Capture d'écran montrant l'incident survenu samedi 21 décembre 2024 à Beyrouth, au cours duquel une voiture a foncé délibérément sur un gendarme.
Georges Abou Jaoudé, le policier renversé par un chauffard samedi, qui est toujours hospitalisé, a affirmé lundi à L'Orient-Le Jour avoir porté plainte contre Khalil Siblani, tout en assurant que ce dernier est toujours détenu. « Pas question que Khalil Siblani soit relâché de prison alors que je suis toujours à l’hôpital ! » s'est exclamé le gendarme, qui s'estime heureux d’être toujours en vie et de ne pas être tombé sur la tête lors de l’incident.
Samedi soir, les Forces de sécurité intérieure (FSI) avaient publié un communiqué confirmant l'arrestation du conducteur de la Mercedes ayant « tenté de renverser et tuer un agent en service ». La police a indiqué que les services de renseignements ont procédé à cette arrestation et que le suspect est un Libanais, né en 2005 et originaire de Naqoura, au Liban-Sud. Ses photos ont ensuite été diffusées par les forces de l'ordre, accompagnées de son prénom et nom.
Espérant sortir de l’hôpital avant les fêtes de fin d’année, Georges Abou Jaoudé est revenu sur cet épisode « sombre ». « J'ai repéré une voiture blanche sans plaque d’immatriculation au loin qui s'approchait en trombe. Quand je lui ai fait signe de s’arrêter afin de se ranger sur le côté, le véhicule a ralenti, puis je me suis fait emporter par la vitesse de la voiture qui s'est ruée vers moi et me suis retrouvé sur son capot. Le chauffard roulait à plus de 150 km/h ! À cette vitesse, j'ai été incapable de me mettre à l'abri ou d’échapper à cet incident », s'est-il souvenu.
Le policier a également réfuté les affirmations du détenu, qui prétend que son pied se serait coincé sur la pédale d’accélérateur. « Il a brusquement freiné, et c’est ainsi que je me suis retrouvé sur le toit de la voiture, puis par terre. Ça aurait pu me coûter la vie », a-t-il regretté. Selon lui, tout s’est passé en une fraction de seconde.
Lundi, le commissaire adjoint du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Hani Helmi el-Hajjar, a conclu les enquêtes menées sous sa supervision à la division de l'information avec Khalil Siblani. Il a indiqué avoir saisi le véhicule que le chauffard conduisait et affirmé que ce dernier sera poursuivi devant le juge d'instruction militaire après que le dossier a été soumis au parquet militaire.
« Pas de lien familial avec Hachem Safieddine »
Un moukhtar de Naqoura contacté par L’OLJ a pour sa part défendu la réputation de la famille Siblani : « Ils (la Défense civile, NDLR) l’ont traité de voyou et de criminel, alors que le jeune avait réagi dans un moment de panique. Il est respectable et poli. » Il a démenti les liens familiaux entre la mère de l’accusé, nommée Safieddine, et Hachem Safieddine, successeur pressenti de Hassan Nasrallah, assassiné en octobre après avoir été la cible d’une frappe israélienne massive sur la banlieue sud de Beyrouth. Ce dernier était aussi le cousin maternel de Hassan Nasrallah, originaire de Deir Qanoun el-Nahr, dans le caza de Tyr.
Toujours selon le moukhtar, le père du détenu serait issu d'une famille aisée et travaille en Afrique, notamment en Zambie. Sur les photos de son arrestation, Khalil Siblani porte un sweatshirt noir où la marque libanaise Les Imparfaits est clairement visible, écrite en blanc. La compagnie de vêtements a nié, dans un communiqué publié lundi, « tout lien, direct ou indirect, avec l’incident ».



Ahhhh l'argument "il est de bonne famille", qu'on entend qu'au Liban ?♀️
10 h 26, le 24 décembre 2024