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Dernières Infos - Tunisie

Peine réduite à un an et six mois contre l'avocate Sonia Dahmani


Une manifestation organisée à Toulouse en soutien à l'avocate, le 16 mai 2024. AFP/Pat Batard

La Cour d'appel de Tunis a réduit vendredi à un an et six mois une peine de prison à l'encontre de l'avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, poursuivie pour des publications médiatiques sur le racisme en Tunisie, selon des médias locaux.

En détention depuis le 11 mai 2024, Mme Dahmani avait été condamnée, en octobre 2024, en première instance, à deux ans de prison en vertu d'un décret présidentiel sur les "fausses nouvelles", critiqué par les défenseurs des droits pour une interprétation trop large.

Lors d'une audience vendredi, la défense a demandé un non-lieu et la libération immédiate de l'avocate, critique virulente de la politique du président Kais Saied, a indiqué à l'AFP son avocat Chawki Tabib, qui n'avait pas encore reçu notification de la réduction de peine.

Avant ce verdict, la Fédération internationale des droits humains (FIDH) avait appelé à mettre "fin à la persécution judiciaire ciblant les voix dissidentes en Tunisie". 

La chroniqueuse, arrêtée en direct devant des télévisions par des policiers masqués entrés au siège de l'Ordre des avocats, est poursuivie dans cinq affaires, selon Me Tabib. Elle a plusieurs fois évoqué dans des médias la situation des migrants dans le pays et les problèmes de racisme. 

Elle avait été condamnée en juillet 2024 dans une autre affaire à un an de prison en première instance, une peine réduite à huit mois en appel, en septembre dernier. Ce procès a été décrit par la FIDH comme "expéditif, sans débat sur le fond et sans défense".

Il était reproché à l'avocate d'avoir ironisé sur un plateau télévisé en mai 2024 sur la possibilité que les migrants subsahariens veuillent s'installer durablement en Tunisie malgré une grave crise économique. "De quel pays extraordinaire parle-t-on?", avait-elle lancé à un autre chroniqueur qui venait de l'affirmer.

En février 2023, M. Saied avait fustigé l'arrivée de "hordes de migrants subsahariens illégaux" et un "complot" pour "changer la composition démographique" de la Tunisie, un discours qui avait déclenché une violente campagne antimigrants dans le pays.

Elu démocratiquement en 2019 et réélu en octobre dernier, M. Saied est accusé de dérive autoritaire depuis un coup de force en juillet 2021 où il s'est emparé des pleins pouvoirs.

Depuis l'entrée en vigueur du décret 54 en 2022, plus de 60 journalistes, avocats et figures de l'opposition ont été poursuivis ou condamnés sur cette base, selon le Syndicat national des journalistes tunisiens. 

kl/fka/cab

© Agence France-Presse

La Cour d'appel de Tunis a réduit vendredi à un an et six mois une peine de prison à l'encontre de l'avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, poursuivie pour des publications médiatiques sur le racisme en Tunisie, selon des médias locaux.

En détention depuis le 11 mai 2024, Mme Dahmani avait été condamnée, en octobre 2024, en première instance, à deux ans de prison en vertu d'un décret présidentiel sur les "fausses nouvelles", critiqué par les défenseurs des droits pour une interprétation trop large.

Lors d'une audience vendredi, la défense a demandé un non-lieu et la libération immédiate de l'avocate, critique virulente de la politique du président Kais Saied, a indiqué à l'AFP son avocat Chawki Tabib, qui n'avait pas encore reçu notification de la...