Le président français Emmanuel Macron au Palais de l'Élysée à Paris, le 29 janvier 2025. Photo Thomas SAMSON / AFP
Des Syriens réfugiés en France et réunis dans un collectif « Liberté d'agir, droit de revenir », demandent dans une lettre à Emmanuel Macron consultée mercredi par l'AFP de pouvoir revenir temporairement dans leur pays pour participer à sa reconstruction, sans perdre leurs droits en France.
Un mois et demi après la chute de Bachar al-Assad, « en ce moment crucial pour la Syrie (...), il est essentiel que les réfugiés syriens puissent participer activement à la reconstruction de leur pays tout en bénéficiant de la protection internationale à laquelle ils ont droit », écrivent les huit membres du collectif.
Ils assurent représenter « 14 Syriennes et Syriens issus de tous les gouvernorats, de diverses appartenances politiques, ethniques et religieuses ».
Ils formulent plusieurs demandes au président Emmanuel Macron et à son envoyé spécial pour la Syrie, Jean-François Guillaume.
D'abord, « le droit au retour temporaire sans perte de protection subsidiaire ou du droit d’asile », de manière « sécurisé, volontaire et encadré juridiquement, avec une garantie absolue de retour en France », afin de « participer à la transition politique et démocratique en Syrie ».
Ils demandent, en outre, de pouvoir « participer aux processus démocratiques (dans leur pays) sans renonciation au statut de réfugié ».
Leur lettre, datée du 15 janvier, a été transmise mercredi à l'AFP par leurs avocats, Me Romain Ruiz et Raphaël Kempf, qui ont également interpellé le chef de l'Etat dans une lettre distincte lundi en plaidant pour une « solution technique à cet enjeu fondamental », un « sauf-conduit » permettant à « ces réfugiés de se rendre en Syrie et de revenir en France sans perdre leur protection et donc leur droit au séjour ».
« Pour éviter que la Syrie redevienne un État autoritaire (...), la participation de la diaspora syrienne au débat public et démocratique syrien est absolument capitale », insistent les avocats.
Début janvier, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, avait évoqué la possibilité de « dérogations » au vu de la « situation particulière ».
Il avait aussi annoncé la suspension de quelque 700 dossiers de demande d'asile déposés par des Syriens en France, le temps de voir comment évolue la transition politique à Damas.
Environ 45.000 Syriens bénéficient du statut de réfugié politique sur le territoire français, y compris ceux qui ont fui leur patrie depuis le début des soulèvements contre Bachar al-Assad en 2011, selon l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra).


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