Vue d'ensemble de Tel Aviv. Photo d'illustration Gil Cohen-Magen/AFP
Dans un communiqué conjoint, la police israélienne et les services de sécurité intérieure (le Shin Bet) ont annoncé l'arrestation de deux réservistes de l'armée israélienne déployés dans le nord d'Israël, soupçonnés d'avoir agi pour le compte d'un agent iranien en échange d'un paiement.
Les deux suspects, Yuri Elisfov et Georgiyan Drayev, âgés tous deux de 21 ans, sont accusés d'avoir transféré des informations classifiées et d'avoir aidé l'ennemi en temps de guerre, selon les médias israéliens qui ont relayé l'information, dont Haaretz, le Times of Israel, le Jerusalem Post et Ynet.
Selon le bureau du procureur de l'État, Yuri Elisfov a reçu au moins 2 500 dollars selon le chiffre relayé par Ynet et le Jerusalem Post (le Haaretz fait état de 12 600 shekels, soit 3 500 dollars) pour ses services, tandis que Georgiyan Drayev n'aurait perçu que 50 dollars, selon Ynet. Le premier des jeunes réservistes avait commencé à effectuer des missions pour un agent iranien en septembre dernier et avait également recruté son ami, toujours selon le communiqué de la police et du Shin Bet.
Les deux suspects ont notamment peint à la bombe des graffitis dans le nord d'Israël et à Tel Aviv, et ont accroché des banderoles portant le slogan « Les enfants de Rouhollah », en référence à l'ayatollah Khomeini, l'ancien chef suprême iranien décédé en 1989 et guide spirituel de la révolution islamique de 1979, selon le communiqué.
Dôme de fer
À un moment donné, selon les accusations, les deux hommes ont aussi échangé des informations sur des opérations secrètes menées pour le compte de l'Iran, et Georgiyan Drayev a décidé de mettre un terme à son implication. Cependant, Yuri Elisfov, qui sert dans une unité du Dôme de fer de l'armée israélienne - son système de défense anti-missile - et a accès à des informations classifiées, a continué à suivre les instructions de l'agent iranien, lui envoyant une vidéo qu'il avait filmée pour montrer le fonctionnement du système. Selon la police, la vidéo contenait des informations très sensibles, qui auraient causé des dommages importants aux opérations de l'armée.
Cette affaire fait écho à une autre arrestation d'envergure annoncée par la police israélienne le 21 octobre dernier, alors que l'offensive de l'armée de l'État hébreu contre le Hezbollah avait été lancée et que la guerre de Gaza semblait loin de se terminer. La police israélienne avait affirmé avoir arrêté sept Israéliens accusés d'espionnage pour le compte de l'Iran, ayant rassemblé des informations « sensibles » sur des bases militaires et des sites énergétiques. Ces cinq adultes et deux mineurs auraient été recrutés par des agents des services de renseignements iraniens, et les informations qu'ils ont rassemblées ont « causé des dommages en matière de sécurité », avait encore indiqué la police. En décembre dernier, le Shin Bet avait annoncé l'arrestation d'un réseau de 30 personnes, pour la plupart de confession juive, qui auraient espionné pour le compte d'Israël.
Parmi les objectifs non atteints des cellules présumées figurait l'assassinat d'un scientifique nucléaire israélien et d'anciens responsables militaires, tandis qu'un groupe recueillait des informations sur les bases militaires et les défenses aériennes, a déclaré le service de sécurité. La semaine dernière, le Shin Bet et la police israélienne avaient déclaré qu'un père et son fils avaient transmis des détails sur les mouvements des forces israéliennes, y compris sur les hauteurs du Golan où ils vivaient.




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