Des combattants affiliés à la nouvelle administration syrienne participent à une opération visant à traquer les membres des forces paramilitaires du président déchu Bachar el-Assad dans la ville de Homs, le 2 janvier 2025. AFP/HO/SANA
Alors que des affrontements opposent ce 22 octobre les forces gouvernementales syriennes à des jihadistes étrangers dans le Nord-Ouest de la Syrie, nous vous proposons la relecture de cet article, initialement publié le 2 janvier 2025.
Désormais au pouvoir en Syrie après avoir fait tomber le régime de Bachar el-Assad le 8 décembre, les rebelles syriens du groupe Hayat Tahrir el-Cham (HTC) doivent traiter les dossiers brûlants un par un et, parmi eux, la question des jihadistes étrangers présents sur le sol syrien.
Le 29 décembre, Ahmad el-Chareh, à la tête de ce mouvement et actuel dirigeant de facto de la Syrie, a nommé dans un décret d’anciens rebelles, dont des jihadistes étrangers, à des postes de commandement au sein de la future armée nationale du pays. L’annonce faisait suite à un accord, la semaine précédente, entre les nouvelles autorités et les groupes armés issus de la coalition ayant renversé le régime Assad pour leur dissolution et leur intégration, notamment au sein du ministère de la Défense. Ainsi, entre autres défis, HTC doit reconstituer l’armée syrienne et restructurer l’appareil étatique, tout en intégrant les diverses factions et communautés présentes dans le pays.
Le décret publié par le « Commandement général » d’Ahmad el-Chareh liste 49 noms ayant rallié HTC, parmi lesquels des jihadistes étrangers, mais aussi des rebelles syriens et d’anciens officiers de l’armée ayant déserté dès le début de la guerre en 2011. Le texte explique notamment que ces nominations ont lieu « dans le cadre du développement et de la modernisation de l’armée (...), afin de garantir la sécurité et la stabilité » du pays. Dans un entretien donné à la télévision saoudienne, le dirigeant de HTC reconnaissait que les nominations n’allaient qu’à son camp au sein du gouvernement de transition, expliquant que lorsque celui-ci serait durable, la participation pourrait être plus large. Sur son compte X, l’analyste Haid Haid, spécialiste de la Syrie pour le think tank londonien Chatham House, notait que « les sept plus hauts gradés » semblaient tous être issus de HTC, voyant une façon pour le groupe de « diriger la restructuration de l’armée ».
Aymenn al-Tamimi, chercheur pour le think tank américain Middle East Forum, spécialiste de la Syrie, des questions de terrorisme et des acteurs armés non étatiques, a noté la présence de trois étrangers dans le décret : un Ouïgour, un Jordanien et un Turc. L'Observatoire syrien des droits de l'homme en a lui identifié au moins « six » : un Albanais, un Jordanien, un Tadjik, un Ouïgour, mais aussi un Turc issu de HTC. Pour comprendre ce qu’il pourrait advenir de ces combattants depuis la prise du pouvoir de HTC, L’Orient-Le Jour a posé trois questions à Aymenn al-Tamimi.
Quelle est la population de jihadistes étrangers en Syrie aujourd’hui ?
Il n'y a pas de chiffres précis, mais on en dénombrerait entre 5 000 et 10 000, issus de groupes différents, dont un grand nombre sont d'anciens membres de l’État islamique (EI), d’autres sont déjà affiliés à des groupes alliés de HTC. Certains viennent aussi de groupes plus modestes comme du Parti islamique du Turkestan (région d'Asie centrale).
Il y a des combattants venant du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, mais aussi de Turquie, alors plutôt affiliés à Jeich el-Mouhajirin (« L’armée des étrangers », en arabe), d’Ouzbékistan, d’Albanie et plus généralement du Caucase et d’Asie centrale, comme les Ouïgours.
Qu’attendre de HTC concernant la question des jihadistes étrangers en Syrie ?
Sur ce sujet, le premier principe annoncé par HTC lors de sa prise de pouvoir était clair : le groupe n’utilisera pas les combattants étrangers comme une monnaie d’échange avec d’autres pays. Puisque HTC a l’ambition de faire partie de la communauté internationale, sa meilleure option est de les intégrer dans la transition. C’est pour cette raison que l’on voit le groupe parler ici de nomination dans l’armée, là de donner la nationalité syrienne. L’intégration est l’option la plus réaliste, d’autant que HTC ne veut pas voir ces combattants attaquer d’autres pays, ce qui est un risque s’ils sont livrés à eux-mêmes sur le territoire.
On pourrait dans ce contexte se demander si l’option de l’intégration est choisie ou bien forcée : cela dépend d’à qui on pose la question. Dissoudre les différents groupes comme cela a été annoncé permet de réunir tous ces combattants sous une même bannière, dans l’armée nationale, et donc rattachés au ministère de la Défense. Nous n’en sommes qu’à l’étape préliminaire, il faudra plusieurs mois, voire une année, pour constituer une armée syrienne digne de ce nom.
Sera-t-il question de rapatriement dans les pays d’origine des combattants ou bien de procès ?
Pour HTC, il n’est pas question de trahir les « mouhajirin » en les livrant à leur pays d’origine. HTC ne négociera pas leur retour : cela n’enverrait pas le bon message. Par exemple, concernant les ressortissants d’Ouzbékistan, cela voudrait dire les mettre dans une situation où leur gouvernement sur place les traduirait en justice. L’option la plus pragmatique reste donc de les intégrer le plus possible. On peut imaginer que le traitement serait différent pour des jihadistes étrangers qui sont détenus, ou bien pour des membres de l’EI.




APRÈS LA CHUTE D’ASSAD, QUE VONT DEVENIR LES JIHADISTES ÉTRANGERS EN SYRIE ? LA RÉPONSE EST CLAIRE, N’AYANT DANS LA RÉGION UN BUREAU DE CHÔMAGE, ILS/ELLES (LES DJIHADISTES) POURRONT S’INSCRIRE SUR UNE LISTE D’ATTENTE AUX OFFICES DE RECRUTEMENT DU KGBISTE VLADIMIR POUTINE. IL EN A BESOIN PAR CES TEMPS SOMBRE EN UKRAINE OU AILLEURS, MAIS IL Y A UN HIC DANS CETTE HISTOIRE, C’EST QU’ILS NE REVIENDRONT PLUS POUR SERVIR DE MERCENAIRES AILLEURS, SACHANT QUE LE RÉGIME DE MOSCOU ET DE TOUTES LES RUSSIES AIME TELLEMENT LES DJIHADISTES DE TOUTES CONFESSIONS QUI NE SERVENT QUE LES INTÉRÊTS DE POUTINE.
13 h 07, le 22 octobre 2025