Imran Riza, coordinateur humanitaire de l’ONU au Liban. Photo ONU
La communauté internationale est-elle prête à répondre aux besoins humanitaires du Liban après 14 mois de guerre, au moins 4 047 tués et 14 655 blessés, plus d’un million de déplacés et des pertes estimées par la Banque mondiale à 8,5 milliards de dollars ? La semaine dernière, l’ONU et le gouvernement libanais avaient demandé aux pays donateurs 371,4 millions de dollars pour couvrir les aides humanitaires urgentes à la population touchée par le conflit, et ce uniquement pour les mois de janvier, février et mars. Depuis cet appel, 30 millions de dollars ont été récoltés le 10 janvier pour alimenter le Fonds humanitaire pour le Liban, un programme mis en place depuis 2014 pour subvenir aux besoins des populations les plus vulnérables dans le pays.
Le coordinateur humanitaire de l’ONU au Liban, Imran Riza, reste optimiste quant à l’obtention de l’intégralité de la somme demandée, mais reconnaît que « les besoins sont largement plus élevés » sur le long terme et que le Liban devra offrir des garanties aux pays donateurs, États-Unis, Allemagne et Royaume-Uni en tête.
Réformes
« La communauté internationale a compris qu’il y a des besoins énormes (au Liban) et ils ont accueilli notre approche inclusive qui concerne à la fois les Libanais, Palestiniens et Syriens vulnérables au lendemain de la guerre. Mais les donateurs demandent de la transparence et que les responsabilités soient assumées pour la reconstruction, ce qui veut dire qu’il faudra mettre en place des réformes » au niveau des institutions étatiques, explique M. Riza, dans un entretien à L’Orient-Le Jour.
En octobre dernier, et alors que la guerre battait son plein, l’ONU avait lancé un premier appel similaire qui lui avait permis de réunir près de 200 millions de dollars sur les 425,745 millions demandés, soit 58 % de la somme souhaitée. Cette somme avait servi à couvrir les aides dispensées en octobre, novembre et décembre 2024. « Nous avons réussi à aider 900 000 personnes lors de la première phase (entre octobre et décembre), en leur fournissant des matelas, des couvertures, de la nourriture, de l’eau courante et de l’eau potable. Nous avons même offert du matériel d’urgence aux hôpitaux », énumère Imran Riza.
« Des urgences en compétition »
Quant aux 30 millions de dollars obtenus la semaine dernière, ils seront versés « aux partenaires locaux pour fournir une assistance ciblée en matière de sécurité alimentaire, d’abris, de nutrition, de protection, de soins de santé, d’eau et d’assainissement et d’éducation », explique un communiqué de l’ONU. Cette somme « ciblera les communautés qui rentrent chez elles, les populations déplacées et les résidents restés dans les zones touchées par le conflit », à savoir le Liban-Sud, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth.
Pour identifier les bénéficiaires des aides internationales, des « évaluations sont faites par secteur, avec des représentants du gouvernement et de l’ONU ». « Nous tentons de déterminer les besoins prioritaires. Mais comment faire la priorité quand vous avez des fonds limités ? Le choix est effectué sur base humanitaire, en prenant en compte ce que l’on considère le plus urgent », indique Imran Riza.
« Nous avons des donateurs sur lesquels nous pouvons compter, mais nous devons aussi nous rappeler que le monde va très mal et qu’il y a beaucoup de crises en ce moment », souligne le responsable onusien, qui cite à titre d’exemple le Soudan, l’Ukraine, Gaza, la Cisjordanie occupée ou encore la Syrie. « Il y a des urgences en compétition (...) Nous devons leur montrer que nous sommes efficaces dans notre travail », ajoute-t-il.
« On parle de reconstruction au Liban aujourd’hui, mais il y a des populations qui essaient encore de rentrer chez elles. Beaucoup ont besoin de soutien ainsi que les communautés qui les accueillent », poursuit Imran Riza, qui appelle à subvenir aux besoins des déplacés et des autorités locales.
Malgré l’annonce du cessez-le-feu le 27 novembre dernier, de nombreux habitants de la banlieue sud de la capitale n’ont toujours pas pu rentrer chez eux, leurs habitations ayant été complètement détruites ou sévèrement endommagées. Au Liban-Sud, de nombreuses localités frontalières sont toujours occupées par l’armée israélienne, tandis que certains villages ont été entièrement rasés. D’autres ne sont toujours pas accessibles pour des raisons sécuritaires.
Imran Riza a par ailleurs loué les efforts des autorités libanaises « qui ont réussi à employer les ressources limitées de la meilleure manière possible » lors de la guerre, appelant également à se pencher sur les chantiers en cours. « Aujourd’hui, le secteur de la santé a besoin de soutien. Beaucoup d’installations hydrauliques ont été endommagées par les bombardements. Il faudra aussi se pencher sur le traitement (...) des déchets de démolition occasionnés par la guerre. Il y aura aussi un coût énorme à prévoir pour déminer et nettoyer les régions libanaises des munitions non explosées », a-t-il prévenu.





Rassurez-vous, n’avez plus à vous soucier de malversation et de corruption avec ce nouveau président et son PM. Des hommes intègres et patriotes qui ont toujours gagné leur argent avec la sueur de leur front contrairement aux affamés illettrés qui ont utilisé les ministères et leurs postes juteux pour s’enrichir. Le ménage doit être fait sur le champs et aucun de ces mafieux ne doit bénéficier de portefeuille ou de poste de concierge dans notre nouvel état de droits.
11 h 30, le 14 janvier 2025