Mgr Béchara Raï, lors de son homélie de Noël le 24 décembre 2024 à Bkerké. Photo tirée du compte Facebook du patriarcat maronite
Le patriarche maronite Béchara Raï s'est dit « confiant » et « optimiste » pour la séance électorale prévue le 9 janvier au Liban, et censée aboutir à l'élection d'un président après plus de deux ans de vacance présidentielle. Dans son homélie de Noël prononcée mardi à Bkerké et relayée par le patriarcat maronite sur Facebook, le prélat a prié et placé l'élection présidentielle « dans le cadre de l'année sainte 2025 ».
Mgr Raï a également dénoncé une vacance présidentielle « honteuse », estimant qu'il s'agit « d'une grande injustice » et d'une violation de la Constitution libanaise « injustifiée ». Il a pointé du doigt le « manque de confiance en soi des députés de la nation, qui attendent qu'un nom leur soit soufflé de l'étranger ».
Depuis la fin du mandat de Michel Aoun, des divergences entre le Hezbollah et le reste de la classe politique libanaise empêchaient l'élection d'un chef de l'Etat. La dernière fois qu'une séance parlementaire avait été convoquée, le 22 octobre 2024, la séance n'avait pas eu lieu, faute de quorum. Seuls 49 des 128 députés avaient alors répondu à la convocation du président du Parlement, bien en deçà des 65 requis. Depuis le départ de M. Aoun, 12 séances électorales ont été organisées, sans succès.
« Pas de salut » sans la neutralité du Liban
Le chef de l'Eglise maronite a également évoqué la « neutralité » du Liban, en critiquant le Hezbollah comme à son habitude. « Pas de salut pour le Liban sauf en revenant à une culture de la neutralité active, qui est la nature même de son système politique », a estimé Mgr Raï. « Il doit y une seule armée, pas deux. Une politique, pas deux. Il ne faut pas entrer dans des guerres, des conflits ou des alliances, mais défendre sa souveraineté », a-t-il poursuivi, dans une allusion claire au Hezbollah qui a ouvert un front de soutien à Gaza contre Israël dans la foulée du 7 octobre 2023.
Cette culture de la neutralité « permet au Liban de jouer son rôle de lieu de rencontre et de dialogue entre les cultures et les religions, de défenseur de la paix et de l'entente dans la région », a insisté Mgr Raï, arguant que la neutralité permet de tisser « des relations économiques et humaines » avec les autres pays. « La neutralité n'est pas une position politique mais économique. »
Autres voeux de Noël
À l'occasion de Noël, le président du Parlement libanais Nabih Berry a adressé ses vœux à tous les Libanais, en particulier aux chrétiens. « En cette veille de Noël, nous sommes tous appelés à aborder nos défis - humains, politiques et sociaux - à travers l'esprit de Noël : avec compassion, amour, humilité, tolérance, réconciliation et honnêteté », a-t-il ajouté.
D'autre part, le chef de la mission et commandant de la force de la Force intérimaire des Nations unies (Finul), le général Arnaldo Lazaro, a déclaré sur X : « À l'approche des fêtes de fin d'année, je souhaite la paix à tous. Les soldats de la paix de la Finul, venant d'une cinquantaine de pays, poursuivent leur travail de soutien à la stabilité, en espérant que chacun puisse célébrer les fêtes avec ses proches. »
Plusieurs noms circulent pour la présidentielle libanaise, notamment celui du commandant en chef de l'armée libanaise Joseph Aoun, ou encore celui de Sleiman Frangié, soutenu par le tandem chiite Amal-Hezbollah.




Neutralité ?? Mgr Rai le pense t’il ?? Le Moyen Orient n’est pas une région de bisounours !! Si le Liban avait pu unifier ses habitants en une nation au lieu de le transformer en communautés et le laïciser quitte à faire perdre à l’église et aux cheikhs des moyens financiers et surtout équiper une armée solide face à un ennemi vicieux et sans lois … Mgr Rai devrait plutôt s’occuper de ses ouailles et ne pas faire de politique
09 h 02, le 25 décembre 2024