Des manifestants tiennent des portraits de Narin Guran, huit ans, lors d’une manifestation dans le quartier de Kadikoy à Istanbul, le 8 septembre 2024. Photo AFP / OZAN KOSE
Un tribunal turc a condamné samedi à la prison à vie trois membres de la famille d'une fillette de huit ans dont l'assassinat dans la province de Diyarbakir (sud-est) avait bouleversé le pays, a constaté un journaliste de l'AFP. Le corps de Narin Guran, disparue depuis 19 jours, avait été retrouvé en septembre dans un sac dans une rivière à environ un kilomètre du village où elle vivait avec sa famille. Le procès n'a pas permis de déterminer les raisons du crime.
Après une journée d'audience tendue, le tribunal de Diyarbakir a condamné la mère, le frère aîné et l'oncle de Narin à la prison à vie pour "meurtre en bande organisée", selon le verdict obtenu par le journaliste présent au tribunal. Le juge a condamné un autre suspect, Nevzat Bahtiyar, qui avait avoué le meurtre, à quatre ans et six mois de prison. Selon le tribunal, il a pris le corps de Narin Guran chez elle et l'a transporté pour le cacher.
Selon le président du barreau de Diyarbakir, Abdulkadir Gulec, le verdict est proche de ce qui était attendu. Toutefois, "Nevzat Bahtiyar aurait dû recevoir la même sanction" que les trois autres, a-t-il déclaré. L'accusation a affirmé que l'oncle, qui était le chef de village, avait fait obstruction à l'enquête en fournissant de fausses informations pendant les recherches de la fillette.
La mère de Narin Guran, Yuksel Guran, a elle nié tout implication dans le meurtre de sa fille durant le procès, regrettant de ne jamais pouvoir assister au mariage de sa fille. "Ils n'ont même pas laissé ma fille grandir jusqu'à l'âge de porter une robe de mariée. Ils l'ont entourée d'un linceul avant", a-t-elle déploré devant le tribunal. "Ma fille a été brutalement tuée". "Je n'ai même pas vu son linceul ni sa tombe", a-t-elle ajouté. Yuksel Guran a également nié les allégations selon lesquelles elle aurait tué son autre fille, affirmant qu'elle était physiquement handicapée et qu'elle était décédée à l'hôpital.
La disparition de Narin Guran, le 21 août, avait suscité un vif émoi en Turquie, plusieurs personnalités connues ayant rejoint une campagne sur les réseaux sociaux intitulée "Retrouvez Narin". Dans le cadre de l'enquête ouverte par le parquet de Diyarbakir, 21 personnes avaient été placées en garde à vue. Les deux parents et le frère aîné de Narin faisaient partie des personnes interpellées. L'oncle de Narin avait été interpellé à la suite de "forts soupçons" de "meurtre" et de "privation de liberté" pesant sur lui.
Des appels au rassemblement pour protester contre le meurtre de Narin avaient été lancés par des organisations féministes dans plusieurs villes de Turquie. Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déploré "la triste nouvelle de Narin, qui a été brutalement assassinée" et qui "nous a tous profondément blessés". Dans sa déclaration sur X, il s'était engagé à suivre "personnellement le processus judiciaire pour garantir que ceux qui nous ont pris Narin reçoivent la punition la plus sévère".
Après une journée d'audience tendue, le tribunal de Diyarbakir a condamné la mère, le frère aîné et l'oncle de Narin à la prison à vie pour "meurtre en bande organisée", selon le verdict obtenu par le journaliste présent au tribunal. Le juge a condamné un autre suspect, Nevzat Bahtiyar, qui avait avoué le...


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