Le Liban est un pays célébré par les touristes étrangers pour sa riche culture et est reconnu à l’international pour ses paysages époustouflants. Sur les réseaux sociaux, DJ et influenceurs vantent la vie nocturne de Beyrouth, la beauté des montagnes et le symbolisme poétique du cèdre. Ce même pays a subi une guerre de deux mois, et les mêmes personnes qui ont romancé notre histoire ancienne et fait l’éloge de notre cuisine restent silencieuses face à la souffrance des innocents. Ce schéma semble étrangement familier ; le monde admire le Liban quand cela lui convient, mais détourne le regard lorsque soutenir sa survie exige du courage et de la solidarité.
Les intérêts politiques paralysent les actions des dirigeants du monde, car le Liban est perçu comme un échiquier pour des acteurs géopolitiques plus grands, un dommage collatéral où la paix est sacrifiée sur l’autel des dynamiques de pouvoir. En fait, ils présument que nous ne discernons pas leurs stratagèmes ; ils détournent l’attention par des gestes performatifs pendant que des entreprises multinationales financent le même système responsable de cette violence continue et même transformant des événements sportifs en déclarations politiques silencieuses.
Cette illusion distrait le monde du fait que des vies sont injustement perdues et des avenirs détruits parce que ceux qui détiennent le pouvoir privilégient leurs profits et leur influence politique. La véritable diplomatie exige responsabilité et engagement sincère, et non pas agir selon leur nature intéressée.
Ce pays n’a jamais connu de « normalité » ; il a toujours été marqué par des guerres, des crises et de la négligence. Des occupations passées à la guerre civile, en passant par le conflit de 2006 et l’effondrement économique, les dirigeants offrent de la sympathie mais jamais de solution. Chaque génération porte les cicatrices de la précédente, le schéma est douloureusement prévisible ; les puissances internationales interviennent juste assez pour protéger leurs intérêts, jamais suffisamment pour instaurer une stabilité durable.
Les étrangers consomment rapidement les aspects séduisants de la vie libanaise, mais reconnaissent lentement les luttes qui les sous-tendent. Tout le monde parle de la résilience des familles libanaises et leur capacité à toujours reconstruire ce qu’elles ont perdu. L’idéalisation de leur force masque l’épuisement, les traumatismes et l’injustice qui se cachent derrière. Lorsque le peuple libanais crie à la justice, sa voix rencontre un silence total à chaque fois. Cela nourrit un sentiment d’abandon et de désespoir : les individus ne pleurent pas seulement leurs proches perdus, mais sont confrontés à la dure réalité que personne ne viendra les sauver.
L’amour du monde pour le Liban doit aller au-delà des cartes postales et des publications Instagram. Le Liban mérite un avenir libéré des erreurs du passé. Il mérite des actions concrètes.
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