Le sénateur américain Marco Rubio témoigne devant une audition de la commission des relations étrangères du Sénat sur sa nomination au poste de secrétaire d'État, au Capitole, à Washington, le 15 janvier 2025. Photo ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
La question de la rivalité entre Pékin et Washington a été au centre de l'audition mercredi au Sénat de Marco Rubio, le chef de la diplomatie désigné par Donald Trump.
Devant la commission des affaires étrangères, le probable futur secrétaire d'Etat de 53 ans a affirmé que la Chine était « l'adversaire le plus puissant et le plus dangereux que les Etats-Unis aient eu à affronter » dans leur histoire, doté d' »éléments que l'Union soviétique n'a jamais possédés ».
L'actuel sénateur de Floride, dont la nomination devrait être aisément confirmée par le Sénat, a accusé la Chine d'avoir « triché » en vue d'accéder au statut de superpuissance mondiale.
« Nous avons accueilli le Parti communiste chinois dans cet ordre mondial » d'après-Guerre froide, et « ils ont tiré profit de tous leurs bénéfices, mais ils ont ignoré tous leurs devoirs et responsabilités », a-t-il déclaré.
Marco Rubio a également rejeté le paradigme central dans la diplomatie de l'administration sortante de Joe Biden: donner la priorité à un ordre mondial basé sur les normes internationales, où les Etats-Unis s'efforcent de maintenir le leadership.
A la place, le slogan de Donald Trump -- « l'Amérique d'abord » -- sera appliqué.
Pour Marco Rubio, l'ordre mondial d'après-Guerre froide est non seulement « obsolète », mais est devenu « désormais une arme utilisée » contre les Etats-Unis.
« Cataclysmique »
Né à Miami de parents cubains, Marco Rubio est connu pour ses positions hostiles à la Chine et à l'Iran, et pour son soutien indéfectible à Israël.
« Si nous restons sur le chemin que nous empruntons actuellement, dans moins de dix ans quasiment tout ce qui compte pour nous dépendra de savoir si la Chine nous permettra de l'avoir ou non », a-t-il asséné.
Selon Marco Rubio, pour empêcher une invasion de Taïwan par la Chine, les Etats-Unis doivent montrer à Pékin que le prix à payer serait « trop élevé ».
La Chine et Taïwan coexistent depuis 1949 avec des gouvernements distincts, mais Pékin revendique l'île comme partie intégrante de son territoire et n'exclut pas de recourir à la force pour en prendre le contrôle.
Marco Rubio a ainsi promis mercredi que les Etats-Unis aideraient au renforcement des défenses de Taïwan, afin d'empêcher une « intervention militaire cataclysmique ».
« A moins d'un changement spectaculaire », le monde sera confronté à ce problème « avant la fin de la décennie », a-t-il affirmé.
Le sénateur a également dit soutenir les moyens diplomatiques mis en oeuvre pour parvenir mercredi à l'accord de cessez-le-feu à Gaza, mais a réitéré son soutien sans faille à Israël.
« Comment un Etat-nation sur la planète peut-il coexister, côte-à-côte, avec un groupe de sauvages comme le Hamas ? », a-t-il lancé.
« Diplomatie audacieuse »
Avant même d'entrer en fonctions le 20 janvier, Donald Trump bouscule déjà l'ordre international en malmenant les alliés des Etats-Unis.
Il a déjà menacé d'annexer le Groenland, territoire autonome du Danemark, mais aussi le canal de Panama, dont le contrôle a été cédé par les Etats-Unis il y a deux décennies.
En tant que secrétaire d'Etat, Marco Rubio sera chargé d'appliquer le slogan de Donald Trump: « la paix par la force », un vieux concept de realpolitik que le président élu veut remettre au goût du jour.
La guerre en Ukraine devrait être un autre élément important de son mandat.
Depuis l'élection le 5 novembre de Donald Trump, les Européens craignent un désengagement des Etats-Unis dans ce conflit, voire des pressions américaines pour un accord au détriment de Kiev.
Marco Rubio a appelé mercredi à une « diplomatie audacieuse » des Etats-Unis pour mettre un terme à la guerre.
Le principal problème de l'Ukraine, a-t-il affirmé, n'est pas qu'elle se trouve « à court d'argent, mais plutôt qu'elle soit à court d'Ukrainiens ».
Selon lui, « le rôle des Etats-Unis et de l'Otan au 21e siècle » doit également être questionné, dans la continuité des déclarations de Donald Trump, qui a menacé de ne plus garantir la protection des pays de l'Otan face à la Russie si ceux-ci ne consacraient pas un budget suffisant à leur défense.
Le sénateur a affirmé qu'il était important pour les Etats-Unis de ne pas avoir « seulement des alliés de défense », mais des « alliés de défense compétents, capables de défendre leur région ».


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