Une vue de la salle des pas perdus au Palais de justice de Beyrouth menant aux étages supérieurs . Photo claude ASSAF
Convoqués au téléphone par la police criminelle à une audience devant l’avocate générale près la Cour de cassation Myrna Kallas, qui devait les entendre mardi matin, le rédacteur en chef et le directeur général du site électronique Mégaphone, Samer Frangié et Jean Kassir, n’ont pas comparu. Ils se sont fait représenter par leur avocate, Diala Chéhadé.
C’est que les journalistes contestent la démarche de la police criminelle, considérant que tout acte qui leur serait reprochable relève de loi sur les imprimés. Celle-ci donne compétence aux tribunaux des imprimés et aux juridictions d’instruction, à l’exclusion des services de sécurité.
MM. Frangié et Kassir soulignent sur Mégaphone qu’ils n’ont pas eu connaissance des raisons de leur convocation, supputant qu’elle serait liée à une plainte déposée par une entreprise de télécommunications, Serta, représentée par son propriétaire Hicham Itani, après la publication d'une information relative à l’explosion de bipeurs qui avait blessé en septembre dernier des milliers de membres du Hezbollah. Une vidéo publiée par le site évoquait une possible responsabilité de la société dans certaines failles techniques ayant conduit à cet incident.
Contacté par L’Orient-Le Jour, Jean Kassir indique que si telle est la cause de la plainte, la vidéo ne faisait cependant que rapporter ce qu’un journaliste d’investigation, Firas Hatoum, avait révélé.
Pour sa part, l’avocate des deux journalistes Diala Chéhadé assure qu’elle n’a pas examiné la teneur de la plainte, considérant qu’en la forme, leur convocation est illégale à deux niveaux. « La notification n’a pas respecté la loi sur les imprimés, que la jurisprudence interprète comme incluant la presse électronique. En outre, elle a enfreint le code de procédure pénale (article 147) selon lequel la convocation doit être écrite et mentionner notamment le nom et l’adresse de la personne convoquée, l’acte qui fait l’objet des poursuites, et l’article de loi qui punit cet acte ».
L’Orient-Le Jour n’a pas pu obtenir un commentaire de l'avocate de la société Serta, auteure de la plainte contre Mégaphone.



Une convocation par téléphone!!! Ça vaut quelque chose?
08 h 26, le 15 janvier 2025