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L'affaiblissement de l'Iran et de ses alliés a permis l'élection d'un président fort au Liban (analystes)

L'affaiblissement de l'Iran et ses alliés dans la région a permis l'élection au Liban après plus de deux ans de vacance d'un président fort et jouissant de la confiance de la communauté internationale, estiment des analystes.

Le commandant en chef de l'armée, Joseph Aoun, a promis dès son élection jeudi par le Parlement d'ouvrir une "nouvelle ère" dans l'histoire du Liban et signalé un rééquilibrage de la politique étrangère du pays, qui sort exsangue d'une guerre entre le mouvement islamiste Hezbollah pro-iranien et Israël.

Le pays, habitué aux ingérences étrangères dans ses élections présidentielles, était sans président depuis fin 2022, le puissant Hezbollah ayant été accusé par ses détracteurs de bloquer le scrutin faute de pouvoir imposer son candidat.

Or, la formation armée est sortie considérablement affaiblie d'une nouvelle guerre avec Israël et a perdu un allié stratégique avec la chute début décembre du président syrien, Bachar al-Assad, en Syrie.

Le Hezbollah avait ouvert le front du sud du Liban contre Israël en octobre 2023 pour soutenir le Hamas palestinien, son allié, dans la guerre à Gaza déclenchée par l'attaque du mouvement islamiste sur le sol israélien.

Les violences ont tourné à la guerre ouverte en septembre 2024 entre le Hezbollah et Israël qui a tué son chef et ses principaux responsables militaires avant un cessez-le-feu fin novembre.

"La défaite politique" du Hezbollah "fait suite à sa défaite militaire dévastatrice" face à Israël, estime Hilal Khachan, professeur de Sciences politiques à l'Université américaine de Beyrouth.

"C'est la première fois depuis la fin de la guerre civile libanaise (en 1990, ndlr) qu'un président libanais est élu sans approbation préalable de l'Iran et du régime syrien déchu de Bachar al-Assad", affirme pour sa part Lina Khatib, analyste à Chatham House.

- Implication saoudienne -

"L'acceptation par le Hezbollah de l'élection de Joseph Aoun souligne qu'il ne dicte plus l'agenda politique au Liban", ajoute-t-elle.

Elle explique que ce tournant "est le résultat direct de changements géopolitiques plus larges au Moyen-Orient, dans lesquels l'influence de l'Iran dans la région prend fin".

Joseph Aoun, qui a une réputation de probité et d'impartialité, était appuyé par les cinq pays qui coopèrent sur la crise présidentielle libanaise: les Etats-Unis, la France, le Qatar, l'Arabie saoudite et l'Egypte.

"Le rôle du Quintette a été déterminant. Le soutien en particulier de l'Arabie saoudite au dernier moment a été très déterminant", a indiqué à l'AFP une source diplomatique française.

Poids lourd régional, l'Arabie saoudite s'était désintéressée au cours des dernières années du dossier libanais à mesure que l'influence de l'Iran grandissait dans le pays.

Le président élu s'est d'ailleurs engagé dans son premier discours devant le Parlement à "une politique de neutralité positive", loin des axes régionaux, et à entretenir les meilleures relations avec les pays arabes.

Il a en outre souligné que l'Etat aurait désormais "le monopole des armes", ce qui ouvre la voie à des discussions épineuses sur le désarmement du Hezbollah.

Ce dernier est le seul parti à avoir conservé son arsenal au sortir de la guerre civile au Liban en 1990, au nom de la lutte contre Israël.

- Assurances -

Le Hezbollah et son allié, le mouvement chiite Amal, étaient réticents à l'élection de Joseph Aoun. Leurs 30 députés ont voté blanc à la première séance du Parlement jeudi matin, ne permettant pas à Joseph Aoun d'obtenir un nombre suffisant de voix.

Mais selon une source proche des deux partis qui a requis l'anonymat, ils ont obtenu des assurances après une rencontre au Parlement entre leur représentants et le commandant en chef de l'armée, avant le deuxième tour.

Cela a permis à Joseph Aoun d'être élu par une large majorité au deuxième tour dans l'après-midi.

Selon cette source, les représentants du Hezbollah et d'Amal ont évoqué avec lui "l'application du cessez-le-feu avec Israël et le nom du futur commandant en chef de l'armée" qui doit lui succéder, pour s'assurer qu'il ne leur serait pas hostile.

Des analystes estiment que le rôle-clef de l'armée dans la mise en œuvre du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, entré en vigueur le 27 novembre, a été un facteur déterminant pour l'ascension de Joseph Aoun vers la présidence.

Désormais, "le Hezbollah n'a pas d'autre choix que de se transformer en un parti politique (...).  Seul un président issu de l'armée peut désarmer le Hezbollah, surtout après qu’Israël a détruit plus de 80 % de son matériel militaire", affirme Hilal Khachan.

at/bfi

© Agence France-Presse

L'affaiblissement de l'Iran et ses alliés dans la région a permis l'élection au Liban après plus de deux ans de vacance d'un président fort et jouissant de la confiance de la communauté internationale, estiment des analystes.

Le commandant en chef de l'armée, Joseph Aoun, a promis dès son élection jeudi par le Parlement d'ouvrir une "nouvelle ère" dans l'histoire du Liban et signalé un rééquilibrage de la politique étrangère du pays, qui sort exsangue d'une guerre entre le mouvement islamiste Hezbollah pro-iranien et Israël.

Le pays, habitué aux ingérences étrangères dans ses élections présidentielles, était sans président depuis fin 2022, le puissant Hezbollah ayant été accusé par ses détracteurs de bloquer le scrutin faute de pouvoir imposer...