Le poste-frontière de Masnaa, le 8 décembre 2024. Photo Matthieu Karam/L'OLJ
La panique a gagné le poste-frontière de Masnaa depuis vendredi matin en raison de l’impossibilité, pour les ressortissants libanais, d’entrer en Syrie. Selon des témoins sur place, « les conditions d’entrée auraient changé durant la nuit, provoquant l'incompréhension chez de nombreuses familles attendant de traverser. « Il y a des familles syriennes avec des membres libanais, et des enfants, qui sont totalement dépassées et qui patientent depuis des heures », raconte ce témoin, qui n’a pas pu traverser. Le passage pour les ressortissants syriens reste cependant ouvert.
Depuis, c’est la cacophonie générale puisque la frontière demeure close, alors qu’aucune raison sur cette décision de fermeture n’a été avancée par les autorités syriennes ou libanaises.
Dans l'après-midi, le ministre libanais sortant de l’Intérieur et des Municipalités, Bassam Maoulaoui, a déclaré à l’AFP que Beyrouth s’efforçait de trouver une solution avec la Syrie, après que deux responsables de la sécurité ont affirmé que Damas avait imposé de nouvelles restrictions à l’entrée des citoyens libanais. « Le travail est en cours pour résoudre la question », a précisé le ministre.
Selon une source de la Sûreté générale, qui a requis l’anonymat, tous les postes-frontières sont effectivement fermés depuis le matin. Des médias libanais avaient rapporté dans la matinée que les autorités syriennes exigeaient désormais des ressortissants libanais d’avoir un permis de résidence syrien. D’autres informations faisaient également état de nouvelles exigences comme être en possession de 2000 dollars cash, d’une réservation d’hôtel ou d’un rendez-vous médical obtenu grâce à un parrain syrien.
Rumeurs
« La frontière est fermée de notre côté », a confirmé le porte-parole média du nouveau gouvernement syrien à L’OLJ, affirmant que toutes les rumeurs sur de nouvelles conditions d’entrée en Syrie pour les Libanais sont « totalement fausses ». « Nous n’avons pas plus de détails sur cette fermeture », a affirmé le porte-parole.
Même son de cloche côté libanais, selon la source de la Sûreté générale. Une autre source au sein de l’armée libanaise, qui a également requis l’anonymat, a indiqué qu'un accrochage aurait eu lieu, jeudi, entre des soldats libanais et des membres de Hay’at Tahrir el-Cham (HTC), à la frontière de Masnaa. « Ça s’est réglé rapidement, nous ignorons si la fermeture côté syrien est liée à cet incident », avance cette source. De nouveaux affrontements ont par ailleurs éclaté vendredi en journée le long de la frontière, entre la troupe et des tireurs identifiés par l'armée comme des « ressortissants syriens ».
Un chauffeur de taxi libanais, qui fait la navette constante entre les deux pays, a été empêché de passer vendredi. « Nous avons entendu que c’est lié à cette bagarre de la veille, mais rien de concret. Nous patientons pour en savoir plus », affirme Abou Tarek, qui relate toutefois un changement de ton côté syrien depuis quelques jours. « On m’a demandé d’où je venais pour savoir quelle est ma religion. À des collègues, ils ont carrément demandé s’ils étaient sunnites ou chiites », raconte ce chauffeur de taxi.



On ne pouvait mieux espérer. Que le Liban applique la politique de réciprocité et notre pays sera protégé de tout danger. Qu’attendent les impotents au pouvoir pour annoncer la fermeture de nos frontières à tous les djihadistes sunnites comme chiites pour assurer la protection des citoyens?
11 h 26, le 04 janvier 2025