Des installations pétrolières à Tripoli au Liban. Photo d'archives ANI
Le ministère de l'Énergie et de l'Eau a répondu aux rumeurs concernant son « prétendu manque de réactivité » dans le transfert des produits chimiques vers les installations pétrolières de Tripoli, dans un communiqué publié samedi, assurant que les travaux ont déjà d'ores et déjà commencé.
Réagissant vraisemblablement à un reportage de la MTV datant du 24 janvier, qui le met en cause et tire la sonnette d’alarme sur le lien possible entre la hausse des cancers dans la région et le stockage de ces produits, l’institution a balayé des « accusations infondées », assurant qu’elle s’est engagé « depuis plus de deux ans dans le conditionnement et le transferts des produits chimiques présents dans des installations de Tripoli et de Zahrani ».
Pour rappel, un document de la Direction du pétrole au sein du ministère de l'Énergie daté du 15 janvier 2024, indiquait la présence de matières telles que de l'hydroxyde de sodium ou encore du bifluorure d'ammonium, des substances corrosives et « hautement toxiques ». En mars de la même année, une centaine de manifestants répondant à l’appel de l’Union des municipalités d’al-Fayha et d’autres syndicats du Liban-nord s'étaient rassemblés devant les installation pétrolières situées au sud de la ville de Tripoli pour y dénoncer la présence de ces produits dangereux.
Projet de décret
Selon le ministère, la société AGROMEC, qui a remporté l’appel d’offre public contre quatre concurrents, possède « l’expérience requise pour ce type de travaux sensibles qu'il « a déjà commencé sans délai ». Le communiqué indique que « compte tenu de l’urgence et de l’importance de ce projet pour la santé publique, ce contrat a bénéficié d’une approbation exceptionnelle du président de la République, Joseph Aoun, validée par le Premier ministre sortant, Najib Mikati, le 20 janvier 2025 ».
Ce projet de décret devra être porté ultérieurement devant le Conseil des ministres, afin de valider son financement. « AGROMEC a effectué les tests nécessaires pour garantir la sécurité des matériaux et a reçu un rapport officiel de l’armée libanaise confirmant l’absence de radioactivité », affirme le communiqué.
Après avoir achevé le conditionnement à Zahrani, l’entreprise progresse actuellement dans les installations de Tripoli et se prépare à transporter les matériaux vers un laboratoire spécialisé en Europe pour leur traitement et élimination, conformément aux normes internationales et aux autorisations environnementales, assure en outre le ministère de l’Énergie.
La présence de ces produits est devenue plus sensible après l'explosion dévastatrice au port de Beyrouth le 4 août 2020, causée par du nitrate d'ammonium mal stocké. Si le début de la guerre à Gaza, puis au Liban-Sud, a détourné l'attention de la question des matières dangereuses au Liban, de nouvelles controverses l'ont fait resurgir.
En juin 2024, l’État avait été interpellé en raison de substances dangereuses dans la centrale électrique de Zouk. Nagib Mikati avait alors balayé les craintes en affirmant que les produits chimiques étaient « dans un état stable », « stockés de manière appropriée et inspectés régulièrement ». Les produits dans la centrale de Zouk « ne constituent pas une menace pour la sécurité et la santé publique des environs de l'usine, contrairement à ce qui a été diffusé dans les médias », avait alors affirmé le Premier ministre sortant.



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