Le chef de HTC Abou Mohammad el-Jolani, de son vrai nom Ahmad el-Chareh. Photo AFP
Ahmad el-Chareh, plus connu sous le nom d'Abou Mohammad el-Jolani, le chef du groupe islamiste Hay'at Tahrir el-Cham, a rejeté dans un entretien à la BBC publié jeudi, toute comparaison entre la Syrie post-régime Assad et l'Afghanistan. Insistant sur les valeurs « culturelles » et l'histoire de la Syrie, dans une interview avec Jeremy Bowen donnée au palais présidentiel à Damas, il a affirmé son engagement à préserver la diversité de la Syrie.
« La Syrie n’est pas l’Afghanistan », a déclaré Ahmad el-Chareh, en réponse indirecte à des propos tenus mercredi soir par le secrétaire d’État américain Antony Blinken. « Ce sont deux sociétés différentes avec des cultures et des histoires distinctes, ainsi qu'au niveau de la gouvernance », a-t-il affirmé selon des extraits de l'entretien.
Mercredi soir, Antony Blinken avait appelé HTC à respecter leurs promesses d'inclusivité dans le nouveau régime, affirmant qu’ils pouvaient tirer une leçon de l’isolement des Talibans en Afghanistan. « Les Talibans ont tenté de projeter une image plus modérée lors de leur prise de contrôle de l’Afghanistan, mais leurs véritables intentions se sont révélées. Résultat : ils restent terriblement isolés sur la scène mondiale », avait déclaré Blinken lors d’une intervention au Council on Foreign Relations à New York.
Les femmes à l'université
Interrogé sur l’avenir de l’éducation des femmes en Syrie, Ahmad el-Chareh a répondu que « bien sûr », elles pourraient avoir accès à l'éducation, contrairement aux femmes en Afghanistan privées d'accès à l'enseignement. Il a ajouté qu'à Idleb, où HTC gouvernait ces dernières années, « le pourcentage de femmes dans les universités est de plus de 60 % », selon lui. Cependant, l’organisation Syrians for Truth and Justice ( « Syriens pour la vérité et la justice »), a révélé qu’au moins un programme, la nouvelle Faculté de science politique et des médias de l’université principale de la ville, n’accepte pas d'étudiantes femmes.
Sur la question controversée de la consommation d’alcool, le chef de HTC a refusé de se prononcer, affirmant que la décision relevait d'une future Constitution pour le pays. « Des sujets comme celui-ci devront être tranchés par le comité d'experts qui rédigera la constitution de la Syrie », a-t-il indiqué, indiquant une approche plus consultative de la gouvernance. Il a encore souligné l'importance de maintenir l'harmonie entre les divers groupes ethniques et religieux en Syrie, affirmant que selon lui « la révolution peut inclure tout le monde ».
Douze jours seulement après avoir renversé le régime de 54 ans de la famille Assad, les déclarations d'Ahmad el-Chareh interviennent à un moment critique, alors que HTC fait face à un examen accru de sa gouvernance à Idlib et de sa vision plus large pour l’avenir de la Syrie. La coalition des forces d’opposition syriennes s’est donné trois mois pour établir suffisamment de stabilité dans le pays afin d’organiser des élections en mars pour un nouveau gouvernement syrien.



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08 h 14, le 20 décembre 2024