Photo d'illustration bigstock
Les coutumes, les traditions et l’habitude font que l’on célèbre Noël et le Nouvel An ensemble. Or ces fêtes n’ont rien à voir ensemble, ce sont les dates proches qui y obligent.
Noël est une vraie fête, pas le Nouvel An. À Noël, on y commémore la naissance du Christ, « unique Sauveur du monde » pour les chrétiens. Que le calendrier grégorien commence avec cet événement n’est pas anodin. Cette fête est unique. Le sapin, les guirlandes, la crèche, le père Noël, les cadeaux, en font surtout un moment sacré pour les enfants, les parents et les personnes âgées. C’est un moment de recueillement, de paix, d’amour, d’empathie et de générosité envers les plus démunis. Un moment familial où tout le monde se réunit dans la joie.
Le lendemain, c’est une sorte de tristesse qui nous envahit. Comme après le week-end, à la veille de la rentrée scolaire ou du retour au travail. À ce sujet, une étude chronobiologique montre que le lundi, les gens sont fatigués, tristes, consomment beaucoup de psychotropes et ont des pensées suicidaires. D’ailleurs, en France, lorsqu’on demande à quelqu’un comment il va, s’il ne va pas si bien que ça, l’expression française « comme un lundi » s’impose.
L’explication de ce phénomène est donnée par des études qui soulignent que pendant le week-end, on ne consulte pas sa montre, on ne met pas de réveil-matin, on fonctionne selon les besoins naturels du corps.
Pendant la période qui précède Noël, on va bien car les célébrations ont commencé et Noël approche. Une fois le 25 décembre passé, un sentiment de vide nous étreint.
C’est là que le Nouvel An débarque.
Ivresse
Les « fêtes » de fin d’année vont nous permettre de combler ce vide. L’alcool est la première solution. Il nous rend gai, euphorique, nous fait oublier qu’on va avoir une année de plus sur le compteur de nos vies. On boit, beaucoup, pendant cette période, et l’alcool anesthésie les interdits : « In vino veritas », comme le dit le proverbe. La sienne d’abord de vérité, et celle des autres, que l’on tait habituellement pour rester « politiquement correct ». L’interdit levé, on se permet de sortir des « vannes » vite pardonnées car l’ivresse justifie ce dérapage. « Il ou elle était ivre. »
L’autre point commun de ces fêtes, c’est la nourriture. On s’octroie la permission d’acheter les mets les plus délicieux, et les plus chers, selon, évidemment, nos possibilités. Sans que cela ne soit nécessairement conscient, faire la fête rapproche les gens et les catégories sociales. Comme dans les salles de jeu. Et c’est une autre caractéristique de cette période. On s’adonne aux jeux de hasard. Et quand on joue, comme à la roulette par exemple, même si la différence entre ceux qui jouent gros et les autres est évidente, l’important, c’est le joueur et non sa classe sociale. Tous les joueurs se ressemblent.
Sans oublier l’ivresse, une tendance plutôt généralisée dans ces moments, et enfin l’attente et l’espoir que la nouvelle année va changer les choses. Grande illusion, mais l’être humain en a besoin. Comme il est pris dans les répétitions et qu’il a du mal à s’en débarrasser, il attend que la solution lui vienne de l’extérieur, ici la nouvelle année.
On le voit bien, ces instants de convivialité et de joie, nécessaires, surtout après une année difficile, ont pour fonction de faire oublier la tristesse qui nous envahit après Noël. Elle réussit, ponctuellement, avant que nous rattrapent les angoisses du nouveau départ et de l’inconnu qui, souvent, n’a rien de rassurant...


