa bataille dans les dossiers liés à l’ancien gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé. Elle a engagé jeudi de nouvelles poursuites contre lui, notamment pour détournement de fonds et enrichissement illicite, dans l’affaire Optimum Invest SAL. Cette société de courtage est liée, selon les cabinets internationaux d’audit Alvarez & Marsal et Kroll, à des « commissions injustifiées » s’élevant à 8 milliards de dollars. Selon un montage financier, la BDL aurait vendu des bons du Trésor libanais à Optimum, qu’elle rachetait peu après à un prix bien plus élevé.
L’ancien président de la société Optimum Antoine Salamé est également ciblé par la procureure, ainsi que l'ancien directeur exécutif de la BDL, Raja Abou Asli. Selon une source judiciaire interrogée par L’Orient-Le Jour, il serait reproché à ce dernier un conflit d’intérêts, en raison de ses fonctions à la banque centrale et de son rôle de partenaire de la société Optimum.
La magistrate a également engagé des poursuites contre le gouverneur de la BDL par intérim, Wassim Manssouri. Selon la source précitée, ce dernier n’avait pas satisfait sa demande de lui communiquer des informations sur le sort de montants suspects, contrairement à la nouvelle loi du secret bancaire (2022). En cas de suspicion d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent, ce texte impose à la Commission spéciale d’investigation (CSI) présidée par le gouverneur de la BDL de lever le secret bancaire sur demande de la justice, indique la même source.
Or, selon un document auquel L’OLJ a pu avoir accès, le procureur général de cassation par intérim, Jamal Hajjar, a demandé à M. Manssouri de ne pas coopérer avec la juge Aoun. Celle-ci est en effet mise à l’écart de tous les dossiers financiers, depuis qu’en juin 2024, le chef du parquet lui avait demandé de les lui remettre et qu’elle avait refusé. Selon une source judiciaire, M. Manssouri a suivi les instructions du juge Hajjar, à qui il a remis les documents et renseignements qu’il détient.
Mme Aoun a transféré les dossiers de poursuites au premier juge d’instruction du Mont-Liban, Nicolas Mansour, comme elle l’avait fait pour les poursuites engagées lundi contre Riad Salamé qu’elle accuse d’avoir accordé des dollars frais à cinq banques (Bank Audi, Bank of Beirut, SGBL, BankMed, Crédit libanais) après le début de la crise financière survenue en octobre 2019. D’ores et déjà, M. Mansour a également entre les mains les dossiers des poursuites contre ces établissements accusés par la procureure d’appel d’avoir fait sortir du pays 3,5 milliards de dollars au total, alors que les déposants n’avaient pratiquement plus accès à leurs fonds.




Pourquoi s’acharner puisqu’il est aux mains de la justice locale et internationale. Elle ferait mieux de s’intéresser aux membres de sa famille qui ont pillé et vendu le pays. Salame n’était que leur exécutant moyennant commission.
15 h 16, le 21 février 2025