Le député Michel Moussa (au centre) s'exprimant au cours de la conférence de presse sur les Pères Cherfan et Abi Khalil, entouré de Mgr Abou Kassem (à droite) et de l'avocat Charbel Cherfan. Photo Ani
À la suite de la chute du régime de Bachar el-Assad le 8 décembre dernier, les proches de deux prêtres disparus à Deir el-Qalaa, Beit Méry (Metn), le 14 octobre 1990 ont demandé, lors d’une conférence de presse, que l’État libanais déploie tous les efforts nécessaires pour faire la lumière sur leur cas.
Les Pères Albert Cherfan et Sleimane Abi Khalil avaient été kidnappés d'un couvent au lendemain de l’invasion syrienne des régions du Liban qui échappaient à l'autorité du régime de l’ancien président syrien Hafez el-Assad. Beaucoup de militaires et de civils avaient été alors portés disparus, ainsi que durant la guerre civile 1975-1990 et jusqu’au retrait syrien en 2005. Le renversement de Bachar el-Assad et l’ouverture de ses terribles prisons ont ravivé l’espoir des proches de disparus de retrouver leurs traces.
Dans la conférence de presse jeudi, l’avocat Charbel Cherfan, qui s’exprimait au nom des proches des deux prêtres, a estimé qu'il n'y a plus « aucune raison qui empêche les contacts avec les nouvelles autorités sur le terrain en Syrie, en vue d’élucider les mystères de ces disparitions ». Il a rendu hommage à la réouverture de ce dossier par la justice libanaise, qui a récemment interrogé des Libanais se trouvant sur place au moment des faits, et espéré que « cette cause restera dans le cadre humanitaire, loin des dissensions politiques ». L’avocat a également assuré que « les proches des deux disparus se préparent à des mesures d’escalade au cas où ils constatent la moindre négligence. ».
Pour sa part, Mgr Abdo Abou Kassem, président du Centre catholique d’information, a réaffirmé « que l’Église est attachée à connaître la vérité sur le sort des Pères Cherfan et Abi Khalil », soulignant qu’elle « suit de près ce dossier et demande à l’État d’élucider le sort de tous les disparus sur le territoire libanais. »
Quant au député Alain Aoun, il a exposé les étapes de la lutte visant à traiter la douloureuse question des disparus de la guerre au Liban, jusqu’au vote de la loi 105/2018 qui devait déboucher sur la création d’une commission dédiée à cet effet. Il a estimé que « le départ de l’ancien régime à Damas et l’arrivée d’une nouvelle autorité est une porte vers l’ouverture des archives de l’armée syrienne. »
Un cèdre pour les prêtres disparus
Le député Michel Moussa, président de la commission parlementaire des Droits de l’homme, a enfin rappelé que cette question est avant tout « juridique et humanitaire » et qu’il est du devoir de l’État libanais de chercher à dévoiler le sort des personnes disparues, par le biais des comités et des autorités compétentes.
Vendredi, un cèdre a été planté à Deir el-Qalaa en hommage aux deux prêtres disparus, à l’initiative d’un groupe de fidèles, suite à une messe célébrée par le supérieur du couvent, le Père Béchara Elia. Après avoir béni le cèdre, le dignitaire religieux a assuré que l’Ordre antonin auquel appartenaient les deux prêtres « suit de près l’affaire des deux disparitions. »



Sur quelle justice comptent ils? Il va falloir attendre que le ménage de l’écurie soit fait pour prétendre à une once de justice. Cela ne dépend que de nous libanais. Les pays occidentaux ne se sentent pas concernés par le sort de citoyens, morts ou vivants, ils ont d’autres chats à fouetter.
12 h 13, le 21 décembre 2024