L'écluse de Miraflores du canal de Panama est photographiée à Panama City le 23 décembre 2024. Photo AFP/ARNULFO FRANCO
Le canal de Panama n'a pas été « un cadeau » des Etats-Unis, a affirmé mercredi à Davos le président du Panama José Raul Mulino, après la menace du chef d'Etat américain Donald Trump d'en « reprendre » le contrôle.
« Le canal de Panama appartient au Panama et continuera d'appartenir au Panama. Le canal de Panama n'a pas été une concession ou un cadeau des États-Unis », a lancé le dirigeant lors d'une table ronde organisée à l'occasion de la réunion du Forum économique mondial en Suisse.
Selon lui, son pays « ne se laisse pas distraire par ce genre de déclarations ».
Dans son discours d'investiture lundi, Donald Trump a réitéré sa menace de « reprendre » le contrôle du canal de Panama, voie navigable entre l'Atlantique et le Pacifique construite par les Etats-Unis, inaugurée en 1914 et transférée au Panama en 1999.
« Nous avons été très maltraités par ce cadeau insensé qui n'aurait jamais dû être fait. La promesse que nous avait faite le Panama n'a pas été tenue », a déclaré Donald Trump, en affirmant que les navires américains étaient « gravement surtaxés ».
Le président Trump a également affirmé que « la Chine exploite le canal de Panama ».
« On ne peut pas contourner purement et simplement le droit international pour imposer ses critères », a rétorqué M. Mulino mercredi, jugeant la position de Trump « mal informée ».
Le gouvernement panaméen a aussi exprimé mardi devant le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres sa préoccupation face à l'intention affichée du président américain, tandis que la Chine a souligné mercredi n'avoir « jamais interféré » dans les affaires liées au canal après les attaques de M. Trump.
« Pour sortir de ce qu'il convient d'appeler une crise, il faut aussi avoir la possibilité de travailler sur d'autres questions », a par ailleurs affirmé le président panaméen, citant « les questions de sécurité. Nous avons un immense problème de migration à la frontière avec la Colombie », a-t-il dit, citant les migrations en provenance du Venezuela, de l'Equateur, jusqu'au Népal.
Interrogée par une journaliste à l'issue de la table ronde sur le risque de voir les Etats-Unis envahir le Panama le président a répondu en anglais à deux reprises, et visiblement agacé: « Soyez sérieuse ! »


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