Le Premier ministre français François Bayrou fait un geste en s'adressant aux journalistes lors de l'émission politique "L'Evénement" diffusée sur la chaîne de télévision française France 2, à Paris, le 19 décembre 2024. AFP
Le président français Emmanuel Macron, rentré d'un déplacement de trois jours, et son Premier ministre François Bayrou se sont entretenus deux fois dimanche et doivent se rencontrer en fin d'après-midi, en vue de nommer rapidement un gouvernement.
M. Bayrou, désigné le 13 décembre, est "en train d'effectuer les derniers réglages", a précisé son entourage, alors que M. Macron est rentré dimanche matin d'une tournée qui l'a conduit à Bruxelles, dans l'archipel français de Mayotte dévasté par le cyclone Chido, et en Afrique de l'Est.
"Cela avance (...) La structuration des grands pôles ministériels est fixée", avait assuré samedi soir le président des députés du parti de M. Bayrou, le MoDem, Marc Fesneau, confirmant que la liste complète du gouvernement devrait être présentée "en une seule fois" et "avant Noël".
Le centriste François Bayrou, 73 ans, a été nommé par Emmanuel Macron au terme de longues consultations pour trouver un successeur au conservateur Michel Barnier, dont le gouvernement minoritaire a été renversé le 4 décembre par des députés de gauche et d'extrême droite après seulement trois mois en poste.
M. Bayrou est le sixième chef du gouvernement depuis la première élection d'Emmanuel Macron en 2017 et le quatrième en 2024, une instabilité que n'avait pas connue la France depuis des décennies.
Faible cote de popularité
Le nouveau Premier ministre doit naviguer sur la scène politique éclatée issue des législatives anticipées organisées après la dissolution surprise de l'Assemblée nationale par M. Macron en juin. L'hémicycle est fracturé en trois blocs (alliance de gauche / macronistes et centristes / extrême droite); aucun ne dispose de la majorité absolue.
De nombreux signaux convergent vers une nomination du gouvernement dans la soirée de dimanche. Il est en effet peu probable qu'un exécutif soit annoncé lundi en raison de la journée de deuil national décrétée par le chef de l'État pour l'île de Mayotte.
Resterait encore mardi, le 24 décembre, juste avant que la France ne plonge dans les fêtes de fin d'année.
M. Bayrou souhaite former une équipe resserrée et la plus ouverte possible. Il veut qu'elle comprenne des personnalités de poids, de gauche comme de droite et du centre, afin de répondre aux urgences qu'affronte le pays, notamment budgétaires.
La première semaine de M. Bayrou à Matignon a été surtout marquée par le tombereau de critiques sur sa présence au conseil municipal de Pau, ville du sud-ouest dont il entend rester maire, en pleine crise à Mayotte.
Il a une cote de popularité historiquement basse pour une prise de fonction, 66% des Français se disant mécontents, selon un baromètre publié dimanche.
Parmi les noms évoqués pour son gouvernement, figurent ceux de l'ex-Première ministre Élisabeth Borne ou de l'ancien ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Parmi les sortants, Catherine Vautrin (Territoires), Rachida Dati (Culture) et Sébastien Lecornu (Armées) devraient rester, probablement aux mêmes portefeuilles.
« Consterné »
A gauche, l'ancien ministre socialiste François Rebsamen, 73 ans, a annoncé être "prêt" à rejoindre le gouvernement, vantant sa "relation de confiance" de longue date avec François Bayrou.
Mais rien ne filtre ou presque d'autres personnalités, notamment issues de la gauche.
Le parti socialiste a formellement refusé de participer au gouvernement, et son chef Olivier Faure est sorti déçu de Matignon jeudi, se disant "consterné de la pauvreté de ce qui (a été) proposé". Il n'a pas exclu de censurer le nouveau Premier ministre.
François Bayrou a accepté le principe d'ouvrir une réflexion pour revoir la réforme très contestée portant l'âge de la retraite à 64 ans. Mais sans suspension de cette réforme, les socialistes jugent le geste insuffisant.
Samedi soir, le chef des députés Les Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a confirmé à ses troupes qu'il s'orientait vers une participation du parti de droite au gouvernement (mais sans y participer lui-même). M. Bayrou a annoncé son intention de maintenir le très droitier ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau.
M. Bayrou, désigné le 13 décembre, est "en train d'effectuer les derniers réglages", a précisé son entourage, alors que M. Macron est rentré dimanche matin d'une tournée qui l'a conduit à Bruxelles, dans l'archipel français de Mayotte dévasté par le cyclone Chido, et en Afrique de l'Est.
"Cela avance (...) La structuration des grands pôles ministériels est fixée", avait assuré samedi soir le président des députés du parti de M. Bayrou, le MoDem, Marc Fesneau, confirmant que la liste complète du...


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