Le chef des Kataëb, le député Samy Gemayel. Photo Ani.
Le président de la République Joseph Aoun a reçu lundi après-midi au palais présidentiel de Baabda le chef des Kataëb, le député Samy Gemayel, qui a redit sa confiance dans l’armée et l’Etat, en rappelant qu’il est de leur rôle d’assurer un retour sécurisé des Libanais dans leurs villages au Sud et que ce sujet ne « devrait pas être exploité à des fins politiques », dans une critique au Hezbollah.
« Assurer un retour sécurisé est une responsabilité fondamentale du président et du futur gouvernement, a déclaré à ce sujet M. Gemayel. Ce sujet ne devrait pas être exploité à des fins politiques. Notre confiance dans l’armée et l’État est grande. Ces derniers accomplissent leurs devoirs pour garantir ce retour. Il est impératif de ne pas politiser cette question ».
Le retrait des troupes israéliennes, initialement prévu pour dimanche, marquant la fin des 60 jours fixés par l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre, s’est accompagné de violences. Dimanche, 24 personnes, dont six femmes, ont été tuées, et plus de 100 blessées par des tirs de l’armée israélienne, alors qu’elles tentaient, avec des centaines d’autres habitants, de regagner leurs villages détruits. Lundi, deux personnes ont également été tuées et 17 autres blessées, dont un enfant et un secouriste.
Pour célébrer le retour dimanche au Liban-Sud des habitants déplacés, les partisans du tandem chiite Hezbollah-Amal ont paradé à mobylette le soir-même à Beyrouth dans certains secteurs chrétiens qui leur sont défavorables, arborant armes, drapeaux partisans et slogans provocateurs, notamment dans les quartiers de Furn el-Chebbak et de Aïn el-Remmané, de la rue Gouraud à Gemmayzé, et de Hazmieh. Une démonstration vivement critiquée sur les mêmes réseaux et par plusieurs parties politiques. Lundi, l’armée libanaise a annoncé dans un communiqué avoir mobilisé des patrouilles pour rechercher « plusieurs personnes impliquées » dans cette parade dont plusieurs ont été arrêtées.
« Lorsque nous prônons une attitude positive et invitons les autres à collaborer pour reconstruire le Liban, ces réponses sont inappropriées, a commenté M. Gemayel. J’espère que nous sortirons de ces comportements pour adopter une approche constructive et égalitaire ». « Je comprends que certains Libanais ressentent que leurs droits sont bafoués, mais nous insistons sur le fait que personne ne devrait être privé de ses droits. Nous appelons tous les Libanais à s’unir autour des principes de l’État pour construire le pays », a-t-il encore souligné.
« Nous remplissons nos devoirs avec pour objectif d’ouvrir une nouvelle page dans l’histoire du Liban, fondée sur la souveraineté de l’État, l’égalité entre les Libanais et le monopole des armes entre les mains de l’armée libanaise », a également déclaré M. Gemayel dans une allusion aux armes du Hezbollah.
Le chef des Kataëb a aussi rappelé que « la reconstruction du Sud, le financement de la relance du pays et le retrait des Israéliens du Sud nécessitent un gouvernement fonctionnel. « Retarder ce processus ne profite à personne », a-t-il indiqué.
« Le président Aoun représente pour nous et pour de nombreux Libanais un symbole de l’autorité de l’État, de son prestige et de la reprise de sa souveraineté. Nous appelons ici toutes les forces politiques à faciliter le travail du président et du Premier ministre désigné afin de relancer rapidement les institutions de l’État », a-t-il dit estimant que « le gouvernement devra être composé de personnes compétentes capables de résoudre les problèmes des Libanais et de redonner espoir aux citoyens ». « À aucun moment, le parti Kataëb n’a été accusé de bloquer la formation du gouvernement. Nous ne le serons jamais », a-t-il encore déclaré.
Enclenché dans le sillage de l’élection, le 9 janvier, du général Joseph Aoun à la présidence libanaise au terme de plus de deux ans de vacance, puis de la désignation de l’ancien juge de la Cour internationale de justice (CIJ) Nawaf Salam comme Premier ministre, le processus de formation d’un nouveau gouvernement semble traîner, notamment en raison de la pression exercée par le tandem chiite Amal-Hezbollah pour obtenir certains ministères-clés.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine